‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 11 sur 216 · XX ' HISTOIRE DE LA SOCI^T · texte numérisé non relu

XX ' HISTOIRE DE LA SOCI^T

Quelques jours auparavant, le 20 octobre de la même amiée, ViUediea perdait un homme de bien ; nous perdions, nous, un collègue dévoué, un ami de la science,comme il le disait volontiers lui-môme , plutôt qu'un savant Pierre-François-Àimé Besnoa était né dans la viile où il vient de mourir le 11 mai 1777. Ancien officier de santé des années , pharmacien civil , membre de plusieurs Compagnies littéraires , l'un des fondateurs de la Société archéologique d'Avrancbes, il a publié, dans les recueils de ces académies, des notices estimées sur l'industrie de sa ville natale, sur les communes de la Bloutière et de Sault-GhevreuiL n laisse, sur différents points d'histoire locale, un volume dénotes (600 p. in-/i^) que sa famille donnera peut-être au public. Nous avons nous-mêmes , sous ce rapport, une dette à payer à sa mémoire ; nous publierons quelque jour ce singulier cadran solaire dont je vous entretenais ici l'année dernière au moment même où notre zélé collègue le rétablissait sur la façade de l'égUse d'où on l'avait fait disparaître (1).

Plus près de nous, vers le même temps, la mort prenait, arrachait en quelque sorte à nos entrailles un frère bien-aimé sur lequel nous pouvions , nous aussi , comme toutes les institutions auxquelles il était lié , fonder les plus légitimes espérances. Né à Caen le 30 octobre 1820, Georges Besnard, après y avoir fait ses éludes classiques d'abord et plus tard juridiques avec un grand succès, nous avait quittés pour la Faculté de Droit de Dijon à laquelle il avait été attaché en 1845 ; en 1851 , il nous était revenu pour occuper la chaire de Gode Napoléon où nous comptions le voir long-temps encore transmettre à la jeunesse studieuse , avec le charme que sa parole élégante , fine, spirituelle donnait à toute chose , le vaste savoir qu'il avait acquis et qu'il entretenait par d'incessantes lectures, lorsqu'une de ces maladies qui ne pardonnent point , et dont nous suivions les progrès avec une profonde tristesse, vint nous l'enlever à la fleur de Tâge et dans toute la vigueur du talent , le 20 septembre 1858 (2).

Perrière- Percy dans V Annuaire des cinq départements de Pancienne Normandie, publié par TAssociation normande, 35*. année, 1859, p. 580-583.

(1) On peut Toir, pour la biographie que nous aarions voulu bire plus étendue et plus complète, de notre honorable confrère de Villedieu : 1*. un article nécrologique inséré dans VAvranchin, Messager de GranvUle , le Sa octobre 1858 ; S*, quelques notes rédigées è notre intention par M. Besnod, neveu et filleul du défunt , que nous conservons dans nos Archives. Nous ayons aussi , de notre collègue luimême, parmi nos mémoires manuscrits, deui pièces, Puue de 1865: Recherches concernant les époques de la construction et de la démolition des murailles qui avaient été bâties aux principales issues de Villedieupar ordre des rois de France,ct de la destruction de la vieille audience de cette ville , ainsi que de C abbaye de la Bloutière; Tautre de i8&8 : Villedieu est^il un démembrement de Sault-Chevreuil 7 qu'un historien de Villedieu consulterait avec fruit.

(3) Georges Besnard a été dignement loué par son honorable collègue, M. le professeur Berihauld ( Discours prononcé sur la tombe du mort , dans le Moniteur du Calvados , jeudi 38 septembre 4858) ; par M. le procureur général Rabou (Discours prononcé à r audience solennelle de rentrée , le mercredi 8 novembre 1858 , Caen 1858, Itrocbure in-8\, p. 33} ; et par le doyen de la Faculté de Droit, M. Démo-

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Des pertes de cette oatiire ne se réparent point, Mes^ears ; mais enfin les vides qae nos collègues absents laissaient dans nos rangs dégarnis , ont été , comme toujours plus que remplis par les recrues nombreuses et considérables que nous avons pu faire.

28 noms nouveaux se sont ajoutés aux AOO noms qui se pressaient sur nos listes ; nous avons eu le bonheur et Thonneur de nous adjoindre :

Comme titulaires: MM. Laisné« ancien élève de TEcole normale, vice-président de la Société arcbéolcglque d'Âvranches ; Antoine Blanche, avocat général à la Cour de Cassation ; Piquet, conseillera la Cour impériale de Caen; Octave Feuillet, homme de lettres à St-Lo; Lamotte, architecte à Caen; Femberton Hodgson, vice*consul de Sa Majesté Britannique dans la même ville ; Gandar, ancien membre de TÉcole d'Athènes, professeur de littérature étrangère à notre Faculté des Lettres; Dansin, ancien élève de l'Ecole normale , professeur d'histoire à la même Faculté ; Jean Roger, professeur de physique à notre Lycée impérial ; Jules Thieury , propriétaire , et le vicomte d'Estaintot, avocat, à Rouen; Métayer-Masselin , à Bernay; Desclozeaux, recteur de l'Académie; Gaston Le Hardy, avocat et docteur en Droit, à Caen; le comte Rioult de Neuville , à Livarot , et Thaurin , bibliothécaire , à Rouen , des Sociétés savantes de la Seine-Inférieure ;

Comme correspondants nationaux: MM. Gustave Rouland , directeur du personnel et du secrétariat général au ministère de l'instruction publique et des cultes ; Victor Leclerc, doyen de la Faculté des Lettres de Paris; Ernest Renan , membre de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres; le comte Foucher de Careil, à Paris, et Auguste Pelet, inspecteur, à Nîmes, des monuments historiques du Gard ;

Comme correspondants étrangers: MM. Ulysse Capitaine, secrétaire de la Société archéologique de Liège, pour le Nord — et pour le Midi; Joseph Banchero, membre de la Commission royale des études historiques de Turin , l'un des fondateurs de la Société d'histoire nationale de Gênes ; Bernardine Peyron , conservateur des manuscrits à la Bibliothèque de l'Université de. Turin ; Ariodante Fabretti , directeur du Musée Égyptien de la même ville ; le professeur Sylvestro Centofanti , à Pise ; et à Florence, François Sabattier , qui nous promet sur les antiquités historiques de la Sicile un livre où la Normandie aura une large part ; Cesare Guasti , secrétaire de la Société archéologique dite la Columbaria ; et le chevalier Michèle Archangelo MigUarinf , conservateur des monuments antiques de la galerie royale. Tune des plus riches et des plus belles du monde.

Arrêtons-nous, Messieurs , sur cette perspective que nous ouvrent les derniers détails que je viens de vous présenter. Nous avions, et depuis long-temps, des relations suivies avec l'Angleterre, avec l'Allemagne, avec la Suisse , la Russie, le Danemarck, et même au-delà des mers, avec les Etats-Unis d'Amérique. Par je ne sais quel en-

lombe {Rapport lu à la rentrée solennel le âes Facnltéê de Droit, des Sciences, des Lettres et de C Ecole préparatoire de Médecine et de Pharmacie de Caen , le 15 novembre 185S, daus le Cooipte-rencla ofliciel lie eette léaDcc, p. SO et soIt.).

XXII mSTOIEE D£ LA SOGH^TÉ.

dialnement de droonstances ncfaemes , nous étlOD$ restés , nous Société d'arcfaéologaes, sans rapport d'ancan genre a^ec le bercean , avec la terre clas^ue de l'ar* chéolçgle. L'Italie nons était étrangère. Grâce à nos dernières élections, nons avons mis le pied sur ce sol qu'il faut avoir foulé , comme l'écrivait l'abbé Baiiiélemy an comte de Caylai (1), pour se sentir et pouvoir se dire antiquaire. Nons avons l'espoir fondé de voir ces liens qui se forment se resserrer de plus en pins; et Je me crois déjà en droit de l'affirmer , c'est de Turin , de Florence , de Péroose , et surtout de Rome et de Naples que nons viendra la lumière dont cbez nous l'époqne gallo-romaine et même surplus d'un point le moyen-âge , si l'étude dissipe enfln les ténèbres qui çà et là les enyeloppent encore , devront nécessairement s'éclairer.

Ce rapport achevé, on entend successivement une Notice de M. Demiau de Gronzilbac sur te Château de Crèvecœur en Auge; là Légende et Ficamh graphie de sainte Marguerite , par M. G. Mancel ; une Étude de M. Léon Puiseux, sur un personnage normand du XI F*, siècle, Robert l'Ermite; et enfln un poème de M. Alphonse Le Flaguais : Hasting à Luna , chronique de 860, lu par M. Charma. Ces diverses lectures sont toutes accueillies avec une grande faveur et de sympathiques applaudissements. On trouvera dans ce volume, parmi les mémoires courants, la plupart des pièces ci-dessus mentionnées ; nous donnons immédiatement ici, selon notre usage constant, les vers qui ont terminé la séance.

■asMac à Laaa.

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