VICOMTES
Rouen , Michel Durand. Idem.
Pont-de-r Arche, Guillaume Du Fay. •—
Orhec, Pierre Bocquet. —
Auge , Guillaume Tostain. Louis le Clerc
Pontaudemer, JeanDobeai». Raoul d^Estempes. Gisors et Vernon , Guillaume Lalement. ~
EvreuXyGosmedeBavery. —
Beaumont-le-Roger, Gilles Le Mectoier. Robert Le Sec. Couches et Breteuil , Golart ABquetin. *-
Gaudebec, Jean Cousin. Guillaume Girot.
Arques , Guillaume Campion. Jean Cousin.
Gournay et NeufchÀtel , Jean Aupaiz. ^
Montivilliers , Guillaume BlaocbasUm. Guillaume Le Chien.
Gaen , Raoul d'Estampes. Guillaume Biote.
Falaise, Girart Desquay. Idem.
Bayeux , Jean Bornel. Pierre Bosquet.
Vire, Jean GourdeL Jean de S. Fromont.
Coutaoces » Girart Pigouche. Thomas de Clamorguain.
Carentan , Guillaume Biote. Jean Burnel.
Gesarbourg (pour Cherbourg) , Guillaume G irot. —
-— Valognes , Thomas Pelevé.
— Avranches,Vigor de St -Gabriel.
SL -Silvin , Roger Le Clou tien —
Argentan, Richard Hemybourgh. ^
flOt» LA DOVINATION AI1GLA15B.
Alençon, Guillaume Fortin.
Montreuil et Bernay, Jean Nouvelet.
Domfront, Jean de Plaisance.
Yerneuil, Jean Barre.
Voirie de Mantes; voyer, Uobert Varin.
Prévôté de Meulan ; prévôt, Jean Chevel. Prévôté de Poissy, St-^erroain-en-Laye, Monl-
joye; prévôt, Jean Harnault Prévôté de Pontoise ; tirôfôt, Guillaume Mouquin. Prévôtë de Chanmont; prévôt, Gilles Dulac
KECEVEURS DES QUATRIÈMES.
Rouen , Guillaume Le Clerc , atigiais.
Pont-de-FArche , Philippe Le Baube.
Auge, Orbec, Pontandemer, Guillaume La-
chere.
Caudebec, Jean Cousin, en même temps vicomte. Montivilliers, Guillaume Blancbaston , id. Arques, Martin de Pardieu.
Gournay et Neufchàtel , Simon Maubufseon. Gisors , Jean Chiefdbostel.
Vernon, Jean Le Sec, en même temps grenetier. Évreux, Cosme de Bavery, en même temps vicomte.
Beaumont-le-Roger , Gilles Le Mectoier, «n
même temps vicomte.
Gonches et Breteuil, Colart Anquetin,eA même
temps vicomte.
Caen , Nicolas Lespicier.
Bayeux, Jean Burnel, en même temps vicomte. Falaise, Raoul Vauquelin, en même temps gre-
netier.
Vire, Jean Gourdel , en même temps vicoaite. Garentan, Guillaume Biote, id.
Coutances , Gerart Pigouche , id.
Cesarbourg, Guillaume Girot, id.
Alençon, Guillaume Fortin, id.
Argentan et Exmes , Guillaume Duval.
Mantes, Robert Varin , voyer.
Pontoise , Guillaume Mouquin , prévôt
Idem.
Guillaume Norton. Guillaume Le Ctïkm.
Jean Cousin.
Jean RufTauIt.
Jean Gourde).
Robert l^ Sec.
Guillaume Campion.
Guillaume Lespicier.
Pierre Bosquet
Ottillaume Eude.
Jean de S. Fromont
Jean Burnel , pats Thomas de Glamorgan.
Idem.
Jean Warin.
Valognes» Thomas Pelevé, en même temps vicomte.
DE L ADMINISTRATION DE LA NORMANDIE
AvraDches, Vigor de S. Gabriel, en même tempe
vicomte.
Mortain , Pierre BrouanU Gondé-sur-Noireau.
Domfront , Nicolas NormanU Veroeuil , Jean Barre.
St-Silvin, Roger Le Gloustier» en même temps
vicomte.
GRENETIERS.
Rouen, Jean Gneadon, Honflenr, Guillaume Le Goifflé.
Gîsors , Jean GhiefdhosteL Louviers, Philippe Le Baube« Vemon , Jean Le Sac Falaise, Raoul Vauquelin.
Gâen, GttiUaume Holme.
Fécamp, Robert du Goudray* Gaudebec, Guillaume Auton.
Harfleur, Jean Holland.
Neufch&tel , Dieppe , David Miffant.
Mantes , Guillaume Aupoix.
Pontoise , Gassot le SeneschaL
Idem.
Idem.
Pont-Audemer, Jean Guysac.
fiemay, Germain Le Maistre.
Lisieux, Guy Lacheré.
Vemeuil , Emond Hauton.
Évreuz , Jean Le Moyne.
Idem.
Idem.
Hugues Moppin.
Guillaume Eude.
Idem.
Guillaume du Goudray.
Idem.
Idem.
Simon de Haubuisson.
Idem.
Idem.
Honoré Le Symus.
Alençon , Michel Dupont
RECEVEURS DU DIZliME ACCOBDÉ A VERIZON EN 14S3.
Diocèse de Bayeux, messire Richart Froment, prêtre.
— de Rouen , maître Guillaume Le Fèvre, chanoine de Rouen.
— de Goutances, maître Jean Lanson , chanoine de Goutanoes.
— de Lisieux , messire Jean Guérart, prêtre.
— d'Evreux , Mathieu Warences et maître Alain Kirketon.
— de Séez , Jean BenoisU Vicomte de Falaise» Guillaume Roussel
DIXIÈME AGCORDé AU MOIS DE DÉCEMBRE 1423.
Diocèse de Bayeux , messire Richart Froment , prêtre , demeurant à Gaen.
— de Rouen , maître Guillaume Le Fèvre; chanoine de Rouen.
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 193
Diocèse de Coutances , Etienne David.
— de Lisieux , messire Avenant de Lion, chanoine de Lisieux. -— d'Ëvreux , maître Alain Kirketon , archidiacre du Neubourg en Téglise d^Évreux. ^ de Séez, néant
En ik^li, 1&25 et 1&29, Jacques Le Vaillant était maitre des ouvrages du Roi et du Régent ; il touchait 120 livres parisis par an, sur la recette de Normandie , indépendamment des gages ordinaires qu*il prenait sur la recette de Senlis » comme maître des œuvres du bailliage de cette ville. Jean Smyth était charpentier du Régent , il recevait 100 s. t. par mois.
Un des travaux publics les plus importants qui furent entrepris, de ibUli à 1&29, fut le château de Harfleur. On y dépensa 7,100 1. en 1A25. Guillaume Rlancbaston , vicomte de Montivilliers , fut commis pour sur-' veiller les travaux et payer les ouvriers.
Nous finirons ce chapitre en signalant quelques aliénations et quelques dons du Domaine , qui nous ont paru dignes de remarque^
Madame Catherine d'Alençon , duchesse de Bavière et comtesse de Mortain, ayant demandé la restitution de certaines terres qui lui appartenaient en Normandie et qu'elle déclarait nécessaires pour soutenir son état , le Régent, par lettres du 6 avril l&Sâ, et du 10 avril l&S/i, lui accorda, par forme de compensation , une pension de 200 1. par an à prendre sur la recette de Normandie.
Quelque temps auparavant avait eu lieu une aliénation plus importante. Par le traité de Troyes , un douaire de 20,000 L avait été assuré par Henri Y à sa future épouse , Catherine de Francetr Plus tard , le Roi avait, par un codicile, porté la somme à 22,500 1. Des lettres du 18 décemln-e 1425 ordonnèrent que les terres et seigneuries de Pontoise , de Gisors « de Vernon , de Gournay , de Neufchâtel et autres , que tenait autrefois la Reine Blanche , seraient baillées à Catherine pour 12,000 1. de son douaire. Le surplus fut assigné sur les aides qui avaient cours dans ces seigneuries , et même dans les seigneuries voisines , au cas où cela serait nécessaire, pour parfaire la somme de 22,500 1. Cette aliénation n'était que pour deux ans. Mais le terme fut différé , en vertu d'autres lettres du 8 octobre 1426. La Reine Catherine avait, pour Tadministration de son douaire , ses oQiciers propres , ses gens des comptes. Klle était tenue d'établir à ses frais , dans les places de son apanage , les
19& DE l'administration de la NORMANDIE
garnisons qu'il fallait pour leur sauve-garde ; mais ces garnisons étaient soumises, comme les autres, à Tinspection des officiers du Roi.
Au mois de novembre l/i2S , on avait payé à Jean Tailleur , marinier anglais , 138 1. 10 s. t., en récompense des services qu'il avait rendus au siège de Mettlan>
Perrenet Gressart , écuyer bourguignon , capitaine de la Charité-sur- Loire , était un des meilleurs hommes de guerre de l'époque. Le Régent, qui connaissait son mérite, voulut l'attacher à son service par un don avantageux. Il lui donna ( dernier juillet l/i27) à lui et à sa femme, damoiselle Huguette de Coumau , en consideracion des grans et notables services fais longuement par lui au fait de guerre en France, le chastel des Loges au pays de Caux pour en jouir leur vie durante, et de plus une rente annuelle de 500 1. t. A cette condition, Gressart devenait l'homme du Roi ; il lui devait le service féodal , dès qu'il en serait requis. Une partie de cette repte lui fut payée sur les deniers provenant des confiscations de la vicomte de Montivilliers.
En 1&28, Henri de Lancastre, cardinal d'Angleterre et légat de Germanie , oncle du Roi , vint en France pour aider son neveu c à recouvrer la seigneurie de France, et à rebouter les ennemis qui s*y étoient boutés à grosse puissance. * Il consentit à y demeurer l'espace de cinq mois, moyennant une pension de 3,000 1. par mois. Enfin, on donna à Monsei* gneur Edmond de Beaufort, chevalier , comte de Mortain (2 août l/i28 } , 200 1. parisis par mois , sur les finances de Normandie , tant qu'il serait connétable de l*ost et armée du Roi au royaume de France.
Pendant un temps, les donations du Domaine se multiplièrent à ce point que le Roi fut forcé de revenir sur ses libéralités. Le 6 décembre i/i2& parut une ordonnance qui déclara que toutes les terres , sergenteries , geôlages et autres offices faisant partie de l'ancien domaine royal , donnés depuis le trépas de Henri Y dans le duché de Normandie et pays de conqueste , seraient remis en la main du Roi. Trente-deuK vidimus de cette ordonnance furent expédiés par les notaires du Châtelet de Paris.
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 195
ADXINISTRàTI01>I militaire ; CAPITAINES ; FAITS DE GUEURE.
A répoque de roccupation anglaise , et il en fut ainsi malheareusement pendant fort long-temps , la Normandie , comme la France entière , était hérissée de forteresses. La garde en était confiée à des capitaines , tous nobles sans exception , ou du moins s'en attribuant le titre et appartenant généralement à la nation conquérante. La plupart des soldats euxmêmes étaient anglais , et ce qui prouve que les vaincus inspiraient une véritable défiance , et que la fusion était loin de s*étre opérée entre les ^ deux peuples, c'est que dans les endentures nous voyons déterminer fréquemment le nombre de soldats français qu'il était permis au capitaine d'enrôler. Nous nous bornerons à quelques exemples. En l/iS/i , Guillaume Mineurs , capitaine de Honfleur , est autorisé à prendre la moitié de ses hommes d'armes dans la nation de France ; l'autre moitié et tous les archers devaient être anglais , irlandais , gallois ou gascons. ' D^ns une montre de l/iS?, qui contient la liste de 12 lances à cheval, de 35 lances à pied et de 126 archers , on ne remarque que 29 noms normands. Dans une autre de la même année, il n'y a que 3 normands sur 26 archers. Uendenture de James d'Ormont, xhevalier , capitaine de Goumay et de Gerberoy , pour l'année 1 kki , n'est pas moins caractéristique : on ne lui permet de prendre que la huitième partie de ses gens dans la nation de France.
Ces endentures dont nous venons de parler étaient des espèces de contrats passés entre le Roi et les capitaines , où se trouvaient réglées les conditions du service. Elles tiraient leur nom de cette forme matérielle des actes que le terme explique sufiisamment , et qui a joui en Angleterre d'une vogue plus générale et plus durable que partout ailleurs. Habituellement , le temps de l'engagement était d'un an , parfois de deux ans ; rarement , il allait au-delà. Mais , à l'expiration du service , l'^ndenture était renouvelée, et il est fort ordinaire de trouver, pendant une longue période d'années , la même personne chaînée de la même capitainerie.
196 DE l'administration de la NORMANDIE
Il était interdit au capitaine de s'entremettre de la police et du gouvernement , ou , comme nous dirions aujourd'hui , de Tautorité administrative et judiciaire. Sa chaîne consistait à veiller à la sauve-garde de la ville , à la défense des murs et portes qui la protégeaient
Cependant, bien que borné à un rôle défensif et local, il devait mettre, dès qu'il en était requis , pour aucune grand nécessité comme de journée de bataille , une partie de sa garnison à la disposition du Roi, du Régent, des gens du Conseil , de leurs lieutenants et des capitaines généraux sur le fait des guerres.
Lorsque le juge royal , le bailli ou son lieutenant , avaient besoin de la force armée pour faire aucune exécution de justice^ ou pour appréhender les gens de guerre vivans sur te pays^ le capitaine devait , sans délai , se conformer à leurs ordres , se transporter sur les lieux , ou y envoyer le nombre de soldats qu'il fallait , à peine de perdre un mois de ses gages.
Il devait encore fournir aux ambassadeurs envoyés par le Roi ou les gens du Conseil une escorte à cheval , pour les accompagner jusqu'à la garnison voisine.
Le nombre des gens de guerre à la charge du capitaine était strictement déterminé. Néanmoins , il était permis an Roi , en cas de nécessité , de l'augmenter ou de le diminuer en prévenant le capitaine un mois à Tavance. Il était permis à celui-ci de refuser les conditions nouvelles qu'on lui faisait ; mais on pouvait le contraindre à conserver ses fonctions, pendant l'espace d'un mois, à partir de la notification de son refus.
Le capitaine ne devait rendre la place qui lui était confiée qu'au Roi ou à celui qui le représentait dans la province , et à ses lieutenants et délégués. Â la fin du service , il était tenu de rendre les traits et les habillements de guerre qui lui avaient été remis lors de son entrée en fonction. * Ainsi que l'a fait judicieusement observer l'historien Henry , les gages étaient élevés dans l'armée anglaise. L'archer avait 6 d. sterling par jour; l'homme d'armes ou la lance à pied, 8 deniers; l'homme d'armes ou la lance à cheval , 12 deniers. Le simple chevalier recevait 2 s. sterling , et le chevalier banneret, & s. Le paiement avait lieu de quartier en quartier, à compter des premières montres. Il s'effectuait en vertu d'ordonnances des trésoriers et généraux gouverneurs des finances, et par les mains du receveur-général ou des autres receveurs.
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 197
lodépeDdamment de leurs gages , les capitaines jouissaient de droits connus sous le nom de regards , dont nous ne saurions apprécîjr Timportance , de leurs gains de guerre personnels , et du tiers des gains de gueiTe des hommes de leur compagnie. A son tour , le Roi prélevait le tiers de ces profits ; et pour déterminer cette part , à la fin de chaque quartier , au moment du paiement de la solde , on demandait aux capi-. taines un état certifié du butin qu'ils avaient fait. Ou lui réservait aussi toute une catégorie de prisonniers : les rois , les fils de roi , les princes , les gens de sang royal ^ les grands capitaines , et les personnes dont un motif de politique ou de vengeance rendait la possession plus désirable. C'est ainsi que furent exceptés les meurtriers du duc de Bourgogne , ceux qui , après avoir prêté serment de fidélité à Henri Y ou à Henri YI , avaient pris parti pour Tennemi. Toutefois , le iloi n'exigeait pas l'abandon de ces prisonniers à titre purement gratuit; il s'engageait à fournir une récompense convenable , à faire « raisonnable agréement » à ceux entre les mains desquels ils étaient tombés.
n était sévèrement interdit aux capitaines de commettre aucune exaction sur les sujets du Roi , de les tailler, appatisser , rober ou piller. Mais, pour être rappelée à chaque instant, cette règle n'en fut pas moins une lettremorte tant que dura Toccupation anglaise : ce qui ne veut pas dire que les campagnes n'aient plus eu à soufirir de l'arbitraire des gens de guerre, à partir de l'instant où les Anglais eurent été expulsés.
Dans tes revues des garnisons et des compagnies en campagne , on ne tenait compte des nobles, des hôteliers, des taverniers et de ceux qui faisaient métier de marchandise : des premiers , sans doute, parce que le service militaire était comme inhérent à leur qualité ; des autres , parce qu'il était naturel de supposer qu'ils trouvaient leur avantage à être incorporés à l'armée. 11 n'en était pas ainsi pour le canonnier, l'armurier, les faiseurs d'arcs , d'arbalètes ou de traits : ceux-là étaient assimilés aux soldats. Comme eux , ils devaient veiller à la garde des places et se soumettre à la même discipline.
Le capitaine ne pouvait confier la garde d'aucune place à ceux qui avaient tenu le parti de l'ennemi , lors même qu'ils auraient fait leur soumission et auraient été reçus en l'obéissance du Roi. Plus tard , on ajouta quelques exceptions qui témoignent des désordres des gens de
198 DE L'ADMINISTBATION de la NORMANDIE
guerre. Nous ne citerons que celle qui s'appliquait à ceux qui avaient pris part « à l'orrible meurdre naguères commis environ S. Pierre sur Dyve , par IVaierlwux et ses complices^ à moins qu'ils n'eussent leurs lettres de rémission en lacs de soie et cire verte. »
Les capitaines étaient, soumis au sénéchal de NonnaiMie , au Régent ou au gouverneur général. Des montres ou revues avaient lieu , à la lin de chaque quartier, en présence d'ofiiciers délégués par le Roi.
Les soudoyers devaient être montés et habillés comme il convenait. Les hommes d*armes étaient armés de bassinet ou de salade à visière , et portaient des hamois de jambes. En r^le générale, il fallait compter trois archers pour un homme d'armes. Cette proportion était si constante que , dans les comptes , on se borne souvent à indiquer le nombre des gens d'armes en y ajoutant ces mots : c et les archers. » On sait que ces archers formaient la partie la plus solide de Tarmée , et que «c'est à eux que les Anglais durent pendant long-temps leur supériorité sur les troupes françaises , plus brillantes , et non moins valeureuses sans aucun doute , mais aussi beaucoup moins disciplinées.
Ces notions préliminaires posées , nous allons passer en revue les places fortes du duché et indiquer les garnisons qui s'y trouvaient établies aux années \Ji1k, 1425 et 1^29.
Alençon. — ihak* Capitaine, Mons'. Jean Fastolf, chevalier banneret , &0 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 20 à pied , 1 20 archers achevai, 60 à pied. — l/i25. Idem, 6 hommes d'armes à cheval, lui non compris; 4 à pied et 30 archers. — 1429. Idem.
Argentan. — 1424. Capitaine, Mons'. Jean de Mongommery, chevalier , retenu au bon plaisir du Roi , à la chaîne de 12 hommes d'armes à cheval, 8 à pied et 60 archers. Il fut remplacé par messire Thomas Rampstott , chevalier banneret, à la charge de 14 hommes d'armes à cheval, 6 à pied et 60 archers. — 1425. Idem , 6 hommes d'armes à cheval , 6 à pied et les archers. — 1429. Idem, â hommes d'armes à cheval, lui compris ; 3 à pied et 18 archers.
Arques. — 1424. Capitaine, Mons'. Raoul Bouteiller, chevalier, 2 hommes d'armes à cheval, lui compris; 2 à pied et 26 archers.— 1425. Idem , 2 hommes d'armes à cheval , 2 à pied et 1 2 archers. — 1429. Idem.
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 199
AvRANCHES. — 1424. Capitaine, Thomas Bourgb {alias Bourg ), écuyer, 40 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 20 à pied , 120 archers à cheval , 60 à pied. Les lettres d'endenture par lesquelles il s'engageait à entretenir cette retenue , pendant un an , furent passées le 22 octobre 1423. L'année suivante, le siège du Montât. -Michel ayant été levé, une garnison aussi nombreuse n'était plus nécessaire. Thomas Bourgh n'eut plus à entretenir que 10 homnoes d'armes à cheval, 10 à pied et 60 archers. — 1429. Idem.
Bayeux. — 1424. Mons'. Guillaume Breton , chevalier , a la fois bailli de Caen et capitaine de Bayeux , à la charge de 4 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 6 à pied et 30 archers. — 1 425. Idem , 3 hommes d'armes à cheval , 3 à pied et les archers. —1429. Mons'. Bobert, baron, et seigneur de Willoughby ( àltas Willeby et Willuby ) , retenue indéterminée.
BoNs-MouLiNs (1). — 1424. Capitaine, Bîchard Abraham, 6 hommes d'armes à cheval , 4 à pied , 30 archers.
Caen. —1424. Capitaine, Bichard Wide ville, écuyer, 14 hommes d'armes à cheval , 18 à pied , 42 archers à cheval et 54 archers à i<ed. — 1425. Idem, 8 hommes d'armes à cheval , 8 à pied et 45 archers. — 1429. Idem, 7 hommes d'armes à cheval, lui non compris; 8 à pied et 15 archers.
Carentan. — 1424. Simon Fleict, écuyer, à la fois bailli du Cotentin et capitaine de Carentan , 6 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 2 à pied et 24 archers. Peu de temps après , Mons'. Nicole Bourdet , chevalier , fut nommé à la place de Fleict , pour le temps qu'il plairait au Bégent, à la charge de 6 hommes d'armes à cheval , 2 à pied et 18 archers à cheval , pour l'exercice de son office de bailli , el de 6 archers à pied pour la sauve-garde de Carentan. — 1425. Idem, 6 hommes d'armes à cheval, 2 à pied et les archers. — 1429. Idem, retenue indéterminée. On lui donnait, pour la défense de Carentan, 5001.
Caudebeg. — 1424. Ca[Mtaine Mons'. Jean de Bobessart {alias Bobersart ) chevalier , 3 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 3 à pied ,
(I) Arrondisseracnl de Morlagne.
âOO DE l'administration D1 la NORMANDIE
9 archers à cheval, 9 à pied. — 1425. Idem. On lui donnait, ponr la garde de la place, 500 l — .1429. Idem.
Château-Gaillard ( désigné aussi sous le nom de Gaillart, tout court ). — 1424. Capitaine Mons'. Guillaume Bishopston ( alias Bichopston et Bischoston ) , chevalier , 6 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 5 à pied, 12 archers à cheval et 21 à pied. — 1425. Idem, 3 hommes d'armes à cheval , lui compris; 2 à pied, 15 archers. — 1429. Idem.
Cherbourg (alias Césarbourg j. —1424. Capitaine Mons'. Wautier de Hongreford {alias Ae Hongerford, et Hongrefordt) , chevalier banneret , 20 hommes d'armes à cheval , 20 à pied et 120 archers. — 1425. Idem. — 1429. Idem.
Conghes. — 1424- Capitaine, Jean Arthur, écuycr, à la charge de
10 hommes d'armes à cheval, lui compris, et de 30 archers, aux gages de 1 ,000 1. pour l'année , en y joignant les guets de Couches , et ceux de deux forteresses nouvellement démolies , Breteuil et Beaumont-le- Roger.— 1425. Mous', de Scales. La place était gardée à ses risques et périls. — 1429. Richard Wailler , écuyer.
CouTANCES. — 1424. Capitaine, Lorens Waren, écuyer, 16 hommes d'armes à cheval, lui compris; 4 à pied et 60 archers. — 1425. Lorens Waren est qualifié de chevalier bachelier ; 4 hommes d'armes à cheval , 4 à pited et les archers. — 1 429. Mous'. Jean , seigneur de Talbot , chevalier banneret, idem.
Dieppe.. — 1424. Capitaine, Jean Salvain, écuyer, 8 hommes d'armes à cheval, 7 à pied, 24 archers à cheval, 21 à pied. — 1425. Idem. On lui donnait 500 1. pour la gardé de la pfece. — 1429. Idem.
DoMFRONT. — 1429. Capitaine, Mons'. Jean de Moutgommery , chevalier, retenu pour 5 ans , commençant le 1''. juin 1423, à la charge de 30 hommes d^armes à cheval , 10 à pied et lîO archers.— 1425. Idem, 10 hommes d'armes à cheval, 10 à pied et 60 archers. — 1429. Mons'. Thomas , seigneur de Scales , chevalfer banneret , 6 hommes d'armes à cheval , lui non compris ; 9 à pied et 45 archers.
Dreux ( Château et forteresse de Dreux et tattr Dannemarche ). — 1424. Capitaine, MonsV Guillebert de HarsaJIes (fl/tVi^Halsalles), chevalier banneret , 39 hommes d'armes à cheval , 20 à pied , et 1 77 archers.
EssEY. — 1424. Capitaine , Richard , écuyer, 6 hommes d'armes , lui
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 201
compris; k à pied, 18 archers à cheval, 12 à pied. — 1&25. Mons^ Guill Oldhalle, chevalier, 3 hommes d'armes à cheval, lui non compris; 3 à pied et 18 archers. — 1429. Idem.
ÉvREUx. — l/i2&. Capitaine, Jean de Harpelay , qui était en même temps bailli , k hommes d'armes à cheval , 6 à pied , 12 archers à cheval et 18 archers à cheval. — 1425. Mons% Guillebert de Halsalles , chevalier banneret, 5 hommes d'armes à cheval, 5 à pied et 30 archers. — 1429. Richard Wailler, écuyer, 3 hommes d'armes à pied et 9 archers. 11 était en même temps capitaine de Conches et bailli d'Évreux.
£xj»ES. — 1424* Capitaine, Etienne Hallefield, écuyer, retenu pour 2 mois commençant à la St-Michel 1423 i à la charge de 10 hommes d'armes à cheval, lui compris, et de 30 archers. — 1425. Richard Ghetin, écuyer, 3 hommes d'armes à cheval , 3 à pied et les archers (18). — 1429. I^ place d'Exmes était remise à la garde du comte de Salisbury , sans gages , parce que le revenu . du guet avait été reconnu suQisant.
Falaise. — 1424. Capitaine, Mons'. le comte de SaKsbury et du Perche, pour 3 ans commençant à Noël 1422, à la charge de 19 hommes d'armes à cheval, 12 à pied et 93 archers. 11 avait pour lieutenant Thomas Âfourde, écuyer. — 1425. Idem, 10 lances à cheval, 10 à pied et 60 archers. Même lieutenant. — 1428. Idem, 6 hommes d'armes à cheval, 9 à pied et 45 archers. Lieutenant, Mons'. Robert Cougniers, chevalier. Après la mort de Salisbury, Talbot se chargea de la capitainerie de Falaise. Il endenta avec le Régent pour un an, à commencer au 8 novembre 1428.
Fresnay-le- Vicomte. — 1424. Capitaine, Mons'. Jean Fastolf, 4P hommes d'armes et 120 archers à cheval. — 1425. Idem, 10 hommes d'armes à cheval, 10 à [âed et 60 archers. — 1429. Guillaume Glasdale, écuyer, 6 hommes d'armes. à cheval, 4 à pied, 36 archers. Après sa mort au siège d'Orléans, Robert Herling prit sa capitainerie à la charge de 6 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 4 à pied , 18 archers à cheval et 12 à pied.
Gaillon. — 1424. Capitaine, Jean Boullier, écuyer, 4 hommes d'armes à cheval, lui compris; 2 à pied , 18 archers. Gaillon , en i 425 , fut pris par les Français , repris par les Anglais et démolL
202 DE l'administration de la NORMANDIE
Gbnbts (1). -^1&28. Capitaine, Mons'. Jean deHarpelay, chevalier. Le Roi, par lettres du 1& février 1427 (v. s.), lui bailla en chaire 20 hommes d'armes et 100 archers tous à cheval, qu'il devait loger à Genêts ou à St. -Léonard sur la côte, afin de s'opposer aux approvisionnements des ennemis du Roi retirés au Hont-St. -Michel, pour faire tous autres exploits de guerre au profit des sujets du Roi et extirper les brigands. Le Roi Henri YI, par lettres datées de Rouen, le 20 septembre 1&28, manda de faire continuer le paiement sur les fonds de la Recette générale pour l'année commençant à la St.'-Micbel 1&28, en tant que la bastille serait en état
GisoRS. — 1424. Capitaine, Richard Marbury (alias Merbury), écuyer tranchant du R^nt , 9 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 8 à pied , 47 archers et 4 arbalétriers. — 1425. Idem, mais qualifié de chevalier bachelier » 3 hommes d'armes à cheval, 3 à pied et 18 archers. — 1429. La Reine Catherine faisait garder la place de Gisors à ses dépens , comme étant comprise dans son douaire*
GouRNAT. — 1&24. Capitaine, Mons'. Regnaud Gray, chevalier, 3 hommes d'armes à cheval, lui compris; 3 à pied et 42 archers. — 1425. Idem. On lui donnait 500 1. par an pour la garde de la place. 1429. Gournay était gardé aux dépens de la reine Catherine.
Harfleur. — 1424. Capitaine, Guillaume Mineurs, écuyer, retenu pour 5 ans, commençant le pénultième de novembre 1422, à la charge de 16 hommes d'armes à cheval, lui compris; 24 à pied; 18 archers à cheval, 24 à pied. — 1425. Idepi, 6 hommes d'armes à cheval, 9 à pied, 45 archers. — 1429. Idem.
HoNFLEUR. — 1424. Capitaine, Guillaume Fitz-Henry, écuyer, retenu pour 10 ans, commençant le pénultième de septembre 1422 , & la charge de 8 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 8 à pied ; 24 archers à dievaU 24 à pied. — 1425. Idem , 5 hommes d'armes à cheval , 5 à pied et 30 archers. — 1429. Mons'. Jean Fastoif , 6 hommes d'armes à cheval , 6 à pied et 36 archers.
LouviERs. — 1424. Capitaine, Uons'. Guillotin de I^nsac , chevalier bachelier , 6 hommes d'armes à cheval , 4 à pied , 30 archers. Après avoir été remplacé pendant quelque temps par Mons'. Godefroy Hetton , che*
(4) AnrondisscmeDt d*A«rauchet.
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 203
Talier baDiieret, il fut ordonné de nouveau, le 9 mai i&2&, capitaine de Louviers , à la charge de servir , tant qu'il plairait an Régent , et d'en* tretenir 16 hommes d'armes à cheval , lui compris, 8 à pied et 72 archers. — 1&25. Idem , pour la garde de la tour seulement , 1 homme d'armes à cheval, 1 à pied et 6 archers. — * i&29. Idem , retenu capitaine pour 2 ans, commençant à la St. -Michel l/i28, aux gages de 400 1. t. par an.
Mantes. — l&2/t. Capitaine, Edouard Makeville, écuyer, en même temps bailli de Mantes et de Meulan, 9 hommes d'armes à cheval, lui compris; 9 hommes d'armes à pied, 42 archers et 12 arbalétriers. — 1 425. Messire Guillaume Bucton , chevalier bachelier , 6 hommes d'armes à cheval, lui compris; 6 à pied et 36 archers; — 1&29. Idem, 3 hommes d'armes à cheval , lui compris; 3 à pied et 18 archers.
Meulan et Poisst ( ville, forteresse et passage). — l&2/i. Capitaine, Robert Harling , écuyer , 7 hommes d'armes à cheval , 7 à pied , 21 archers à cheval, 21 archers à pied. — 1^25. Idem, 5 hommes d'armes à cheval , 5 à pied, 30 archets. — Meàlan. l/i20. Capitaine Mons'. Thomas Kyngston, chevalier, & hommes d'armes à cheval, & liommes d'armes à pied et 2& archers.
Montivilliers. — l&2ilu Capitaine, Clément Ouverton, écuyer, retenu pour 3 ans, commençant au pénultième de septembre 1422, à la chaiige de 2 hommes d'armes à cheval, lui compris; 1 à pied et 9 archers. — 1&25. Idem. On lui donnait 300 1. pour la garde de la place. -* lft29. Idem.
HoNTJOiB ET St.-Gbrmain-en-Late, -^ lii2A. Capitaine, Mons'. Jehan Honneford , chevalier, seigneur de Maisons-sur^Seine , 5 hommes d'aritfei à cheval, lui compris; 3 à pied et 2& ardiers. — ^ l/i[25. Idem, 3 hommes d'armes à cheval, 3 à pied , 18 ài^cbers. — 1&29. Mons^ Robert Herlyfig, chevalifir. On lui domait , pour la garde de ces places , 500 L par an.
Nedfchatel et Torct (1). ~ iftâi. Capitaine , Nicolas Boardet , écuyer , 3 hommes d'armes à cheval , 3 à pied , 58 arches. Il ent pour successeur , dans la charge de capitaine de Neufchàtel , Thomas Mais*
(f ) Torcy • arroiMUssement de Dieppe.
20ft DE l'administration de la NORMANDIE
tresson , écuyer , bailli de Caux , 3 hoinnies d'armes et 17 archers à pied; dans celle de capitaine de Torcy, Jean Saint-Lo ( sic, peul-étre pour Stanlawe ) , écuyer , 1 homme d'armes à cheval , 1 à pied , 22 archers. — Neufchâtel. 1 &25. Capitaine , Thomas Maistresson , 2 hommes d'armes à cheval , 2 à pied et 12 archers. — Torcy, 1429. Idem ; on lui donnait &00 L pour la garde de la place.
Parc-l'Evesque (1). — l/i2/i. Capitaine, Robert Salmerch [alias Saltmercb ) , écuyer , 9 hommes d'armes à cheval , lui compris ; & à pied , et 39 archers. — l/t25. Idem, 6 hommes d*armes à cheval , 7 à pied et les archers. Après la levée du siège du Hont-St. -Michel, la forteresse du Parc Ait démolie.
PoissY. ^-r- l/(29. Capitaine , Mons'. Robert Herlyng , chevalier ( déjà cité), 1 homme d'armes à cheval, 6 archers.
Pont*de-l' Arche, r— 1 &2/i. Capitaine , Jean de Beauchamp , écuyer , & hommes d'armes à cheval , lui compris ; 6 à pied , et 30 archers. — 1&25. Idem, qualifié de chevalier, 2 hommes d'armes à cheval, 3 à pied , 15 archers. — 1&29. Idem, 3 hommes d'armes à cheval, lui compris ; 2 à pied, 15 archers.
PoNTDOUE (2). — l&2/i. Capitaine, Guillaume Rostelland {alias Routhelland) , écuyer ,, 1 homme d'armes à cheval, 1 à pied, 6 archers. — 1&25. Idem, 1 homme d'armes à cheval, 3 archers. — 1&29. Jean Fitz Simon , écuyer, idem*
PoKTOiSE. — - l/i2&t Capitaine, Guillaume d'A{q>illy , écuyer, 10 hommes d'armes à cheval, 10 à pied et 60 archers. — l/i25. Idem, 3 hommes d'armes à cheval, lui compris; 3 à pied, 18 archers. — U29. Cette place était gardée aux dépens de la Reine d'Angleterre, comme se trouvant comprise dans sonr douaire»
PoNTORSON.. — 1&29. Capitaine , Mons'. Thomas, seigneur de Scales , chevalier banneret, 80 hommes d'armes» 2&0 archers, tous à cheval. Il avait été stipulé dans les lettres d'endenture que, dans le cas où la bastille d'Ardevon serait réparée^ le seigneur de Scales y mettrait 80 hommes d'armes et le3 archers.
(i) Ancienne propriété des é? éques d^ Avraoches , ft Seinle-Pience , arroudisiciiieol d*Avninches. (2) Près Carenlan, arrondiueiiient deSL-Lo.
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 205
R^Gx\EviLLE (1). — 1424. Capitaine, Mons'. Wautier de Hongreford, 2 hommes d'armes à cheval, â à pied, 15 archers. — 1425. Idem. — 1429. Idem.
]\ouEN. — 1A24. Capitaine, Mous'. Richard de Beauchamp , comte de Warwick et d'Aumale, 25 hommes d'armes à cheval, 36 à pied, 180 archers. Thomas Gargrave , son lieutenant , commandait , en outre , une compagnie de 2 hommes d'armes à cheval , de 30 à pied et de 9S archers. — 1425. Mons'. Robert de Willonghby , comte de Vendôme, 10 hommes d'armes à cheval ,1 0 à pied , et 90 archers. Il prit une part glorieuse à la bataille de Crevant. — 1429. Le comte d'Aumale, 4 hommes d'armes , lui compris ; 2 hommes d'armes à pied et 34 archers. Cette retenue occupait le pont et forteresse de Rouen. Richard de Beauchamp était capitaine de la ville. Le Régent s'était réservé la capitainerie du château et du donjon ; il eut pour lieutenant Hamon de Belknap , écuj^r , et après la mort de celui-ci , Jean Popham , chevalier et conseiller du Roi. La retenue du lieutenant était de 7 hommjes d'armes à pied et de 28 archers.
RuE-EN-PoNTHiEu (2).— 1424. Capitaine, Hugues Waubourton, écuyer, 10 hommes d^armes à cheval, lui compris; 10 à pied et 60 archens. Celte place ne fut utile aux Anglais que pendant le siège du Crotoy.
St. -Gbrmain-en-Laye ( Voyez Montjoye).
St. -Lo.— 1424. Capitaine , Mons'. Thomas Blount, chevalier, 18 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 7 à pied et 60 archers. — 1425. Idem , 5 hommes d'armes à cheval , 5 à pied et les archers. — 1429. Mons'. Guillaume , comte de SuQblk , 2 hommes d'armes , lui non compris , et 30 archers , tous à cheval.
ST.-VALERy-suR-SoMME. — 1424# Capitaine, James Fenix, 30 hommes d'armes à cheval , 10 à pied et 120 archers. Cette place ne fut occupée que pendant le siège du Crotoy.
ToMBELAiNE. — 1424. Capitaine, Lorens Haulden, éeuyér, 30 hommes d'armes et 90 archers tous à cheval , pour faire la guerre aux ennemis du Mont-St. -Michel. Il ne fut d'abord commissionné que pour deux mois ( lettres de garand du Régent, datées de Caen, 19 décembre 1423). —
(1) ArroadÎMement de CouUDces.
(2} Les Français avaient abandonné cette place pour défendre Ifi Crotojr.
206 DE l'administration 0B la NORMANDIE
1A25. Idem, 20 hommes d*armes à cheval, lui compris; 10 à pied et 50 archers, t tant pour la sauve^rde de Tombelaine que pour faire la guerre à ceux du Mont-St. -Michel et garder la mèr. t — 1429. Thomas Bourgh , écuyer , 1 5 hommes d*armes à cheval , 5 à pied et 60 archers.
ToRCY (Voyez Neufchatel).
Touque. — 1&2&. Capitaine, Audry ou Audrieu Ogard, écuyer, 3 hommes d'armes à cheval, â à pied et 18 ardiers. — 1&25. 2 hommes d'armes à cheval , 1 à pied et 9 archers.
Verneuil. — H2â. Capitaine, Mons'. Thomas, seigneur de Scales, i^etenue indéterminée. — l/i2ô. Capitaine indéterminé ; & hommes d* armes à cheval, 9 à pied et les archers. — 1A29. Mons'. Jean Fastolf, chevalier. On lui donnait , pour la garde de Verneuil , 1 500 1.
Vernon. — 1A2A. Capitaine, Jean Bourgh, écuyer, en même temps bailli de Gisors , 40 hommes d'armes à cheval , 8 à pied et 5/i archers. — l/i25. Idem , 5 hommes d'armes à cheval , lui compris ; 5 à pied et 30 archers. — 1A29. Cette place était gardée aux frais de la reine Catherine, comme comprise dans son douaire.
Vire. — lA2/i. Capitaine, Audrieu Ogard , écuyer, 20 hommes d'armes à cheval , lui compris; 60 archers à cheval et 30 à pied. — 1A25. Idem, retenu pour 11 ans , commençant à la St -Michel 1&24; 8 hommes d'armes à cheval, 9 à pied et les archers. — 1&29. Idem, 6 hommes d'armes à cheval , 4 à pied et 30 archers.
Aux soldats des garnisons , il faut joindre ceux dont s'entouraient les Imillis et certains hauts fonctionnaires pour l'exercice de leurs fonctions. L'office de bailli , comme celui de capitaine , se donnait d'ordinaire pour un temps assez limité ; mais la commission était généralement renouvelée. Les baillis étaient :
Rouen. — 1424. Jean Salvain {alias Salvayn), écuyer, pour un an commençant à la St -Michel 1424 , à la charge de 11 hommes d'armes et 33 archers à cheval. — 1425. Idem , prend le titre de chevalier, 6 hommes d'armes et 18 archers à cheval — 1429. Idem , 2 hommes d'armes à cheval , lui compris comme chevalier bachelier , et 24 archers.
Caux. — 1424. Thomas Maistresson , écuyer , pour un an commençant le 12 juillet 1423 , à la charge de 6 hommes d'armes et 18 archers
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 207
à cheval. — 1426, Idem , & hommes d'armes, lui compris, et 12 archers à cheval. — 1429. 2 hommes d'armes et 24 archers à cheval.
Cakn. — 1424. Messire Gaillaume Breton, 14 hommes d'armes à cheval et 42 archers. — 1 425. Idem , retenue indéterminée , confondue dans sa retenue de capitaine de Bayeux. — 1429. Idem, 2 hommes d'armes à cheval , lui compris , et 24 archers.
CoTBNTiN. — 1424. Simon Fleict, écuyer, pour un an commençant le 14 juin 1423; retenue indéterminée.— 1425. Nicole Burdet {aiias Bourdet ) , en même temps capitaine de Carentan. — 1429. Mons'. Jehan Harpeley , chevalier , 2 hommes d'armes à cheval , lui compris , et 24 archers à cheval.
GisoRs. — 1424. Jean Bourgh, écuyer, pour un an commençant à la St. -Michel 1428, à la «charge de 8 hommes d'armes et de 24 archers à cheval. —1425. Idem; il était en même temps capitaine de Verneuil. — 1429. 11 n'en est pas question , parce que Gisors appartenait k la reine Catherine.
ÉVREOX.— 1424. Jean de Harpelay, écuyer, 20 hommes d'armes et 60 archers à cheval. — 1425. Richard Wallier, écuyer, 6 hommes d'armes à cheval et 18 archers. — 1 429. Idem ; il était en même temps capitaine d'Évreux et de Couches ; 2 hommes d'armes , lui compris , et 24 archers à cheval.
Mantbs. — 1424. Edouard Make ville, écuyer, en même temps capitaine de Mantes et de Meulan , 6 hommes d'armes à cheval et 18 archers. — 1425. Idem , 3 homines d'armes à cheval et 9 archers. — 1429. Thomas Giflard , et après lui Messire Guillaume Bocton , chevalier , 2 lances et 18 archers à cheval.
Alknçon. — 1424. Guillaume Glacedall {atias Glasdall, ou Glacîdas); retenue indéterminée. — 1429. Idem ; il était en même temps capitaine de Fresnay^e-Vicomte ; 2 hommes d'armes, lui compris, et 24 archers. Après la mort de Glasdall , messire Robert Herling endenta le 13 mai 1429 avec le Régent , jusqu'à la St..Michel.
Le trésorier et général gouverneur des finances avait 12 hommes d'armes et 36 archers à cheval , pour la sûreté de sa personne et la conduite des finances. Le Régent , par lettres datées de Paris , 13 novembre
208 DE L* ADMINISTRATION DE LA NORMANDIE
ik2h , réduisit le nombre ài 8 lioinmes d'armes et 2& arcbers à cheval. Pierre Surreau, en yerlu de lettres datées de Rouen, 20 septembre 1&28, avait avec lui 1 lance et 10 archers à cheval. Cette escorte fut doublée, au commencement de janvier, afin d'assurer le transport des finances à Chartres , oii se trouvait le Régent
Nous avons déjà cité le nom de Richard Wideville comme conseiller du Roi et grand-sénéchal de Normandie. Il avait été nommé à cette dernière charge au mois de septembre l&2â. Le grand-sénéchal était établi « pour « garder les loys du pays, et ce qui étoit fait injustement par les baillifs et « autres officiers corriger, déterminer des plaintes qui souventes fois se « font par les gens du pays, les malfatcteurs et delinquans et les serviteure « et officiers du prince corriger, et dudit service , s'il y trouve faulte, les c oster , suspendre et desmettre, de trois ans en trois ans les forests et bayes « visiter, les droiz de son prince garder, chastier et corriger ceulx que par « informacion trouveroict estre coupables de malfait, garder la paix du pays, « veoir et visiter de trois ans en trois ans toutes les parties es bailliages • dudit pays, enquérir très diligenunent par lesdits bailliages les exeps et t délis que l'en y commet chacun jour, tant de larrecins, ravissemens de < fenunes, de murtres, de feuk boutez et de tous autres crimes et déliz faire « justice aux parties. » Ces fonctions sont indiquées, d'une manière un peu difiërente, au Coutumier de Normandie, sous le titre àe * Le Seneschat au Duc. 9 Wideville touchait, par jour, un noble et demi et un demi-noble de regard, et cumulait ce traitement avec les 100 1. sterling qu'il recevait en qualité de trésorier du Régent, En l/i25, Wideville était remplacé par messire Guillaume Oldhalle. Les gages étaient les mêmes qu'en l/i2&. Le grandsénéchal commandait 20 hommes d'armes à cheval et 60 archers.
En 1&2&, Thomas de Scalles était capitaine des villes, châteaux et forteresses situés sur la rivière de Seine et à l'environ , entre Rouen et Paris. Il avait une retenue de 20 hommes d'armes et de 60 archers à cheval, la même que le grand-sénéchal de Normandie.
Jean Fastolf avait des fonctions analogues ; il avait le titre de « gou- « vemeur et superwéeur de toutes les villes, chasteaux , forteresses et pais « subgiés au Roy , es bailliages de Rouen, delà la rivière de Seine, du • coté de la ville de Pont de l'Arche , Caen , Âlençon , pais subgiés en la I conté du Maine, pour recevoir , et ouïr toutes manières de complaintes^
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 509
« pugDir et faire pugnir , et corriger tous atempteurs et malfaicteurs , « garder tenir et faire exécuter les ordonnances du Roy ncitre dit seigneur c ainsi et par la forme et manière qu'elles ont esté faites au Conseil dodit c seigneur présent Monseigneur le Régent où furent appeliez les gens des « trois Estats du pays et duchié de Normendie à Caen. » — Pour faccomplissement des devoirs de sa charge, afin d'être en mesure de purger le pays des brigands qui le ravageaient et de t faire tenir le peuple subgiet du Roy en bonne paix et tranquilité » , Fastolf avait, outre les autres retenues, 40 lances et deux chevaliers avec 120 archers.
En i&2A, Jean Harboutelles , écuyer était maître de Tartillerie et des ordonnances du Régent. Il figura aux sièges d'Ivry , de Gafllon et ée Senonches. 11 avait succédé dans cette charge à Robert Cotes, écuyer, qui servit au siège de Meulan et du Crotoy (1). En 1A%, Jean Harboutelles était encore^ maître de Fartillerie et des ordonnances du Roi ; mais le même titre était porté concurremment par Philibert de Moleyns. En ibSH , on cite encore deux maîtres des ordonnances : ce même Philibert de Moleyns et Guillaume d'Appilly. Le premier avait à sa disposition 1 homme d'armes et 17 archers à cheval, tons d'Angleterre. Il servit au siège d'Orléans et dans l'expédition de la rivière de Loire. Il recevait 15 1. par mois, et le double en temps de campagne.
Les maîtres de l'artillerie étaient chargés de, l'achat des fournitures de guerre. En 1&25, Jean Harboutelles acheta à Paris pour 665 L de poudre , qu'il fit porter au Mans , avec de grosses bombardes et autres haàiUements de guerre. Il dépensa 750 1. pour le paiement des canonniers, charpentiers et maçons qu'il employa au siège du Mans. Philibert de Moleyns, vers le même temps , acheta 265 arbalètes de Roumènie à un marchand de Barcelone. Elles lui coûtèrent 1365 1.; 11 autres loi furent vendues 105 s. t. pièce. Au mois d'octobre, on acheta à Paris A milliers et 800 L de poudre à canon que Ton fit porter à Fastolf pour servir au Mans et à Ste. -Suzanne. Quelques compagnies n'étaient attachées ni aux garnisons, ni au service des hauts fonctionnaires militaires. Elles devaient se tenir à la diq)osition du Régent, et parcourir certaines contrées plus particulièrement en proie au brigandage.
(i) Son» les ordres du maître de rartillerie, il y avait Jean de Seplmaisons, maître canonnler do dac de Bedford, aui pges de i 00 s. par mois.
210 DE l'administration de la NORMANDIE
C'est ainsi qu'en i&2&, le Régent avait engagé au service de T Angleterre MoDS'. Jean de Yilliers, chevalier banneret, seigneur de Lisle Adam; Mons'. Guillotin de Lansac, chevalier, et Wautier Charleton , écuyer (1). Lisle Adam n'avait pas moins de 200 hommes d'armes et de 500 hommes de trait et devait servir le Régent partout oii celui-ci voudrait l'employer. Lansac avait été retenu le 30 janvier 1&23 pour un mois seulement. Il prit part à la journée du Crotoy. Aux années 1&25 et i/i29, nous trouvons auprès du Régent Mons'. Berard de Montferrant , chevalier seigneur de Gassac et d'Aquigny. Il commandait, enl&29, une compagnie de 7 hommes d'armes à cheval et de & archers.
En i&25, on envoya contre les brigands qui désolaient le bailliage de Caux, les comtés d'Eu et d'Aumale et le pays de Yimeu, Thomas Palmier, écuyer anglais, homme d'armes à la tête d'une compagnie de 11 archers (iâ mars, IS avril 1&25) ; et quelque temps après, Richard Beau, écuyer, avec 15 archers (25 octobre 1&25, 25 janvier 1/^26).
En 1 /i29, nous voyons le Régent mettre sur pied quelques compagnies de gens d'armes et de trait pour la garde de la rivière de Seine, des chemins entre Rouen et Paris, des forêts et bois d'Eu, Lyons, Fleury, Saint- Clair. Ces forces furent ainsi réparties :
Richard Brunclay, écuyer, dut garder, avec 15 archers à cheval, les chemins entre Gisors, Dangu et Pontoise (St. -Michel 1&28. — St. -Michel 1&29)* Sa retenue fut augmentée d'abord d'un homme d'armes et de & archers à cheval , et plus tard aux mois d'août et de septembre, afin qu'il pût défendre Monceaux contre les Français d'Aumale et de Bauchen , d'un homme d'armes et de 8 archers à cheval.
La garde des chemins d'Abbe ville et d'Amiens à Arques par la forêt d'Eu fut confiée à deux écuyers , Guillaume de La Barre et Mayequin Fleschier. Us n'avaient avec eux que 2 hommes d'armes à cheval et 16 archers.
Un autre écuyer, Guillaume de Lignoux, dut veiller à la sûreté des che«* mins de Gournay à Amiens par la forêt d'Eavy , avec 16 archers à cbevaK Sa compagnie fut augmentée successivement de 9 archers à cheval , de 1 homme d'armes et de 3 archers h cheval Guillaume de Lignoux se tenait à Gaillefontaine.
(1) Cbarielon, lue k la balaille de Verneuil {AuckienHeê Croniegue» d" Hngleles^re de JeUau de Wavrio, U 1, p. 269).
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 211
Les chemins entre Rouen , Gisors et Dangu étaient protégés par 1 6 archers à cheval sous le commandement d'un homme d'armes, Thomas Winstringham , écuyer. Leur quartier était à Fleury-sur-Ândelle. Au mois de juillet, cette compagnie fut renforcée de 8 archers.
Enfin Guillaume de Gaillartbosc de Perceval, écuyer, fut chargé par le Conseil du Roi de veiller pendant quelque temps à la sûreté du Yexin. Il avait avec lui un homme d'armes et 10 archers. Après la levée du siège d'Orléans, le nombre des brigands ne fit que s'accroître; on ne parlait partout que de pillages et d'assassinats ; des plaintes s'élevaient de tous côtés et l'on réclama du gouvernement des mesures de sûreté en faveur des nombreux marchands que la célèbre et importante foire du Lendit allait attirer à St. -Denis.
En réfléchissant à la faiblesse des forces organisées pour la répression, on s'étonne moins que les brigands aient pu être pendant si long-temps nombreux et redoutés. Le peu de résistance qu'on leur opposait devient, il est vrai, un autre problème; mais on Texplique par le petit nombre des troupes anglaises établies en Normandie, et par la quantité de forteresses qu'il fallait garder. Il n'y en avait pas moins d'une cinquantaine, entre lesquelles on n'eut souvent à répartir que &00 hommes d'aimes et 1,200 archers.
Les principaux événements militaires des années ik% et l/i25 furent la prise du Grotoy et de Gaillon , la bataille de Yerneuil , les sièges de Guise et du Mont-St -Michel, les expéditions de Suffolk, de Fastolf et de Salisbury en dehors des frontières de la Normandie, du côté du Maine et de l'Ile-de- France.
Après la prise de Noyelle et de Rue, le Régent donna l'ordre à Raoul Bouteiller de mettre le siège devant le Grotoy. Il n'est pas douteux que cette entreprise ne fût vivement désirée par les habitants du pays circonvoisin. Us avaient eu cruellement à souffrir des ravages commis par la garnison française et de ces avanies de toute sorte, auxquelles les malheureux paysans devaient nécessairement s'attendre de la part de soldats mal payés et sans discipline. L'effroi que ces troupes inspiraient explique l'empressement avec lequel les communes des bailliages de Gaux et de Rouen s'étaient associées à l'expédition qui venait d'être dirigée contre elles, et pourquoi les habitants d* Amiens promirent à Bedford 3,000 L pour le siège du Grotoy. 1,000 1.
212 DE L*AD1UNISTRATI0N DB LA NORMANDIE
furent payées sans difficulté ; mais, lorsque le clerc du receveur-général de Normandie vint, au mois de novembre 1A25, réclamer le restant de la somme, les bourgeois, revenus de leur première terreur, répondirent par un refus.
Le siège avait commencé le 2& juin l&2â, jour de la St. -Jean. Jacques de Harcourt résista vaillamment ; peut-être aurait-U mis les Anglais dans la nécessité de se retirer , si la funeste bataille de (Grevant n*eût déconcerté les' plans de Charles VU et épuisé ses dernières ressources, l.e sire de Harcourt, comprenant alors qu'U n'avait plus à compter que sur ses propres forces , prit le parti de capituler le 5 octobre 1&23 et promit de rendre la place le & mars de Tannée suivante , si d*ici là le Roi n'envoyait à son secours ; il livra aux Anglais comme otages Jean Sarpe, écuyer, et quatre bourgeois , Adam Le Roy , Gilles Le Roy , Jean des Quais et Jean de la Goue. Jean Sarpe fut remis à la garde de James Fenix, capitaine de SL- Valery-sur-Somme. On conduisit les autres au château de Rouen où ils demeurèrent prisonniers jusqu^aux derniers jours de janvier i &2/i.
Le sire de Harcourt n'avait voulu, par cette capitulation, que sauver r honneur et gagner du temps. Il savait, du reste, qu'il ne lui restait aucune chance de conserver le Crotoy, et sa conviction à cet égard était si bien formée que , sans attendre l'expiration du délai , il abandonna la partie et se rendit à Partbenay où il se fit tuer dans une intrigue qui donne une assez trisft idée de son caractère.
Au mois de février, le Régent vint à Amiens pour conférer, ainsi que nous l'avons déjà dit, avec le duc de Bourgogne et les ambassadeurs du duc de Brabant, au sujet du mariage du duc de Glocester avec Jacqueline^de Bavière. Les conférences n'étaient point encore parvenues à leur terme, lorsqu'il envoya d' A bbe ville sous les murs du Crotoy une armée commandée par Raoul Bouteiller afin de tenir tête aux troupes de Charles Vil «i , par impossible, il s'en présentait. Au jour fixé, aucun secours n'ayant paru, la place fut forcée de se rendre. Cet événement fut suivi de la destructioq des forteresses de Noyelle et de St. -Valery-sur-Somme.
Au mois d'avril 1 &2â » les Français réussirent à s'emparer de Gaillon ; la nouvelle en fut portée à P^ris au Régent par un nommé Luisarde , poursuivant d'armes de Raoul Bouteiller. Peu de temps après , ils rem-portèrent un autre avantage. Un jour qu'ils avaient fait main-basse s\]|r
sous LA DOMINATION ANGLAISE. 21 â
les troupeaux des gens de.Louviers, Godefroy Halton, qui commandait la garnison de cette ville, sortit pour leur reprendre leur butin et tomba dans une embuscade où il fut fait prisonnier avec tous les hommes de sa compagnie. Un instant , la ville de Ix)uviers resta dégarnie de soldats et exposée au plus grand danger. A la nouvelle de cet échec , les seigneurs du Conseil siégeant à Rouen s'empressèrent d'envoyer à Louviers Pierre Poolin , lieutenant-général du bailli de Rouen . et Jean de Clay , élu , avec 6 hommes d'armes et 1 8 archers à cheval. Peu de jours après , le siège de Gaillon Tut décidé. Il commença vers le 10 mai 1 li^k et se prolongea pendant deux mois et plus. La garnison capitula le 8 juillet ; elle rendit la place an Régent et se mit « en sa grftce et mercy. > Uarmée anglaise était forte de 200 hommes d'armes et de 600 archers. Thomas de Scales, chevalier banneret , la commandait. Il avait sous ses ordres Messire Raoul de Neuville, Jean Honneford et Thomas Maistresson. Les garnisons de Yernon, Gisors, Pont-de- l'Arche, Évreux, Meulan, Ch&teau-Gaillard , Mantes , Pontoise , s'y rendirent tour à tour, sous la conduite des lieute* nants Rogier, Ingyeland, de Loy. Aguillen, Edouard Pevrel, Guillaume Laiirens , Jean Cravan , Guillaume Herman , Thomas Corneville , et de Monseigneur Bishopstone. Henri Gregory y conduisit une partie de la retenue du bailli de Rouen. On y vit paraître aussi Jean Harboutelles , le maître des ordonnances du Roi , à la tète de 10 omipagnons archers. — Après la prise de Gaillon , une partie des troupes se porta au siège d'Ivry (1).
L*honneur de la prise de Guise revient au boui^uignon Jean de Luxemboui^. Mais le siège fut entrepris , en partie du moins , aux frais du gouvernement anglais et à l'aide de troupes anglaises. Le Régent envoya à Guise Thomas Rampston , avec 100 hoounes et âOO archers. Ils furent passés en revue à Goumay, le 6 avril 1 A2&, par Messire R^nauld Gray ; le 6 mai, devant le château de Wiége, par Jean de Luxembourg ; dans les premiers jours de juin, à Leschielle près de Guise, par Messire Jacques de Lévin, chevalier. Au mois d'octolMre, les assiégés furent contraints de capituler. Ils promirent au duc de Luxemboui^ de rendre la place le 1*'. mars suivant, si avant ce terme on ne venait point à leur aide. A l'é-
(1) Pierre Cochon, Chronique normande , étWt de M. Viillet <lc Virwlle, |k 4/i«.
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poque fixée , ils se rendirent Ce fut alors , dit Monstrelet , que Jean de Luxembourg prit le titre de comte de Guise. Cependant on voit que, dès le mois de février i&21 (v. st.), Charles YI lui avait donné ce comté par lettres datées de St.-Pharon-les-Meaux (Arch. imp. JJ* 172, p. 122 V.). La conduite du siège d'Ivry fut confiée au comte de Suffolk. Il avait sous ses ordres 68 lances et 20& archers à cheval. Il passa ses premières montres devant Ivry le 12 juin 1&2&. A sa retenue il faut joindre celle de Jean de Harpelay, bailli d'Ëvreux, forte de &6 hommes d'armes à cheval et de 71 hommes de trait; plus \k hommes d'armes à cheval et &A archers de la garnison de Cherbourg, amenés par Jean Colle, et 18 hommes d'armes à cheval et 5/i. archers de la compagnie de Monseigneur Guillebert de Harsalles, chevalier banneret, capitaine de Dreux. Le 5 juillet, Giraut de la Pallière, qui commandait à Ivry, promit de se rendre si, avant le 15 août suivant, il ne recevait pas de secours de Charles VIL II remit au comte de Suffolk 10 otages qui devaient répondre de sa parole. Ivry était alors une place très-forte et très-importante pour la défense de la frontière. Aussi le R^nt n'hésita pas à y envoyer ses troupes les mieux aguerries et la meiU leure partie des garnisons de la Normandie. Tous les capitaines reçurent l'ordre de se trouver àla journée d'Ivry. Le contingent fourni par le duché se composait de 53 lances , Sli hommes d'armes à cheval , 570 hommes d'armes à pied, 886 archers à cheval, 655 archers à pied, ce qui fait un total de 2,0&8 honunes. Mais ce n'était là qu'une faible partie des troupes anglaises. Un témoin oculaire de la bataille de Yerneuil, Wavrin du Fo« reste!, dans sa Chronique, nous apprend en effet que l'armée de Bedford se composait de 1,800 hommes d'armes et de 8,000 archers, sans compter les renforts qui vinrent le joindre à Évreux, sous la conduite de Lisle Adam, de Jean de Neufch&tel et de Thibaut de Montagu. On sait que l'armée française n'arriva pas à temps pour prévenir la reddition d'Ivry; qu'elle s'empara de Vemeuil par surprise , et peu de jours après, essuya sous les murs mêmes de cette ville une désastreuse défaite qui coûta la vie à 6,000 hommes, an comte d'Aumale et an connétable de France. Jean, duc d' Alençon , fait prisonnier sur le champ de bataille de Yerneuil , fut remis en garde à Raoul Bouteiller , capitaine du Crotoy , moyennant une pension de 6 1. U par jour ; c'était cinq fois pins que ce que l'on avait alloué à Jean Sarpe , l'otage de Jean de Harcourt.
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Après la bataille de Yerneuil, la forteresse d'Ivry fut démolie et rarmée congédiée. Le Régent se rendit à Rouen et peu de temps après à Paris où il convoqua les États de la France et de la Normandie, pour leur demander un fort subside.
Dans le même temps, quelques compagnies, sous la conduite de capitaines habiles, mettaient à profit le découragement que la défaite de Yerueuil avait jeté parmi les partisans de Charles YII. Suffolk fut chargé d'opérer 4a réduction de quelques forteresses du pays Chartrain, de la Reauce et du Gatinais, notamment de Nogent-le-Rotrou, de Sénonches, de Rambouillet et de Rochefort II avait avec lui quelques compagnies nouvellement arrivées d'Angleterre, sous le commandement de Guillebert de Harsalles et de Jean de Harpelay. Fastolf se porta du côté du Maine avec Scales et Messire Jean de Montgommery, capitaine de Domfront. Il entretenait 60 lances pour son compte; Scales, 30; Montgommery, 18. 11 faut y joindre
10 lances de la retenue du grand-sénéchal et de celle du bailli de Caen, 20 lances de la garnison de Vire et de celle de Honfleur, 6 de celle de St. -Lo, ft de celle d'Exmes, 3 de celle d'Ëssey et 3 de celle de Touques. — L'expédition du Maine fut poursuivie par Salisbury, Tannée suivante; on y affecta &00 lances et 1 ,200 archers. Les principaux événements qui la signalèrent furent la capitulation de Tanie, la prise du Mans, de Mayenne, de la Ferté- Bernard et de Ste**Suzanne. Le compte-journal de Pierre Surreau de Tannée 1&25 fournit peu de détails sur ces événements, soit que ce document ne soit pas complet, soit que la dépense n'ait pas été supportée par la Normandie.
Ainsi qu'on le voit, le théâtre de la guerre n'était pas en Normandie.
11 était reporté au-delà de ses frontières et chaque jour voyait s'étendre le cercle des contrées soumises aux Anglais. Toutefois, en-deçà même de ses limites, à l'extrémité occidentale de notre province, une petite place fortement protégée par une ceinture de solides murailles, par le sable mouvant des grèves et la mer qui chaque jour Tentoure de ses flots, le Mont-St.- Michel , restait invariablement fidèle à la cause nationale et bravait les menaces et les efforts de la puissance étrangère. Par un privilège véritablement admirable pendant une domination d'une trentaine d'années, lorsque tout en Normandie avait passé sous le joug, ce fut la seule place qui sut se défendre, le seul point où il fut impossible aux ennemis dé pénétrer.
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Assurément il y a dans cette longue, dans cette invincible résistance quelque chose de touchant et de glorieux. Aussi nous semble-t-il que tout ce qui s*y rapporte , tous les renseignements qui peuvent en retracer les traits d'une manière plus vive et plus précise, méritent d'être recueillis avec un soin pieux , comme un pur souvenir de patriotisme et de triomphe au milieu des revers et des défections de cette funeste époque.
Le Mont-St. -Michel a été assiégé plusieurs fois. On peut même dire qu'il a été tenu continuellement en observation par les Anglais, maîtres pendant si long-temps d'Avranches , de Tombelaine , de Pontorson et de plusieurs bastilles qu'ils avaient élevées sur divers points de la rive* Mais deux sièges surtout ont laissé trace dans l'histoire et ont droit à notre attention. Le premier eut lieu en 1&2& et 1/i25, le second en 1&27.
Le premier n'est guère connu que par un seul récit contemporain , celui de Gousinot de Montreuil. C'est à peu près'exclusivement d'après ce témoignage qu'en ont parlé les chroniqueurs et les historiens. « En ce temps , lisons-nous dans la Chronique de la Pucette, les Anglois mirent le siège par mer et par terre devant le Mont-St. -Michel; sur la mer, il y avoit grande quantité de navires et nombre de gens de guerre bien armez , habillez et garnis de toutes choses nécessaires ; or, ils environnèrent tellement ladite place, qu'il n'estoit pas possible qu'on la peust avitailler en aucune manière. Et pour secourir cette ville fut fait une armée à St.-Malo de Tlsle, de laquelle estoit capitaine un vaillant chevalier nommé le seigneur de Beaufort de Bretagne, qui fut admirai de ladite armée et fit tant quil eut des navires compétemment ; et y eut de vaillantes gens, tant d'hommes d'armes que de traict lesquels très volontiers et libéralement se mirent esdits navires ; tellement qu'ils furent bien equippez et garnis de tout ce qui leur falloit et singlerent par mer tellement qu'ils vinrent à arriver sur les Anglois lesquels se deffendirent vaillanunent t et y eut bien dure et aspre besongne ; mais enfin il y fut tellement combattu par les François que les Anglois furent delTaits et le siège levé ; et y estoit en la compagnie avec le susdit admirai le seigneur d'Aussebourg. Quand les Anglois qui estoient à terre sceurent que leurs vaisseaux estoient partis, ils s'en allèrent
« En ce mesme temps, les Anglois dressèrent et constmiwent une bastille à une lieue près du Mont-St. -Michel, en un lieu nommé Ardevon; et ceux de la garnison dudit Mont sailloient souvent et presque tous les jours pour
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escarmoucber avec les Anglois et y faisoit-on de belles armes* Messire Jean de la Haye baron de Ckiulonces estoit lors en un chasteau du Bas-Maine nommé Mayenne la Jubais, et alloient souvent de ses gens audit Mont-St.- Michel , et pareillement de ceux du Mont à Mayenne. Ledit baron sceut la manière et Testât des Anglois et fit ftçavoir à ceux du Mont quMls saillissent un certain jour, et livrassent grosse escarmouche un jour de vendredy et qu'il y seroit sans faulte; et ainsi fut fait ; car ledit de Goulonces partit de sa place avant jour accompagné de ceux de sa garnison qui chevauchèrent neuf à dix lieues ; puis eux et leurs chevaux repeurent assez légèrement ; et après ils remontèrent à cheval , en venant tout droit vei*s la place des Anglois. Et cependant ceux du Mont qui avoient bien espérance que ledit baron de Goulonces viendroit, saillirent pour escarmoucber, et ainsi firent les Anglois : et tousjours François sàilloient de leur place et ainsi faisoient AngkHS de leur part : tellement que deux à trois cents repoussèrent les François jusques près du Mont. Et lors, environ deux heures après-midy , arrivèi^nt ledit baron de Goulonces et sa compagnie , et se mit entre Ardevon et les Anglois tellement qu'ils n'eussent peu entrer en leur place , sans passer parmy les François que avoit ledit de Goulonces. Finalement , ceux du Mont et les autres François chargèrent à coup sur lesdits Anglois, lesquels se deffendirent vaillamment. Mais ils ne peurent résister et feurent deflTaits ; et y en eut de deux cents à douze vingt de morts et de pris ; et entre les antres y fut pris Messire Nicolas Bordet anglois. Puis ledit baron de Gou* lonces et sa compagnie s'en retournèrent joyeux en la place de Mayenne la Jtthais. 9
Ces deux événements, l'escarmouche à la suite de laquelle fut pris Nicolas Bourdet, et la défaite de la flottille anglaise par lesMalouins sontraj^rtés à l'année i&2d par Gouswot et par J. Ghartier. Mais c'est là une erreur: ces faits appartiennent à l'année i&25, comme on va le voir par le récit qui suit, dont j'ai emprunté les ^ments à des documents parfaitement ajilhentiques, aux comptes de la Recette générale de Normandie des années U2& et«&25.
Le ik avril 1&2&, le Bégent avait écrit au gouverneur des finances de Normandie de payer à Thomas Bourgh, capitaine d'Avranciies, 1,000 écus d'or à employer en certaines besognes et affiiires pour le siège du Mont-St.- Micbel. Gette somme parait avoir été le prix d'une trahison. Totqours est-il
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que nous voyons un Français, Henri Meurdrac , la recevoir • moiennant cer- « taiues promesses et convenances touchant la reddicion de la ville du Mont- « St -Michel. » Il s'engagea à restituer Targent si le projet venait à échouer; et, comme garantie de ses engagements, il remit aux mains du capitaine d'Avranches son neveu Raoulet Meurdrac, dont la garde fut confiée à Jean Bourdet, écuyer, lieutenant de Nicolas Bourdet, chevalier, bailli du Gotentin, capitaine de Carentan etde la bastille d'Ârdevon, moyennant 6 1. par mois. Nous ignorons en quoi consistait le plan de Meurdrac ; il est certain qu'il ne réussit pas : il fallut s'en tenir au moyen ordinaire, à la force des armes.
Le siège du Mont-St. -Michel du c6té de la terre fut confié à Nicolas Bourdet. Ce capitaine avait sous ses ordres &9 hommes d'armes et vingt-six archers à cheval. II. vint s'établir à la bastille d'Ârdevon à la fin d'août 1&26.
Vers le même temps, le 26 aaûtj Bertin de Eutwesalles, lieutenant en Normandie de l'amiral , reçut Tordre de tenir le siège par mer avec 2S hommes d'armes^ 8& archers et 2& mariniers. Il passa ses premières montres le 8 septembre l/i2/i. Mais il ne paraît pas qu'on ait rien tenté de sérieux avant le printemps de l'année suivante.
Robert Jolivet, l'intime conseiller de Bedford, était plus que personne / hitèressè à ce que le Mont-St -Michel tombât au pouvoir des Anglais. C'était son abbaye, et il l'avait gouvernée avec honneur avant de se ranger du côté des ennemis de la France. Aussi le voyons-nous nommé « commissaire du Roy ou pais de la Basse-Marche pour le recouvrement de la place du Mont- St. -Michel. » Il fut chaîné de diriger les opérations,, d'ordonner les dépenses, d'assister aux montres. Il était investi de cette fonction, peu compatible pourtant avec le caractère sacerdotal , dès le mois de mars 1 &25. Il passa la revue des hommes d'armes à Ouistreham, le 21 avril ; celle des nefs à Régneville, le 8 mai; celle de la retenue de Sufiblk, le 13 juin. — Guillaume Biote, vicomte de Carentan, fut spécialement chargé de veiller au paiement des frais du siège. 11 commença son service le 12 septembre l&2/i.
Sur le rocher de Tombelaine, entre le Mont-St. -Michel et la mer, il y avait, sous les ordres du capitaine Laurent Haulden , une garnison considérable pour le temps. Elle se composait, en 1 i!i2/i, de 30 hommes d'armes et de 00 archers à cheval ; elle fut successivement augmentée, portée à
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56 hommes d*armes et à 101 archers à la Qn d'avril 1&25 ; à 73 hommes d'armes et à 127 archers à la fin de mai ; à 72 hommes d'armes et à 150 archers vers la mi-juin,- Peut-être encore ne faut-il pas comprendre dans ce nombre 12 lances et 36 archers à cheval qui vinrent servir, pendant deux mois, sous les ordres de Jean Seacle et de ses lieutenants, Thomas Hamsefordet Baudouin Athellée. La retenue de Laurent Haulden formait une partie de ce que Ton appelait l'armée de mer. Elle devait combiner ses opérations avec celles d'une flottille composée ainsi qu'il suit :
Navire amené au siège devant le Mon t-St. -Michel par Richard Powoir, écuyer, au mois de mars 1&25. Importance de l'équipage et durée du service indéterminées.
Trois navires venus de Rouen , l'un commandé par Guillaume Brest , breton , et monté par neuf compagnons ;
L'autre commandé par Wautier Benoist, anglais, et Jean Godin marinel ;
Le troisième, par Denis Baillet et Denis Desmons. Us arrivèrent dans les premiers jours d'avril. Importance de l'équipage et durée du service indéterminées.
La Chrisiofle de Dausque, en Allemagne, hourque commandée par Mathieu de Luccesenson, a/ta^ Lutesson , montée par &0 compagnons, et conduite par deux lamans : Olivier Capuchet et Cardin Tiron. Trois mois de service, du 1& avril au 1/i juin 1&25.
La Marie de Londres , barge dont était mattre Richard Rou , homme d'armes. Il avait avec lui h côntre-mattres , 1 charpentier de nefs, 49 compagnons, mariniers et gens de défense. 3 mois de service, du 11 avili 1&25 ' au 16 juin 1&25.
La Trinité d'Orweul, nef d'Angleterre de vr' tonneaux, montée par Wautier du Bois, mattre , et 29 compagnons, mariniers et gens de défense. 3 mois de service , du & avril au 16 juin 1&25.
La Gorge de Wisesfoy , nef d'Angleterre , montée par Ricard Seneylam, maître, et 19 compagnons. 3 mois de service, du 11 avril 1/|25 au 16 juin U25.
Le Thomas de Portsamour (1 ) , baleinier monté par Vautier Benest , maitre, et & hommes. 3 mois de service, du 17 avril au 16 juin.
(O Portsmoalh.
220 DE l'administration de la noamandie
La Christoflede Milebloa, baleinier d* Angleterre, do port de dO tonneaux, monté par Jacques Apaurisson, maître, et 20 compagnons. 1 mois de service , du 12 avril au 19 mai.
La Trinité^ baleinier de Dieppe, du port de A5 tonneaux, commandé par Jean Doubte, maître; A contre-mattres et 33 compagnons. Deux lamans le conduisirent d*Oystrebam devant le Mon t-St. -Michel, vers la mi-avril. 1 mois de service.
Faissel de Granville, de 15 tonneaux, monté par Damours le Bouffy et 17 hommes de défense, tant mariniers que gens de trait. 1 mois de service commençant le 8 mai 1/^25. La montre eut lien à R^eville par-devant rabbé du Mont-St. -Michel.
Bai^e de 60 tonneaux , ef baleinier de 31 tonneaux , montés par Roger Kyde , boui^eois de Hautonne (1), maître, par 13 honunes d'armes et 66 hommes de défense, tant archers que mariniers. 2 mois de service commençant le 23 avril 1A25.
Baleinier ou galiote de Blainville , monté.par Thomas Faovel , maftre , et 16 compagnons de défense. 2 mois de service commençant le 7 mai
Trois baleiniers de Quesnerie , la Pitié , la Marie , la Trinité , montés [)ar trois capitaines : Denis Le Marchant , Pierre Nicolas et Hemon Henry, écuyers, 29 hommes d'armes et 91 hommes de défense , tant archers que mariniers. Leur service commença le 17 mai l/i25.
La Marie ^ de Caen , galiote montée par Jean Caumartiu , capitaine ; Michel Guillot , maître ; 8 hommes d'armes , 12 mariniers et gens de trait. Elle fut conduite par deux lamans de la baronnie de Saint-Pair : Robin Hoquigny et Jean le Mengnen. Les premières montres eurent lieu à Régneville , le 5 juin 1 A25 , par-devant Guillaume Biote. I^ service de la galiote avait commencé dès le 8 mai 4 &25.
Les montres et le service cessant vers la mi-juin , on doit supposer que Fattaque de la flottille anglaise, par les vaisseaux bretons, dut avoir lieu vers cette époque. Ce fait suivit la défaite de Tarmée anglaise sur la grève du Mont-St. -Michel, et la prise de Bourdet, qui avaient eu lieu dans les premiers jours de tnai.
;l; Souiiiaoiplon«
SOt}S LA DOMINATION ANGLAISE. 221
Ce double échec ne fit point abandonner le si^. Peu de temps après It prise de Bourdet , le 21 mai , le Régenf nomma le comte de Suffolk « gouverneur et capitaine général des gens d'armes et de traict ordonnés tant pour la bastille édifiée à Ardevon que pour destraindre et assiéger par mer la place du Mont-St. -Michel. ■ Il avait soud ses ordres 100 hommes et 800 archers à cheval , ainsi répartis : à la bastille d'Ârdevon , 60 hommes d'armes et 120 archers; même nombre au navire qui serait ordonné. Le reste devait raccompagner dans les chevauchées. Nous voyons pourtant qu'il n'eut d'^rd que 60 hommes d'armes et 180 archers , et qu'il ne fut plus question d'équiper une flotte pour bloquer le Mont-St. -Michel du côté de la mer. L'abbé du Mont-St. -Michel trouva que la retenue de Suffolk était insuffisante. Le 19 juin , il décida qu'elle serait augmentée pendant sept mois, à compter du 1". juillet, de &0 lances et de 120 archers , t attendu la puissance que l'on disoit que les ennemys du Roy avoient es parties d'environ ledit Mont-St. -Michel. » Les forces de Suffolk furent alors ainsi réparties :
Pour tenir le siège du Mont-St. -Michel par terre , &0 honunes d'armes et 120 archers à cheval, 10 hommes d'armes et 30 archers à pied;
A Tombelaine, 15 hommes d'armes et AS archers à cheval, 15 hommes d'armes et &5 archers à pied ;
Pour l'accompagner aux visites des places et au gouvernement du pays des Basses-Marches de Normandie , aux bailliages de Caen et du Cotentin, 20 hommes d'armes et 60 archers à cheval.
La retenue de Suffolk fut maintenue à ce chiffre aux mois d'août et de septembre; mais, à partir de la St. -Michel, elle fut diminuée. Suffolk s'engagea à tenir le siège , pendant une année , devant le Mont- St. -Michel ; il devait entretenir 40 hommes d'armes à cheval et 10 hommes d'armes à pied , et les archers à proportion à Ardevon ; pareil nombre à Tombelaine. Il pouvait prendre , sur ces garnisons » 20 hommes d'armes et 60 archers pour l'accompagner dans les chevauchées.
De Tannée 1&25 , où la domination anglaise atteignit en France, par suite de ses victoires, l'apogée de sa puissance , je passe à l'année 1 429 , qui vit paraître des signes éclatants de sa ruine prochaine. L'opinion que la ma jorité de la nation s'était formée, sur l'issue définitive de la lutte, se trouva modifiée complètement et contre toute attente par la manière dont
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se termiDa le siège d'Orléans. Ce si^e, par les circonstances merveilleuses qui raccompagnèrent, par Timmense retentissement qu'il eut dans toute TEurope, devint Tévénement capital non-seulement de Tannée 1&29, mais encore de toute la première moitié du XV*. siècle. Dans le temps où on Tentreprit, le parti de Charles YII était doublement ruiné par la déconsidération et par la défaite. Bedfort , voyant le moment arrivé de lui porter le dernier coup , fit venir d'Angleterre une armée nombreuse composée de soldats d'élite et commandée par un des plus habiles généraux de l'époque, le comte de Salisbury. Il l'avait renforcée , quand elle fut débarquée en France, de bOO lances et d'un nombre proportionné d'archers, dont la moitié était aux frais de la Normandie. Le but de l'expédition , tel qu'il avait été annoncé aux États de cette province, consistait à achever la conquête de l'Anjou et du Maine par la prise d'Angers. Mais un autre plan de campagne fut imposé au Régent par le Conseil d'Angleterre. Ce ne fut pas sur l'Anjou, ainsi que tout le monde s'y attendait, que les troupes furent dirigées , mais sur l'Orléanais , contrée épai^née jusqu'alors par égard pour le duc d'Orléans , captif en Angleterre depuis la journée d'Azincourt. Au mois d'août li!i28 , l'armée entra en campagne. Les endentures avaient été conclues pour quatre mois, durée présumée de l'expédition. On comptait bien que tout serait fini vers la fin de décembre, et les débuts, il faut en convenir , furent de nature à confirmer les Anglais dans cette croyance. Ils s'emparèrent, presque sans résistance, de la plupart des forteresses de l'Ile-de-France et de la Beauce, notamment de Janville, de Meung, de Beaugency, de Marchenoir et de Jargeau. Le 12 octobre, ils vinrent prendre position devant Orléans, du côté de la Sologne ; quelques jours après, les tourneiles qui défendaient la tête du pont étaient enlevées, et déjà Salisbury, sur l'assurance que lui en donnait un de ses meilleurs capitaines, pouvait se croire maître de la place, lorsqu'un boulet lancé par hasard l'atteignit au visage et lui fit une blessure dont il mourut au bout de quelques jours. Cette perte, si considérable qu'elle fût, n'abattit pas le courage des Anglais. Il y avait, pour les eonunander, d'autres généraux dont le nom s'était rendu fameux dans la guerre : tels étaient les lords Guillaume Pôle, comte de Suffolk, Jean de Talbot, et Thomas de Scales, auxquels le Régent confia la conduite du siège. Lui-môme se transporta de sa pei-sonne à Chartres, pour être plus à portée de surveiller