SUR UN MANUSCRIT D£ LA COUTUME DE NORMANDIE. 2S
Et se Q fault à aucune de ces articles, le sergent ou le seuescal Feu puet tantost reprendre et monstrer au sergent en quoy il a failly dont il est prest d'atendre droit. Et sur le débat, le jour doit estre assigné à iceulz par le sergent as premiers pies, et recorder en quoi le segnour dit que Tomme avoit failly , et sur ceu fait Ten droit as parties. Et se Tomme ne fault de riens , le sergent le Roy lour donrra jour.
Et quant il seront ainssi. Tomme doit recorder par bouche de plaideour ou par soy, se il soit et se il veult tout Terrement dont l'en li a fet tort en la court son segnour et puis le commandement de justice, c et pour ce suis je parti de sa court ; si m*ait Diex et ses Sains. >
Et le tesmoing doit mettre la main sur le livre et doit dire : « C'est voir ce que il a dit, que je le vi et oy , et ainssi m'ait Diex et les Sains. > Et lors demandera Tomme au sire que il li fâche di*oit et reson. Et le sire dira à Tomme que il ne plaidera en sa court devant 1 an et 1 jour , pour ce que son segnour Taira.
En cest forjurement est escript 1 point devant contenir que Tomme doit requerre au sergent que il li face court , et il li doit faire avant que il li baille le livre : et le sei^ent li doit après esclairier ce que il a fet court. ^
Vincent contredit en plainne assize à Gervais que puisque tesmoing avoit porté la garantie en court, que jour estoit assigné de forjurer sa court, il n'avoit mes que faire de tesmoing , et que il ne convient point que il soit en la court pour jurer, ne que il jure.
Aucuns dient qu'il convient que Tomme jure en ceste forme quant il aura recordé le tort que Ten li aura fet. Il doit ainssi dire : c A vous le di« sergent , que parle deffaut de droit me part je de ceste court, et plus m'en poise que il ne m'en est tel ; si m'ait Diex et ses Sains et tous aultres. »
Monseigneur Hue Duquesne disolt qu'il ne convenoit pas au tesmoing dire fors , sans plus : c C'est voir que il dit , et prest sui de faire en à Tesgart de la court. » Et quant il convenoit que il jurast , si convenoit il fors que il jurast que il porteroit bonne compagnie et loyal à son ensient.
Robert Lecaue, li, disoit et maintenoit devant le vicônte de Rouen qui à ce s'accordoit , et aussi faisoient les aultres plaideours , que au jour assigner à la court forjurer, se Tomme entroit en la court du segnour, ne en Tostel sans congié, il renoncboit à son segnour, et aussi se il ne
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récitoit te jugemeot que il disoit que Yen li avoit ^et par sa propre bouche , jascHt ce que aucuns dient que plaideour le puet noter mot à mot devant.
Ce est la manière de forjurer la court de son segnour , ce est se le sire fet tort à celui qui est son omme : Tomme doit aler au sergent le Roy dedens les x jours dessus nommés , et li doit monstrer , et lors doit aler le sei^nt le Roy et Tomme là où il dit que le tort li fut fet , et doit mettre Tun pié dedens et Tautre dehors , et doit dire et jurer sur le livre que le sergent tend âinssi : « Par les Sains que yci sont , et par tous aultres , de ceste chose , en ceste manière , me feistes vous tort » Et doit dire par quoy ; et lors doit le sergent mettre jour au segnour et à Tomme as premiers plès ; et lors doit le sergent recorder ceu que il jura de quoy Ten li avoit fet tort ou non. Se il ne li fist tort , Ten revendra arrière à la court au segnour , et illeuc Tamendera il griefvement au segnour : et se il li a fet tort , le segnour ne congnoistera plus de celle querele.
Après ce chapitre, le manuscrit contient Les droit et la causiume (fOléron, divisé en vingt-cinq chapitres.
Puis viennent les décisions suivantes, inscrites sous le titre commun de :
ARRES D'ESGHIQUIER.
En Teschiquier de Caen furent les arrés fais et rendus qui ci après ensuivent ; si comme G. Savari, bailli de Eu prononcha en ses plès à Blangi, Tan MCCCLXXIIII.