‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 134 sur 216 · LE V1£UX ROUEI^ ET SES MONUMENTS · texte numérisé non relu

LE V1£UX ROUEI^ ET SES MONUMENTS

la jeune Faustine occupe le revers de la médaille , qui a pour tonte légende» de ce côté, le mot : fecynbitas.

Le dernier des bronzes trouvés dans cette fouille a cela d^intéressant , qu'il porte TeflSgie et le nom de Tun des deux Théodose. On sait qu'il est généralement trèsnlifficile de faire Tattribution de ces monnaies soit à Tbéodose I*'., dit le Grand ^soil à son petit-fils, Tbéodose II, que Ton aurait pu surnommer le Niais. . . La médaille dont il s'agit est d'ailleurs remarquable par sa belle conservation et l'éclat de la patine verte qui la recouvre entièrement Bien que le diamètre de cette pièce soit inférieur à celui de nos centimes modernes (1) , ses reliefs sont cependant d'une délicatesse et d'un fini d'exécution assez remarquables. Sur l'avers m trouve le buste drapé de l'empereur , dont la tète, tournée à droite, est ceinte d'un diadème à double rang de perles , sous lequel se dessinent tous les détails de la chevelure. Voici la légende circulaire : d. n. thboposivs. p. F. AVG. , qu'on doit lire : Dominus nosier Theodosius^ pius, felix, au^ gustus.

Au revers , le champ est occupé par une figure ailée de la Victoire , pas* saut à gauche ; elle porte à la main droite une couronne ; on lit autour de ce sujet: vigtoiua. avggg., Victoria Augustorum.

Les lettres p. gon -^ (percussa dmstantincpoli ) ^ qui sont visibles à l'exergue, témoignent que la jolie médaille de ce Théodose. .. , empereur d'Orient, fut frappée à Gonstantinople , sa capitale.

S'il est impossible de déterminer , d'une manière absolue , l'ftge de ce bronze , il est au moins certain qu'on peut le fixer entre les dates suivantes : Théodose I". fut prodamé empereur, comme collègue de Gratien (3) , l'an ft79 de l'ère vulgaire. Après la mort de Gratien, arrivée en 383, et celle de son frère Valentinien II, qui eut lieu eu 39&, Théodose se trouva seul maître de l'Empire ; mais il mourut le 15 janvier de l'année suivante, c'esh à-dire en 395.

Quant à Théodose II , fils de l'empereur Arcadius et petit-fils du pré^ cèdent , il naquit en 399 , et monta sur le trône en iS^OS. Ce fantôme de prince , incapable autant qu'il était faible, se laissa gouverner pendant toute

(4) Ce diamètre n'est que de douxe millimètres , tandis que nos centimes actuels en portent quinte. (2) Les médailles & TeiEgie de l'empereur Gratien sont, jusqu'à ce jour , les moins anciennes de toutes celles dont il a été possible de recueillir un certain nombre dans les ruines romaines de Rotomagus.

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sa Tie, d*abord parle sage Anthémius, son premier ministre; ensuite par plusieurs intrigantsqui s'emparèrent de lui ; notamment la princesse Pulchérie, sa sœur aînée , qui dirigea son éducation et fit du jeune empereur un moine fanatique plutôt qu'un souverain éclairé. La rédaction du fameux Gode Tbéodosien , terminée en &â8 , est le seul événement de quelque importance qu'on trouve à citer dans tout ce règne si complètement négatif, qui dura quarante-deux ans.

Tandis que l'empereur occupait tout son temps à faire de la théologio controversiste, soit dans un sens , soit dans un autre , et à soutenir des disputes futiles ou ridicules, l'invasion barbare avait pris des proportions formidables, même en Orient. Les premières incursions des Allemands dans les Gaules dataient de l'an 259 ou 260 (1). Quelques années plus tard , vers 277, l'invasion se généralisa; les Franks et principalement les Saxons envahirent par milliers les côtes du littoral de la Manche , dont tous les ports furent remplis de ces redoutables barbares (2). Repoussés victorieusement par l'empereur Probus, après plusieurs combats meurtriers, ils reparurent dans les dernières années du 111*. siècle, mais sans pouvoir pénétrer à l'intérieur du pays, le valeureux Carausius, empereur de la Grande-Bretagne, s'étant constamment opposé à l'invasion (3) ; mais après la mort de ce guerrier, les Allemands et les Saxons transformèrent bientôt la Gaule en un vaste désert inculte et silencieux comme la tombe.

Nous avons vu que Constantin P'. chassa des Gaules , à son avènement, ce fléau de l'humanité ; ce qui n'empêcha pas notre malheureux pays de redevenir, pendant le règne de Julien II , un monceau de ruines fumantes.

En l'année 36S, les Franks et les Saxons, dont les barques couvraient la mer et les fleuves , vinrent encore désoler notre province par des massacres et des incendies épouvantables (ft).

Quelques années plus tard, Latinus Pacatus , célèbre orateur latin de la Décadence, écrivait à Tbéodose-le- Grand , dont il fit le panégyrique, les mots sui vantSt qui peignent si bien la triste position du pays :

t L'Italie et l'Espagne ont leurs maux , lui disait-il , mais elles ont aussi

(1) EosèiB, Ckromiea, apnd D« Bouquet, t I ; -• Paul Otoai* Hùtar. lib. VU , Ibid. (î) Paul OnoiB, Hûtor. lib. VU; ~ Eiskas, Ckt'onieaj apad a Bouquet.

(8) Paul Onosa» BUtor, lib. VII, apud D. Bouquet {— Claude Mambrt, Pané^%iquêy Ibid., L I, p. 710.

(â)-AMHiBâ»HâacBLLiM, Ibid.

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