LE VIEUX ROUEN ET SES MONUMENTS
« leurs consolations : là , le mal public commence et finit ; mais en Gaule, « où il semble avoir fixé son siège » il est éternel ! L'or est arraché du sein « des mères , et les pierreries sont enlevées de la tète des enrants (1). >
Quelque navrants que puissent paraître les ravages précédemment énumérés , d'autres malheurs plus grands et plus terribles surtout devaient accabler encore la Gaule , sous le règne d'Honorius , empereur d^Occident, tandis que l'inepte Tbéodose II régnait, comme nous savons, sur TOrient. Un déluge de barbares , plus féroces les uns que les autres , sort à la fois de tous les points de T horizon pour venir accabler de leur rage et de leur fureur les Gallo-Romains en général , et particulièrement ceux de notre province Lyonnaise, ainsi qu'on va le voir.
La plus effroyable invasion de cette triste période fut celle qui eut lieu pendant les années 607 à lii^ t et dont saint Jérôme nous a conservé les poignants détails dans une de ses lettres :
c Des nations féroces et innombrables , dit -il , ont occupé toutes les « Gaules : tout ce qui se trouve entre les Alpes et les Pyrénées,entre l'Océan « et le Rhin, est dévasté par le Quade, le Vandale, le Sarmate, l'Alain» c le Gépide, l'Hérule, le Saxon, le Bourguignon, l'Allemand. Tout est c ravagé dans les Aquitaines , la Novempopulanie , les Lyonnaises et les c Narbonnaises , à l'exception d'un petit nombre de villes que le glaive < menace au dehors et que la faim tourmente au dedans (2). »
Ces quelques lignes semblent avoir été écrites pour dépeindre spécialement la situation de Rotomagus , au Y*, siècle.
Pour se faire une idée des malheurs de ce temps , des moyens de destruction mis en usage par les barbares , il suffit de voir, dans la collection spéciale dont nous avons parlé , l'état où se sont trouvés réduits, par l'action du feu , un grand nombre de corps assez difficilement attaquables par cet agent dans les circonstances ordinaires (â) .
(i) LATiiitS PACATtft, Panégyrique de Théodo$e , %pad D. Bonquet» t I.
(2) Sahcti HmùHiui Epiitola ici, apiid D. Bouquet, t I, p. 7&6; — De C&tiaoïfT, Caun èTantiquité* monumentaleê, 8\ ptrtie» p. 559 et 540.
(8) Ma collection particalière, composée d'objets ou de fragrocats antiques « au nombre de dlià dooie mille, presque eidusivement recueillis dans le sol de notre ville de Rouen , présente en effet des esemples remarquables de fusion sur des substances très-diverses; voir le Journal de Rouen du 20 jnlllet 1859. Je Tiens de recueillir, dans la rue Impériale (côté ouest ) , un pen au-dessous de St*Ai|iaad , vert le sud» plusieurs grands bronzes, du Haut-Empire, qui se trouvaient enfoub tous un amas de cendres et de charbons. Ces médailles ont élé en partie fondues ou excessivement altérées par le feu ; des charbons et dea débris céramiques adhéraient fortement au bronze avant son décapage par Tammoniaque liquide^