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RECUEILLIS ET ARKOTÉS
PAR M. DE PONTAUMONT,
Membre de la Société.
En 1378, le siège du château de Cherbourg par les Français avait été malheureux. Robert de Ros, vigoureux chevalier du roi de Navarre, y était enfermé avec les Anglais ; il faisait avec eux, nuit et jour, des sorties contre les assiégeants. Olivier du Guesclin, frère du Connétable, qui commandait le siège , cacha une partie de ses gens dans des murailles ruinées du château et attira dehors, par stratagème, les Anglais et les Navarrois. Le choc fut terrible et vaillamment soutenu de part et d*autre, mais désastreux pour les Français. Olivier du Guesclin fut pris par un écuyer de Navarre, nommé Lecoq, et conduit en Angleterre, oh il fut rudement rançonné.
On regarda Cherbourg comme imprenable, et les Français, manquant d'argent, se replièrent sur St.-Sauveur-le-Vicomte, les Ponts-d'Ouve et Carentan.
Charles Y, pour remédier à cette pénurie, adressa au bsAWi de Rouen les lettres-royaux ci-après relatés. Le roi expose, qu'à raison de Thiver, le siège de Cherboui^ n'a pas eu le résultat espéré; que les machines de guerre conduites devant cette ville , tant par terre que par mer, n'ont pu assurer le succès; que, changeant d'avis pour le moment, il avait fait rétrograder ses gens d'armes et arbalestriers vers le Colentin pour l'occuper, de là tenir en
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bride les garnisons du château et ville de Cherbourg et sauvegarder ses sujets de leurs excursions ; que cette occupation du Gotentin coûtait beaucoup ; que les aides ordinaires du pays n^y pouvaient suflSre; qu'une assemblée de gens d'église et de conseil avait eu lieu à Caen, sous la présidence du Conné* table ( du Guesclin ) , le 12 décembre 1377 ; qu'elle avait été d'avis que, pour maintenir l'occupation susdite, en vue de « l'approuchement du chastel et ville de Chîereboure », il y avait lieu de lever deux aides au pays de Normandie et ailleurs : le premier, le 15 mars 1379; le deuxième, le dernier jour d'avril suivant.
Sont taxés en gros les habitants du bailliage de Rouen , ceux du bailliage d'Évreux, de la comté de Harcourl, de la vicomte de Conches, de la terre de Dampville, pour une somme de 33,600 fr. Ordre de verser les deniers à Etienne Fontraut, nommé receveur-général de cette aide. Voici le texte de ces lettres-royaux, datés de St.-Germain-en-Laye :
t  honnoarable homme saige et ponrvea Jehan Gontier, viconte et recepveur « Dorbec, Guieffiroy Legras et Dreaet Le Viel, commis en cette partie de honnoara- « bies liommes et saiges Guy Grestieo, bailli de Rouen et de Gisors, et Richard de « Cormeilles, commissaires du roy, nostre sire, en ceste partie, si comme il appert c par le vidice de leor commisicion de quoy la teneur enssuit: A tous cenx qai ces « lettres verront ou orront, Jehan Auber, viconte du Pont-de*rArobe» salut, savoir « faisons que aujourdhuy nous avons leaes unes lettres da roy, naître sire , saines et « entières en queue pendent et cire jaune contenant la somme qui enssuit : Charles, « par la grâce de Dieu roy de France, au bailli de Rouen et de Gisors et à Richart de ^( CormeiUes, salut. Comme pour certaines et justes causes qui ont esté adviséeset a desclarées à nostre conseil, nous eussions nagalres vouUu et ordonné par grant et « meure dellibéracion de nostre dict conseil faire apronchier à grand nombre de gens « d*armes et arbalestriers le chastel et ville de Chiereboure, et en accomplissant nos- " tre dicte ordonnance, nostre amé et féal connestable ait esté par aucun temps au « nombre des gens d'armes et arbalestriers que nous y avons fait tenir devant le dit « cbastel et viUe de Chiereboure , tendant aiDn de mettre formeementle siège devant « iceux et y faire mener et aproucbier plusieurs grands engins , canons, manteaulx, * apparaulx et moult d'autres abillements que nous avons fait mener près dinec, < tant par mer comme par terre, pour plus grever nos ennemis estans iUec, se le temps « eust esté adce convenable. Mais pour la saison et le temps qui est bas et frois et ( moult contraires au fait dessus dit, ayons advisé une autre voye et nos gens fait « rettraite jusques h brief temps que nostre entencion et volonté est de remettre le )( fait sus au greignouz eiTors de gens d'armes et arbalestriers que nous pourons^