‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 149 sur 216 · SUR LB SIÈGE DE CHERBOURG EN · texte numérisé non relu

SUR LB SIÈGE DE CHERBOURG EN

pour assoir au plésir de Dieu mettre en nostre obbéissance les diz chaste! et ville de Ghiereboure ; et jusques alors ayons fait mettre gnrant establie de gens d'armes et arbalestriers en clos . de Costentin pour destaindre les tenans et occupaos les diz cbastel et ville de Ghiereboure, et que en aucune manière ils ne puissent grever

ou dommagier aucuns de nos subjiez ; et pour ce. fait cela frontière que nous

faissons la tenir nous ont esté et sont de très-grand couU, ce que longuement ne les pourrions continuer ne les aides du pays fournir, avons fait assembler à Caen un général conseil tenu par nostre dit connestable le xn\ jour de décembre derrain passé, tant de gens déglise et gens de conseil comme de moult d'autres en la présence duquel plusieurs choses ont été exsposées et dictes touchant le fait de nostre guerre et espécialement du fait dudit Ghiereboure, par lequel conseil en la dicte générale assemblée advisé fu pour continuer et fournir le paiement des gens d'armes qui sont en la dicte forteresche, remettre le fait sus de l'apronchement du dit chastel et ville de Ghiereboure, le fait de nos aides ne pouvant pas assès suffire, sans l'aide, noz bons subjés qui présentement advisèrent et conseillèrent que une aide se leveroit en nostre pais de Normandie et en aucuns autres lieux dehors icellui pais, dont le premier terme du lever commenchera à la quinzaine de mars prochainement venant, et le secont et le derrain paiement en laffîn du mc^ d'avril dilLec prouchainement enssuivant« Et en sont tauxés en gros les habitans de vostre dit bailliage de Rouen et les habitans du bailliage Devreux , la conté de Harcourt, la viconté de Gomches et la terre de Dampville en la somme de trente trois mille six cens francs, hors la ville de Rouen, si comme il vous est apparu ou apparoira par le roulle de l'assiette qui a esté faicte et devisée par les vicontés et terres dessus dictes. Si vous mandons et commectons, estroitement enjoignons tant et sy avant comme plus povons, que par les vicontés et parroisses des diz bailliages et terres, vous assolés ou faictes assoler la dicte somme de trente

trois mille six cens frans le plus tôt que vous pourries sur les héritages des

dictes vicontés, terres et parroisses dicelles. £t les assiettes que faictes en aurés, baillées soubs vos seaulx aux commis de par nous, à faire en la recepte qui en feront le paiement à Estienne Fontrant, lequel est establi receveur général du dit fait et de contraindre ou faire contraindre tous ceux qui aucune chose en devront , vous avons donné et donnons plain povoir et commission et à chacun de vous et

mandons à tous noz subjiez que à vous et à chascnn de voz commis et

députés en reste partie entendent et obbéissent diligamment et vous prestent conseil, conflbrt et aide se mestier en avés et requis en sont Donné à Saint-Germainen-Laye, le xxyi*. jour de décembre. Tan de grâce mil cccLZXvia , le xv*. de nostre resgne. Ainsi signé par le roy. - h ,Gehb. »

A la suite de ces lettres se trouve une déclaration du vicomte d'Orbec, conçue en ces termes :

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c Ed tesmoing de ce» nous, viconte dessus ^It, avons mis à ces lettres le scel de

la dicte vlcooté , le x*. Jonr de février, Tan mil cccx salât Noos avons recen

les lettres de mandement de noz diz seigneurs, les commissaires, daquel la teneur en suit : Guy Crestien, bailli de Rouen et de Gisors, et Ricart de Cormeilles, commissaires du roy, nostre sire, en ceste partie, à Guiefray Legras et Drouet Leviel, salut. Nous vous mandons et commettons par vertu du povotr à nous donné duquel nous vous envolons le transcript, vous faces assiette de la somme de chinq mille

francs sur les habitants des paroisses de la viconté Dorbec a ordonné estre

cuillie et levée ceste fois sur les diz habitants de la viconté Dorbec pour le fait de Chiereboure, et Tassiette que faicte en aurés, baillés soubs les seaulx au Vlconte

Dorbec qui i est commis par lettres à faire en la recepte à deux poiements ;

c'est assavoir à la quinzaine de mars prouchainement venant et en laffin du mois d'avril enssuivant Donné à Rouen, le vu*. Jour de février. Tan mil cccLXXvm,

Et toutes voiz en la dicte somme comprins les terres de St Evroul, Bemay et

Manneval ne en Tassiette dicelle faisant Donné comme dessus. Ainsy signé» R. Brunel, par vertu desquellez nous avons faicte assiette en vostre dicte viconté de la dicte somme de chinq mille francs, si comme il appert par les parUes contenues au roulle auquel ces présentes lettres sont annexées. Si faictes la recepte de ce jouxte

ce que les lettres du roy le contiennent et lesquellez vous ont esté envoiées.

choses cy dessus vous tesmoignons estre vrayes. En tesmoing de ce, nous avons sellé ces lettres de nos propres seaulx, qui furent ùictes le premier Jour de mars, Tan de grâce mil ccglxxviii (1). t

Par suite de la réalisation de cette aide , le siège du château de Cherbourg put être repris en 1379 ; mais il ne fut pas plus heureux que le précédent Guillaume Des Bordes, vaillant capitaine français, commandait T enclos du Cotentin et ses forteresses. Les Anglais de Cherbourg désolaient toujours le pays d'alentour et notamment le Cotentin qui , au dire de Froissait , était le plus gros pays du monde (livre I". , 2*. partie) . Des Bordes^ accompagné d'une troupe nombreuse et d'archers génois, vînt à Monteboui^ pour couvrir le pays. Jean de Harleston , capitaine de Cherboui^, nouvellement venu d' Angleterre, un chevalier de Savoie nommé Grantçon et les Anglais Aubourg et Oursellé allèrent à sa rencontre. On se battit Des Bordes , armé d'une hache, se jeta dans la mêlée et fit des prodiges de valeur et de vigueur. Jean de Harleston fut renversé par terre , mais put être relevé.

(t) M. Dubosc, arcbifiste de la Manche, a bien voula me signaler, daos les arcliives départementales, à St-Lo, les deux pièces qui précèdent

SUR LE SliGB DB CHERBOURG EN 1378. 367

Enfin, Des Bordes, accablé par le nombre» fut pris par un écuyer du Hainaut nommé Beaulieu et amené à Cherboai^.

Cette déconfiture eut lieu entre Montebourg et Cherbourg, le jour St- Martin-le-Bouillant (& juillet 1379).

En apprenant cet échec, Charles V envoya , avec Jean de Vienne et Vremelles» des renforts à Monteboui^ pour couvrir de nouveau le Gotentin ; mais peu après ces troupes reçurent Tordre de quitter Montebourg et de se borner à occuper fortement les Ponts-d'Ouve, Carentan et St.-Lo.

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