‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 176 sur 216 · ET LA MORT DE DUBOURG · texte numérisé non relu

ET LA MORT DE DUBOURG

« A une demande pourquoy il a voit attaqué la France, a répondu : c Qu'à la vérité, il y a des traicts critiques contre la France, mais luy « Duboui^ soutient que ces traicts envisagés dans leur véritable point de « vue doivent plutôt être appelés railleries que traicts satiriques ; que luy

* Dubourg connoit des écrivains, que ces écrivains sont encore en vie , « que ces écrivains ont fait au milieu de Paris et sous les yeux de la Cour « des ouvrages plus satiriques que Le Mandarin.

• A une autre demande, a dit :

« Qu'il n'avoit jamais eu aucune espérance fondée sur des satyres contre des princes de TEurope et que si, dans son ouvrage, après en avoir excepté la Clé qu'il désavoue et les changements dont il a parlé ci-dessus, il se trouve encore des traicts indécents contre quelques princes, il est d'autant plus malheureux qu'il est tombé dans la faute dont il se croyoit le plus éloigné ; qu'il est bien asseuré que c'est la première et la dernière fois qu'il se rendra coupable d'une pareille faute ; qu'il proteste qu'il n'y a aucun François, tant de ceux qui résident en France que de ceux qui résident dans les pays étrangers, qtii ait le moins du monde contribué à l'ouvrage dont il est question, ni par des conseils, ni par des mémoires, il convient d'ailleurs que , malgré tout ce qu'il a dit dans cet interrogatoire et dans celui qui le précède, n'empêche pas de se reconnaître coupable d'une grande faute, puisqu'il a eu \f malheur de déplaire au plus grand de tous les rois et au plus éclairé de tous les ministres (l). »

Malgré ces politesses finales, il est permis de penser que Dubourg ne s'illusionnait pas sur le sort qui lui était réservé. Une lettre confidentielle de M. de La Mazurie à M. de La Briffe nous fait, en effet, assister aux émotions poignantes qui assaillirent le prisonnier durant l'interrogatoire et qui ne ressortent pas avec la même netteté sous les formules un peu solennelles de la procédure judiciaire:

« Lorsque je lui demandai, écrit à l'intendant de Caen M. de La Mate zurie, s'il ne reconnaissoit pas le libelle que je lui présentai, il se leva e aussitôt de dessus un lit oti il avoit toujours été assis jusqu'alors, fai-

• sant une exclamation en disant : Ah ! et levant les bras vers le ciel et nous

(1) Archires du CslTadot.

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