‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 186 sur 216 · HISTOIRE DU BOURG D'ÉCOUCDI · texte numérisé non relu

HISTOIRE DU BOURG D'ÉCOUCDI

Henri, Filz Hugh, chevalier , chambellan du roi d* Angleterre. Nous n'avons aucun détail sur les rapports de cet étranger avec le pays. Il jouit probablement des terres concédées jusqu'à Texpulsion des Anglais de la Normandie, en 1 450 ; alors elles furent rendues par Charles VII à Jean de Bretagne, le frère puîné d'Olivier de Penthièvre, devenu son héritier.

Jean de Bretagne , comte de Penthièvre. Ce prince ayant fait sa soumission à François I**., duc de Bretagne, son comté de Penthièvre lui fut rendu. Fidèle aux traditions de sa race, il fut un des champions de Charles VII contrôles Anglais. 11 les combattit valeureusement en Guyenne, et contribua à la prise de Bordeaux, en 1454. Il mourut, cette même année, sans laisser d'enfants de son union avec Marguerite de Chauvigny (1).

Ici , nous perdons la trace de cette lignée non interrompue de seigneurs qui se sont transmis les terres de la maison d'Alençon. Nous allons rencontrer un acte authentique qui nous donnera , comme propriétaire de ces domaines , le nom d'une dame qui n'a plus de rapport avec les comtes de Penthièvre,

Jetons un regard sur ce qui reste des membres de cette famille, aGn de nous assurer qu'ils sont étrangers à ce nouveau seigneur. Le troisième fils de Jean de Penthièvre est connu sous le nom de Charles de Blois, seigneur d'Avaugour. Il fut impliqué dans le procès intenté à sa famille, par suite du guet-à-pens de Chantoceaux. Il était mort en l/i34, ayant laissé d'Isabeau de Vivonne une fille, nommée Nicolle, qui épousa, le 18 juin 1437, Jean de Brosse, lequel continua les comtes de Penthièvre (2).

Le dernier, Guillaume de Blois, avait été donné en otage par ses frères, en 1421, au duc de Bretagne, à la suite de leur attentat, dont il porta la peine , quoiqu'il n'y eût point pris part. Resserré pendant 28 ans dans une étroite prison, il y répandît tant de larmes, qu'il en perdit la vue. Mis enfin en liberté, il épousa Isabelle, fille du comte de Boulogne et d' Auvergne, Bertrand 1". Il naquit de ce mariage trois filles, qui, non

Morterée et Eseochi^ ainsi que tous les manoirs, terres, tèoements et renies qui ont appartenu, tant audit comte qu'à Marguerite de CUsson, comtesse de Penthièrre, sa mère, etc. (Grcmdi RdUt de C Échiquier de Normandie, Appendices publiés par M. Lécha ndé-d* An isy, dans les Mémoires de la Société det Àntiquaira de Normandie^ t. XV, p. 261, col. 2).

(i) Art de vérifier (et datée. Chronique historique des vicomtes de Limoges, p. 898.

(2) Histoire générale de la maison de France, par le P. Anselme, U VT, p. 105.

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plus que Nicolle, n'ont ^ à notre connaissance, aucun rapport avec la yicomtesse de Thouars, que Tacte dont nous avons parlé plus haut désigne comme dame d*Écouché, et dont la succession était ouverte en l/iS? (1).

A cette époque, nous ne connaissons, pour vicomtesse de Thouars, que Mai^uerite d'Amboise, sœur puînée de François d'Amboise, duchesse de Bretagne, par conséquent belle-sœur du duc; elle épousa, le 22 août 1&66, Louis P'., sire de La Trémouille, auquel elle apporta la vicomte de Thouars. Nous ne pouvons expliquer comment les terres normandes des Pentbièvre lui arrivèrent.

M*"'', ia vicomtesse de Thouars. Après la mort de cette dame, les aveux Tout mention , sans autre désignation , de ses ayant-cause et héritiers, comme seigneurs de la moitié du domaine d'Ëcouché; mais il ne resta pas long-temps dans leurs mains : il passa, nous ne savons à quel titre, dans celles du roi de Navarre, Henri IL

Henri II, roi de Navarre. Ce prince, qui fut Tépoux de la célèbre Marguerite d'Angouléme, duchesse d'Alençon, si connue sous le nom de Mai^erite de Navarre, fit don des terres d'Almenèches et d'Ëcouché à don Félix de Foix, bâtard, son cousin naturel, grand écuyer de Navarre et vicomte de Narbonne (2).

Don Frédéric, bâtard de Foix^ Ce seigneur épousa la seconde fille de François de Silly, bailli de Caen, seigneur de Lonray, etc., et d'Aimée de La Fayette, à laquelle le roi de France, François V\ , avait donné Laigle, confisqué sur les Penlhièvre, en reconnaissance des soins et des services que cette dame lui avait rendus, lors de sa captivité et de sa maladie à Madrid, lorsqu'elle accompagna , dans ce voyage, la sœur du roi, Marguerite d'Angonlême , duchesse d'Alençon (3). Frédéric de Foix ne laissa

(1) Aveu de la seigneurie d*Écoiiché, poar Tannée 1Â87. Appendiee» n*. 6, A.

(5) Hiitoire générale rf« la tnaiêom de France, par !c P. Anselme, L III, p. 875, B. Frédéric de Foîx était fils naturel de Jean de Foix, comte d*Étainpes et de Narbonne ; il était aussi le frère naturel du célèbre Gaston de Foix, duc de Nemours, tué à Ravenne en 15i2. Henri U, roi de Nararre, était fils de la sœur de Gaston de Foix ( Voir le Dictionnaire de Moréri).

(3) Aimée de La Fayette, fille de Gilbert Moustîcr de La Fayette et d^Isabelle de Polignac, Ait dame d*honneur de la reine de Navarre et gouvernante de sa fille, qui devînt Jeanne d*A]brel (*). Aimée de La Fayette avait perdu son mari à la bataille de Pavie ; elle mourut an château de Pau , le SA aoftl 1656. (P. Anselme, t VU, p. 60> B.)

(*} A Tappai de ce fait, nooi cilcrooi U quittance tuivaDte, estraite da livre de comptes de Jelaaa de FroUé, le-

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qu'une fille, nommée Jeanne, qui porta la qualification de dame d'Âlmenèches.

Jeanne de Foix, dame d' À Imenèches. Son père était mort en 1537, et elle était encore mineure en 1552. En effet, sa mère s*étant remariée à Jean de Bourbon, vicomte de Lavedan, sa grand'mère, Aimée de La Fayette, faisait acte de propriétaire en son nom, comme ayant la garde-noble de la fille mineure de don Félix de Foix, sou gendre (1).

Jeanne eut la survivance de sa grand'mère, dans la charge de gouvernante de la princesse de Navarre, depuis Jeanne d'Albret , mère de Henri IV; elle hérita, de son père, des terres d'Almenèches et d'Ëcoucbé, qtrelle apporta à Armand de Gontaut, seigneur de Badefou, qu'elle épousa. Ce personnage est qualifié par les généalogistes de seigneur de St. -Gêniez, de laCapelle et d'Audeau, baron de Badefou, d'Aumeneschesetd^Ëcoché en Normandie; il fut fait sénéchal de Béarn en 156A, chevalier de Tordre du roi en 1565, gentilhomme ordinaire de la chambre et conseiller de la reine eu sou privé conseil en 1567, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du roi en 1569. 11 fut, en outre, conseiller et chambellan du dnc d'Anjou, frère du roi. Son testament est daté du 28 septembre 1591 (2). L'afné des enfants sortis de ce mariage hérita des terres d'Almenèches et d'Écouché; il se nommait Hélie.

Hélie de Gontaut. Il fut chambellan ordinaire du duc d'Alençon^ depuis 1576 jusqu'en 1583. Il épousa Jacqueline de Béthune, fille de François de Béthnne, baron de Rosny, sœur du fameux Sully, ministre de Henri lY, par contrat passé à Falaise, le 24 octobre 158&.

On pourrait, sans trop d'invraisemblance, 'expliquer les tendances protestantes des bourgeois d'Écouché, à cette époque, et surtout leur dévouement à la cause de Henri lY, par l'influence que cette famille dut exercer sur eux. Hélie de Gontaut mourut le 11 mars 1598; il avait fait, dès 1585,

crétaire de la reioe de 'Navarre, et coDiervé att ehâleao de Couterne : ■ Du xirn*. jour d*aoiut 1544i dépeeche une • quittance par laquelle, après aToîr fait voir à la Royne, à M. le chancelier d*Alençon et à son Conseil, la d^ence « de la somme de cinq mille liires, re^e par Aimée de La Fayette, gouTemante di Madame la Princesse de « Navarre, de la pension faite par le Roi à ladite dame Royne, et par les quittances pour les années 15^6 et 47 1 « yceDe somme employée par oidonnance de ladite dame Royne en la dépense ordinaire et extraordinaire, arfen- ■ terye et menus plaisirs de y celle dame princesse de Navarre, etc. •

(1) Voir, à PAppeDdice, Taveu rendu par cette dame, n*. 6, C (S) P. Anselme, t VU, p. 822-323.

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un accord avec ses frères, ratifié par sa femme» qui rendît celle-ci propriétaire, après le décès de son mari, des domaines d'Écoucbé et d'Aiménècbes (1).

Jacqueline de Bélhune. Après la mort d'Hélie de Gontaut, sa veuve se remaria avec Jean de Gontaut de Biron , baron de Brisambourg , cousin du défunt. Le règlement d'intérêts avec les frères de son premier mari n'était pas encore terminé : cela devait lui susciter de grandes difficultés. Le puîné, Armand de Gontaut, lui réclamait une somme de 1,000 livres, à capse d'un legs particulier que lui avait fait son père ; il poursuivit sa belle-sœur pour le recouvrement de cette somme , et malgré l'opposition qu'elle fit, ainsi que son mari, le baron de Brisambourg, la terre d'Ëcouché fut frappée de décret par un arrêt du bailli d'Argentan , en date du & avril 1607. Le jugement ordonna la vente aux enchères de la moitié indivise de ladite baronnie , ce qui fut exécuté le 23 mai 1607. Messire Gabriel de Montgommery, chevalier, seigneur châtelain de Ducé, se rendit adju« dicataire de cette moitié du domaine d'Écouché, au profit commun des créditeurs, pour le prix de 20,000 livres (2),

Avant de nous occuper de ce nouveau seigneur d'Écouché, nous allons remonter les âges, pour prendre à son origine cette autre branche de seigneurs, que nous avons vue commencer à l'ouverture de la succession de Girard de Goumay , pour la suivre jusqu'au dernier membre , qui céda également cette seconde moitié d'Écouché à ce même Gabriel de Montgommery qui en devint ainsi seigneur unique.

A cause de l'incertitude du point de départ de cette division , nous ne pouvons suivre les phases de transmission entre les membres de cette seconde branche, pendant le cours du XIP. siècle ; ce n'est qu'an début du XIIP. , à l'époque de la conquête de la Normandie par Philippe-Auguste, que nous poserons un jalon qui sera notre point de départ et nous permettra de suivre sans lacunes la suite des seigneurs de cette portion du

(1) p. Anselme, t. MI, p. 322,323. Jacqueline de Bélfaane Tendit, à la date du 1*'. janvier 1610, aa baron de Médavy, les fiefs de Peuthiè?re et de Bonnemain, sis au duché d'Alençon, pour la sommede 13,800 livres, et la seigneurie et cbastel Lès-AImeoèches, pou rie prix de 18,000 livres, à Centurion de Saint-Agnan. Ainsi ^^accomplissait réparpillement des domaines d^EIa d*Alençon, conservés silong»temps dans une même main,

(S) L'expédition de ce jugement, ainsi que celle du procès-verbal d'adjudication du domaine d*Écoaciiéi sont conservées au cbartrier de la Motte-Léxeao, commune de Joué-da-Plaio.

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domaine d'Écouché. Dans Tacte de cession de cette seigneurie, saisie sur Hugues de Gournay, et concédée aux héritiers du comte d^Alençon, nous trouvons le nom de Guillaume de Tilly, comme possédant une prévôté dans ce domaine, ce qui en représente justement la moitié indivise (i).

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