‹ Mémoires (volume 4)Chapitre 189 sur 216 · VII. — DOMAINE D'ÉCOUGHÉ · texte numérisé non relu

VII. — DOMAINE D'ÉCOUGHÉ

£d outre des droits et coutumes dont nous venons de parler, et qui constituaient une notable portion du revenu domanial de la baronnie d'Écouché, il y avait encore le domaine non fiefifé, dont le dénombrement se trouve dans les divers actes de vente que noua avons mentionnés en parlant des seigneurs. En voici le détail :

D'abord, le manoir ou maison du seigneur, construit dans le XVll% siècle, par Gabriel II , comte de Montgommery; puis les halles, qui comprenaient quatre corps de bâtiments, nommés la grande halle, la halle de la boucherie, la petite balle et la halle aux grains.

Les seigneurs s'attribuaient la propriété des murs, tours, fossés et autres défenses, ainsi que des ponts d'Orne et d'Udon.

Le domaine se composait des moulins à blé, nommés les moulins d'Orne, avec les bieux , arrière-bieux , pêcheries , eaux et rivières traversant la bourgeoisie ; d'une pièce de terre en pré , contenant 2 acres, nommée la Prairie d'Orne ; d'une autre de même nature, contenant 8 acres, nommée la Beuverie; d'un pré nommé le Pré d'Engasse» de 2 acres, et de k acres de terre labourable, nommés les Quatre-de-l'autre-Monde (1).

Les seigneurs étaient propriétaires fonciers des communaux , dont les

(1) Ce non biurre af aH pour origine, cro)'onf-nous« le cimetière aux huguenots qui élaîl dans le roisinagei ii même il n^avait été concédé par les seigneurs à même cette pièce de terre.

5A2 HISTOIRE DL BOURG ù'ÉCQVCBâ.

habitants avaient la jouissance. Ils comprenaient les deux marais séparés par la chaussée d'Udon, d'une contenance d'environ iO acres, et une petite commune comprise entre la rivière d'Orne et la Cance, nommée les Morbieux , contenant 2 acres.

I.^ seigpneurs avaient, à diverses époques, inféodé plusieurs places vagues , soit pour bâtir , ou former des jardins ou des mares à fumier ; ce fut pendant le cours du XWV. siècle qu'on les vit recourir, avec plus de suite, à ce moyen de tirer parti de leur domaine^ Aussi, à cette époque, les fossés de La Motte et La Motte elle-même furent en grande partie aliénés. Ils inféodaient également des portions des voies publiques , pour la construction des porches qu'on était dans Tusage d'élever devant les maisons. Les habitants chaînés de ces rentes étaient tenus d'en porter le montant devant le sénéchal , en l'auditoire du lieu , au son de la cloche, le premier dimanche après la St.* André de chaque année, sous peine de 18 s. 2 d. tournois d'amende.

En outre du domaine situé sur le territoire d'Écouché, la baronnie comprenait la Vavassorerie de la Yiganière , assise en la paroisse de Jouédn-Plain, d'une contenance d'environ âO acres, tant en terres qu'en maisons , jardins , avec une commune nommée Launay, contenant 2 acres. Les tenants de cette Vavassorerie ou Afnesse jouissaient des mêmes franchises et privilèges que les bourgeois d'Écouché, relativement aux coutumes et péages dans l'étendue de la baronnie ; sur le territmre de r Aînesse de la Yiganière était situé le moulin de la FoUetière ; les hommes de l'Aînesse en étaient baniers. Pour marque de cette sujétion, ils étaient tenus, par l'entremise de l'Afné ou membre responsable, représentant le premier qui avait accepté l'inféodation , qu'il avait lui-même subdivisée au même titre entre les habitants , « d'acheter et quérir la corde du traquei (appareil à lever les meules) de ce moulin; ausri, en compensation, avait-il le droit de moudre son grain après celui qui était dans la trémie, et d'emporter son digrain (1 ). » Nous avons dit que Charles Le Tonnelier de Breteuil avait aliéné l'A inesse de la Yiganière en faveur de Jean-

(1) Tous ces détails concernant le domaine d*Êcouché sont contenus aux déclarations faiii'5 an greffe dTîl du bailliage d'Argentan, à l'occasion des décrets qui frap^M^rent cette |iropriété en 4019 eC 1657 ( Chartrier du cbAteaa de La Motte'.

HISTOIRB DU BOUAG D'icOVCBÉ. 5&â

Baptiste Ango, seigneur de La Motte. Le moulin de la FoUetière était déjà une dépendance du domaine d'Écoucbé, lors de réchange de ce domaine avec PliUippe-Auguste.

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