HISTOIRE DU BOURG D'ÉCOUGHÉ
inveDtaires des biens des mineurs et autres; lorsque Louis XIV, par ses édits des mois de juillet 1677 et juin 1685, créa les sièges de notaires en i^mplacement des tabellions, et fixa les attributions de ces oflBciers ministériels , il leur dévolut exclusivement ces opérations ; de sorte quMl ne demeura aux sergents vicomtaux que la vente des biens meubles , dans les paroisses de leur ressort.
Comme les sergenteries étaient fort étendues et qu'il était impossible à un seul titulaire d* exercer sur un aussi vaste territoire, on les divisa en plusieurs sous-sergenteries qu'on noinma traits , et qui Turent confiées à autant de sergents. La sergenterie d'Écouché se composa de & traits :
Le premier, la sergenterie d'Écoucbé , comprenait avec cette paroisse celles de Joué-du-Plain , de Loucé , de Sevray et de Treise-Saints ;
Le second , la sergenterie de Boucé , se composait de cette paroisse ei de celles d'Avoines, de Gult, de La Lande-de-Gult, de Ménil-Selleur et de Vieux-Pont ;
Le troisième, la sergenterie de Messei, réunissait les paroisses de Messeiet de Saires; *
Enfin, le quatrième embrassait les paroisses de Putanges et de Ste.- Croix-sur-Orne ; c^était la sergenterie de Putanges.
Les paroisses mixtes avec des hautes-justices , pour la juridiction vicomtale, Tétaient également pour les sergenteries. i Le propriétaire de la noble sergenterie du plaid de Tépée d'Écoucbé louait
t chacune de ces subdivisions à un titulaire, qui exerçait dans les limites de
sa circonscription.
A la fin du XViP. siècle, la sergenterie appartenait à François de Marseille, écuyer, sieur du Chfttellier, et y demeurant (4). Nous avons pu consulter quelques-uns des baux passés, à diverses dates , par ce personnage , ou ses successeurs dans l'office de sei^nt Nous allons produire des chiffres exprimant la valeur de ces différents traits.
(i) Il en avait bérité de son père, Nicolas de Marseille, qui la possédait en 1636 (Manoury, avocat du roi, Histoire (VAIençon^ manuscrite. Archives de rOrne). François de Marseille ayant marié sa fille, Marie, avec Joseph de Brossard, écuyer» sieur des lls-Bardel, lui donna la noble sergenterie d*Êcoudié, qui resta dans cette famille jusqu'à la Révolution. C'est à Tobligcance de M. le comte Philippe de Brosaard, descendant de celte famille et propriétaire des Us-Bardel, que nous devons ces détails ; il nous • communiqué ses papiers de famille, et les a accompagnés d'un résumé fort lucide qui nous a évité un long travail.
bl^ HISTOIfiB BU BOUHG D*ÉCOOGBl£.
En 1689, le trait d'Écouchc était loué 200 livres ; ^lui de Boocé valait^ au commencement du siècle suivant, 72 livres par an, et 3 livres de tabac pour vin; en 1762, il rapportait 80 livres; le trait de Messei, par bail passé en 1695 , était loué pour une somme annuelle de 200 livres, plus d livres de sucre, raffinage de Rouen, à la Guiltray, et deux pots de clairet^ bob et loyal, chaque année, ou cent sous au choix du preneur. En outre, le sergent s'engageait à faire délivrer au sienr liaitteur une paire de gants doubles à son usage, au jour de St. -André de chaque année* Ces gants lui étaient dus par les merciers ou marchands qui étalaient dans les halles et merceries du boui^ de Messei. En i 7&0 , le trait de Putanges ne rapportait que 20 livres par an , avec un pot*de-vin de 12 livres pour un bail de trois années. Dans tous les baux que nous venons de mentionner, il est invariablement'stipulé que les preneurs feront gratis tous les exploits dont ils seront requis par les bailleurs, sur les dépendances de la sergenterie.
Ces sergenteries avaient généralement pour locataires des sergents royaux attachés au bailliage, qui cumulaient ainsi ces divers offices.
Écouché fut le siège d'un tabellionage relevant du duché d'Alençon, et non seigneurial Nous ignorons si les paroisses dépendant de cet office étaient les mêmes que celles qui composaient la vicomte du lieu et sa sei^nterie: nous sommes porté à le croire, parce que c'était généralement la règle, sauf de rares exceptions (1). Lorsque les tabellionages n'étaient pas inféodés , ce qui était le cas pour celui d'Ëcouché, ces offices étaient ordinairement baillés à ferme par le vicomte, de trois ans en trois ans (2).
Jusqu'au commencement du X1V% siècle^ Écouché fut également le
(1) Nou^ avons rencontré un cas qui senble confirmer celte exception; msùs it offre une chconstaaee qui rexplîqoe. Dans de nombreux actes qui nous ont passé sous les yeux* la paroisse de Louoé est indiquée comme dépendance do tabellionage de La Forét-AuTray, siège d*une des quinze sergenteries de la vicomte de Falaise, bien que celte paroisse Cil partie delà vicomte d*Argenlan, sergenlerie d^Écoucbé ; mais elle était mi-parlie du bailliage d*An>^nian et de Falaise, probablement pour la portion de son territoire sur lequel se trouvait une extension du fief de Mébeudin, relevant de Briouxe ; voilà peut-être rexplieatkm de cette anomalie.
(2) Nous avons eu le désir de donner la série des tabellions d^Écoucbé, dont nous avons recaetlli uo grand nombre de noms ; mais le mode de transmission de Toffice à bail die tout intérêt à eellc reproduction.
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siège du sceau des obHgatiom de la vicomte du Heu. Cet office était cumulé ^ pw les tabelHoDs qui s'intitulaient, en Tan 1300, t gardes du scel des obli-
gations Blonseigneur le comte d'Alenchon au siège d'Ëcouché, et illec tabelKons jurés. » Environ un siècle plus tard « l'office fut réuni à celui de la vicomte d'Argentan, assis en cette ville. Cette charge fut anciennement aiTermée ainsi que les autres offices, jusqu'à ce qu'elle fAt aliénée par ^ inlèodation ou engagenmit L'apposition du sceau sur les contrats donnait
t lieu au prélèvement d'une taxe qui a précédé celle du timbre et de l'en-
! registrement (1).