HISTOIRE DU BOURG D'ÉCOVCMÉ
dont étaient couvertes les nombreuses pierres tombales qui garoissaient le sol de Téglise, sorte de palimpsestes ayant recouTert successivemeat plusieurs générations de morts. Nous n'en avons pu remarquer qu'une seule très-intacte : elle abrite la dépouille mortelle de Marie Le Tourneur, veuve de roesslre Jean de Vigneral, décédée le 13 mars 1613. Elle est décorée de la représentation d'un portique , ou arcade , dans la façon des rétaUes d'autels. I^es deux côtés du fronton étaient flanqués des écussons des deux époux, qui sont très-effacés. Cette tombe est située dans le transept méridional, ou chapelle St -Jacques.
Guillaume de Yigneral , fils de Jean de Vigneral, fit don d'une acre et demie de terre à la Confrérie Notre-Dame, pour une fondation de messes et obits j qui devaient être célébrés dans la chapelle SL -Jacques , où , est-il dit dans l'acte, reposaient les défunts sieur deVigneral, son père, ainsi que ses parents et amis.
La pierre tombale qui recouvre la sépulture de la comtesse de Montgommery, fondatrice du Rosaire, ne porte aucune marque ni inscription^ La tradition assure qu'elle est dans le chœur , du côté de l'évangile. Comme cette dame emporta en mourant les regrets et la vénération des habitants, on entoura son souvenir d'une auréole de sainteté qui dut se manifester par des signes sensibles : aussi raconte-tK>n qu'autrefois la partie de la pierre sépulcrale qui correspondait à sa tête conservait sa blancheur et sa pureté primitives. On retrouve, dans cette tradition, le souvenir de celle que nous avons signalée relativement au visage de la statue de sainte Marthe de Goulet , toujours préservée de la poussière qui courre et souille tout ce qui ren\1ronne (1).
Les autels de l'église d'Écouché étaient au nombre de dix ; parmi les saints patrons auxquels ils étaient dédiés , saint Roch a joui de tout temps d'une vénération, qui s'accrut encore dans les derniers siècles , en raison des faveurs que les habitants devaient à l'intercession de ce puissant médiateur. En l'année 1739, une cruelle dyssenterie sévissait sur les habitants du bourg qu'elle décimait. Les malheureuses victimes du fléau eurent ridée de s'adresser au saint protecteur des malades ; ils élevèrent leurs
(1) Voir notre Notice sur la Chambrerie de V abbaye de Troam {Mcmoiretde la Société dtà Antiquaires de Normandie, U XXIIi, p. 865).
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prières vers lai et portèrent sa statue processionnellement dans tous les lieux soumis à la maladie, le 26 mai i639. De ce jour, Tépidémie cessa ses ravages.
Quelques années plus tard, le dimanche 8 octobre 17&7, les bourgeois réunis en assemblée générale, voulant consacrer par une manifestation leur reconnaissance de la délivrance de 1739, fondèrent en Téglise paroissiale une neuvaine de messes à perpétuité, au capital de quatre cent cinquai)te livres, qui furent le produit d^une collecte. Cette fondation fut acceptée par Tadministration de la Fabrique ; et cette pieuse neuvaine se célèbre encore aujourd'hui ; elle a toute la sympathie des habitants (1).
Les siècles avaient accumulé un nombre considérable de fondations et de services dans Téglise d'Ëcouché. On était obligé de les réduire, de temps à autre, d'abord par l'impossibilité de les accomplir tous; puis aussi parce que les sommes léguées au Trésor , par suite de la dépréciation constante du numéraire , ne représentaient plus la compensation des dépenses qu'elles devaient solder. Néanmoins, lorsque la Révolution vint clore l'ancien ordre de choses , le Trésor avait encore de grandes charges (2).
Pour faire face à ces obligations, il fallut un nombreux clergé; aussi, outre le curé et son vicaire, il y avait sept chapelains en titre, dans la paroisse d'Écouché.
Les curés d'Ëcouché étaient nommés sur la présentation des moines de Su -Florent, représentés par le prieur de Briouze, comme patrons de l'église. Bien qu'Écouché donnftt son nom au doyenné dont il faisait partie, il ne s'ensuivit pas que les curés fussent pourvus du titre de doyen ; car ils auraient dû cette dignité au choix du patron , tandis qu'ils étaient à la nomination de l'évèque diocésain, qui pouvait même attribuer l'emploi au curé d'une paroisse en-dehors de la circonscription du doyenné. Ainsi, en 1602, le curé d'Écouché, M\ Jacques Aubert, était en même temps doyen d'Ai^entan.
(1) L'acte aulhentique de celte foiiclMlioii est conservé au notarial d'Écouché.
tS) Voici le tableau arrêté par le Conseil général difla commune d'Écouché, en 1790, des services que
. la Fabrique était tenue de faire acquitter annuellement, ainsi que tes obligations pareilles tombant k la
charge de la Confrérie et de rilo8pice.^La Fabrique: 2 services canoniaui, 18 obits, 15 messes solcnnelies,
à salut^, 328 messes basses. La Confrérie: 9 serviees canoniaui, 8 obits, 48 messes solennelles, 26 messes
basses 1 Libéra. L'Hospice : 7 st-rvices canoniaux, 5 obits, 1 mes solennelle, 236 messes basses,
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Les doyens a?aiait les mêmes cbaiiges qa^aojoard'bin : eDtr*aatres, ib étaieDt sabstitaés, dans certains cas , aoi ardiidiacres, pour la |»rés«leiice des conféreDces oa peities calendes, qa^oo nommait ainsi par alln^n aux eaiendes que tenaient les é?èqoes, sortes de réanions synodales dans lesquelles les prélats avisaient aux besmns da diocèse. De même, dans ks pelUes calendes, rarchidiacre on le doyen s*occopait de radministratioo des églises. Ug^. de Forcoal , éièque de Séez , avait étaUi, à Foccasion de ces réunions, des conférences destinées à entretenir son clergé dans Faniformité de doctrine, si nécessaire pour soutenir victorieusement les disputes et controverses publiques qui avaient lieu journellement entre les catholiques et les protestants (I ). Lorsque la peiiie catende avait lieu à Êcoucbé, on voyait se réchauffer le zèle pour la tenue du lien saint Ainsi, nous trouvons dans les registres de la Fabrique , pour Texerdce 1677-78, la mention suivante : • Avoir fait récurer les chandeliers et les burettes, poar le jour de la calende. •
Bicoque les curés d^Éconché fussent nommés sur la présentation des prieurs de Brlouze , cela ne contribua en rien à faire régner entr^eux la bonne harmonie. Les questions d'intérêt étaient toujours vives et irritantes entre les membres du clergé régulier et ceux du clergé séculier.
La part des curés d'Écouché, dans la dtme de la paroisse, était fixée au tiers du revenu des grosses dîmes et aux menues dîmes.
De nombreuses plaintes sur la position des curés , par rapport aux gros décimateurs, déterminant la déchuration du roi, du 29 janvier 1686, qai r^la la pension que les gros dédmateurs devraient faire aux vicaires perpétuels , lorsque ceux-ci, ne se trouvant pas satisfaits de la portion de dtme qu'ils percevaient dans leur paroisse, opteraient pour cette pension, en renonçant à toute prétention sur la dime. On nomma cette indemnité portion congrue. Cette pension fut alors portée à trois cents livres pour le curé , et à cent cinquante livres pour chacun de ses vicaires.
Le curé d'Écoucbé en titre à cotte époque, M*. Guillaume Pillou, demanda la pension ; son successeur , M*. Nicolas Beizais , en fit autant en Tannée 1708. Celui-ci fit payer sa pension et celle de son vicaire, par
(1) Par arrftt du Parlemenl, portanl bomologiUon d'un règlement de Mg% TArehevéque de Rouen ( 1*'. août J729}, la présence des curés aui ealende$ ou oonfèrenr:s fui obligaloire, sous peine de irob lifres d'amende (Routier, Pratiques bénéficiatet, p. dtS).
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les Termiers du prieuré de Briouze : ce que le titulaire , absent du pays, supporta pendant un certain temps. Jacques Beizais, son successeur, alla plus loin : il fit des instances auprès de Tévêque de Séez« pour obtenir la nomination d'un second vicaire ; ce à quoi le prélat accéda, en rendant une ordonnance à cet effet, en Tannée 1715, à la date du 20 août. Cette nomi* nation mettait à la charge des décimatcurs une nouvelle rente de cent cinquante livres. Averti de ces faits, le prieur protesta, disant qu'il ne devait pas supporter à lui seul cette charge, parce qu'il n'était pas seul décimateun En elTet, la grosse dime de la paroisse d'Écouché était perçue, sur trois cents acres, qui composaient son territoire; mais le prieur n'exerçait ce droit que sur deux cent soixante-dix acres ; le Trésor dtmait sur vingt-un et la Conrrérie sur neuf. Les moines de St.-Florent avaient anciennement aumône ce trait de dime qui leur appartenait en Taveur du Trésor d'Écouché, à la charge, parles paroissiens, d'entretenir à perpétuité une lampe allumée devant le Saint-Sacrement, et de Taire célébrer, pour les donateurs, une messe solennelle chantée, chaque jour, alternativement par le sieur curé et les chapelains.
Le prieur de Briouze et les habitants d'Écouché commencèrent, à cette occasion, une série interminable de procès qui épuisèrent toutes les juridictions. Les paroissiens furent bien obligés de contribuer aux portions congrues ; mais ce fut la part à attribuer à chacun qu'il fut difficile de fixer. Les bourgeois auraient voulu qu'on réglât la portion contributive d'après le nombre d'acres sur lesquelles chacune des parties levait la dtme. Ainsi , en comparant les deux cent soixante-dix acres du prieur aux trente acres qui leur étaient attribuées , et en tenant compte, en outre, de ce que sur ces trente acres, neuf étaient de terres légères et improductives , situées au réage de la Croisée des chemms, proche le cimetière, tandis que le prieur n'avait qu'une aci^ au même réage, ils concluaient par l'offre de contribuer pour un treizième.
Le prieur s'en référait au jugement de 1632, relatif à la construction des voûtes du chœur, lequel avait fixé à quatre cinquièmes la part qui revenait à son prédécesseur.
Le bailli d*Ai^entan, voulant établir le contingent des parties sur une base équitable et d'après le revenu réel qu'elles retiraient de la dtme , demanda la production des baux, en remontant à plusieurs années. Lorsque
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le prieur présenta les siens , les bourgeois les récusèrent , déclarant qu'ils manquaient de sincérité; ils ajoutaient que tes prieurs Taisaient à leurs fermiers des contre-lettres où les conditions de fermage étaient tout autres , tandis que leurs baux à eux étaient renouvelés tous les ans par voie d'enchères publiques ; qu'en outre , le zèle des habitants les portait à faire décharger les adjudicataires , de la taille dont ils répartissaient le montant entr'eux , tandis que les fermiers de la dtme du prieur étaient assujettis à cet imp6t : ce qui dépréciait d'autant le prix de la location. Ils faisaient encore observer que les drapiers et les fabricants d^Écouché, ayant peu d'occupation pendant la récolte, faisaient eux-mêmes le travail nécessaire pour engranger les produits de la dîme du Trésor, ce dont l'adjudicataire bénéficiait; aussi, dans cette prévision, louait-il plus cher (1). Par ces motifs, ils se refusèrent à la production de leurs baux.
Après des années de procédures, le lieutenant au bailliage rendit , à la date du 1& février 1729, un dernier jugement qui condamna les trésoriers et le prieur à payer les portions congrues du curé et des vicaires dans la même proportion qu'avaient été anciennement soldés les travaux, c'està-^ire les quatre cinquièmes pour le prieur, et un cinquième pour le Trésor. Cette querelle ne fut qu*assoupie ; elle se ranima maintes fois, et la Révolution seule y mit fin.
^institution du deuxième vicaire ne put se maintenir : les bourgeois qui avaient approuvé la mesure quand ils pensaient que leur Fabrique n'aurait rien à débourser , firent une violente opposition quand il fallut payer leur part ; aussi l'installation n'eut-elle pas lieu.
En l'année i750, le sieur Thomas Gaiget, curé d'Écouché, s'appuyani sur ce précédent, renouvela auprès de Tévèque les démarches nécessaires pour obtenir un deuxième vicaire. Le prélat soumit sa pétition aux gros décima teurs , pour avoir leur avis ; on doit bien penser qu'il ne fut pas favorable. Le curé finit néanmoins par obtenir son second vicaire , mais non sans conteste.
Nous avons hâte d'en finir avec ces conffits interminables que la justice
(1) Eii 1725, le trait de dîme du prieur, s^eterçant mirdeni eent floiiaote-dii acres, tic rapportait d'afvès les bavx qve cinq cent cinqoaDte livres; et celui du Trésor, qui ue a*eierçaît que me fiugt eC une icro, était loué, en 1729, cent cinquante livres : ce qui proute que les yros décinateursnese faisaient pas scrupule de dissimuler une partie de leurs refeuus, pour échapper ft Timp^l des décimes.
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du temps ne tranchait jamais, parce qu'elle laissait un moyen de revenir sur ses arrêts, en ce qu'elle les rendait toujours par provision.
Les sept chapelains qui complétaient le clergé d'Écouché étaient tous des enfants du bourg auxquels ces places appartenaient de droit, non au choix , mais d'après Vancienneté d'admission dans les ordres, même mineurs. Lorsque les jeunes postulants n'étaient pas encore prêtres, ils prenaient de même, à leur rang d'ancienneté d'inscription, leur titre de chapelain ; mais, dans ce cas, ils faisaient remplir leurs fonctions par un prêtre , fondé de pouvoirs.
Le vicaire, choisi par l'évêque dans une autre catégorie, devenait chapelain , mais seulement lorsqu'il se présentait une vacance. En attendant son admission, on lui accordait, pour aider à sa subsistance, deux ordinaires de messe par semaine, sur les fondations du Trésor.
Ces chapelains se faisaient, de leur place, un moyen d'existence : aussi se montrèrent-ils souvent très-peu zélés dans l'accomplissement de leurs devoirs et dans leur participation aux services de fondations; ce qui devint si marqué au dernier siècle , que les paroissiens se plaignirent de ces fréquentes abstentions , et , en assemblée générale , enjoignirent aux trésoriers de tenir note de ces manquements , pour faire des retenues dans les honoraires des absents aux offices.
Il fut fait droit à ces plaintes par un règlement que donna, à ce sujet, Hg*. Lallemant , évêque de Séez , le 29 octobre i 753. Cet acte , fait en forme de transaction , fut approuvé et signé par les parties , et affiché dans la sacristie. L'abstention non motivée des chapelains aux services devait être s^nalée par des points d'absence , marqués par le curé ou son vicaire. Ces points devaient servir, lors du paiement des honoraires, à régler les retenues qu'ils entraînaient pour les délinquants. Ce règlement fut homologué plus tard , en l'ofQcialité de Séez , par sentence du 2^ avril 1761, à l'occasion d'uneguerre intestine qui s'éleva, dans Téglise d'Écouché, entre le curé et les chapelains, lesquels refusaient de se conformer au règlement. Cette querelle était suscitée par deux brouillons , le sieur Maurice , trésorier , et Le Têtu de La Motte , receveur des confréries , qui voulaient appliquer au curé lui-même les points d'absence, et conséquemment lui refusaient le paiement de ses honoraires , ainsi que les pensions des deux vicaires quMl avait alors. Ces prétentions ne prévalurent point :
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il ne pouvait être admis que le curé de la paroisse fût pointé, pour cause d'absence , par les chapelains , ses subordonnés , qui n'auraient cherché qu'à se venger sur lui de sa rigueur à observer le règlement. D'ailleurs, le curé et. ses vicaires avaient pour l'administration des sacrements des devoirs qui pouvaient motiver des absences , tandis que les chapelains n'en avaient d'autres que d^assister aux offices de fondation. Cette aiTaire tourna à la confusion de ses instigateurs.
Malgré son nombreux clergé , Tadministration de l'église d'Écouché ne manquait jamais de faire venir des prêtres étrangers pour prêcher les stations de l'Aventet du Carême, sans préjudice des missions que les curés provoquaient dans le cours de l'année. Ces prédicateurs étaient généralement fournis par les monastères du voisinage ; cependant, depuis l'établissement des Capucins dans la ville d'Argentan , nous voyons le plus souvent des religieux de cet ordre évangéliser la population.
De tout temps, le Trésor fit les frais du logement meublé de ces prédicateurs ; cette coutume engagea un boui^eois d'Écouché , en même temps chapelain , nommé Pierre Plédet , à pourvoir à ce besoin , par la donation au Trésor de sa maison , avec cour et jardin , ainsi que d'une grange adjacente. Ce tenant , nommé le Viel-Monde > était situé près l'église (jouxtant d'un bout le chemin de l'église, rue de la Cour-Bailleul). Le bot de la donation fut de fournir, à perpétuité, aux prédicateurs étrangers une chambrepour leur séjour. L'acteen fût passé devant les tabellions d'Écouché, le 30 juillet 1623. Le donateur se réserva la jouissance de cette maison, sa vie durant , à l'exception de la chambre qu'il céda immédiatement. Le Trésor prit l'entretien de la maison à sa charge , et accepta en outre, comme compensation de cette libéralité, l'obligation de faire célébrer plusieurs offices et obits pour le repos de l'âme du donateur, ainsi que de ses parents et amis défunts; entr'autres services, deux messes basses devaient être, chaque année , dites par les prédicateurs de l'Avent et du Carême . l'une le lendemain de Noël, l'autre le lendemain de Pâques. Après la mort du sieur Plédet , sa maison fut destinée à servir de logement au sacristain, et la chambre fut toujours réservée pour les prédicateurs. Le Tréspr entretenait le mobilier de cette chambre. Outre le logement et les honoraires, dont l'Hôpital payait un tiers > les prédicateurs étaient fournis de pain et de bois pour leur chauflage. De plus, ils avaient droit à une demi-
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bouteille de vin par chaque sennoo. Ainsi , nous lisons dans le r^;istre de 177/i : c Avoir fourni 1/2 bouteille de vin au prédicateur, chaque ser- « mon, à 8 sous ia pièce, en tout 18 bouteilles. »
Nous n'avons pu réunir de données bien certaines sur la valeur des revenus de Téglise d'Écouché, qui puissent nous mettre à même de les comparer à diverses époques. On sait que ces revenus avaient leur source dans plusieurs branches de recettes, au nombre desquelles il Tant mentionner , en première ligne , le produit des terres et des rentes aumônées par les paroissiens.
Au moment où la Révolution allait faire disparaître la majeure partie de ces ressources, le revenu de la Fabrique d*Écouché se montait à 2,175 livres. Dans cette somme, la location des terres entrait pour 829 livres , et les rentes constituées pour 375 livres ; le surplus était dû au produit des inhumations, des locations de bancs et de chapelles, des quêtes , etc.
Ces quêtes se faisaient dans certaines circonstances particulières. Lorsqu'une famille rendait le pain bénit , un membre de cette famille quêtait à Tofflce du jour. Nous rencontrons constamment , dans les anciens rostres, la mention de ce fait. C'est ainsi. qu'en l'année 16&9, M"\ de Montgommery accomplissait ce devoir dans l'église d'Ëcouché , et le registre constate qu'elle a baillé, conune produit de la quête, 7 livres 16 sous 8 deniers.
Une autre collecte se nommait les pardons. Elle avait lieu, non-seulement à Pâques, mais encore aux fêtes solennelles. Ceux qui approchaient des sacrements, en ces circonstances, versaient, en faveur du Trésor, une aumône , appelée pardon. Nous pensons qu'il faut voir dans cet usage un souvenir des pénitences publiques , dont l'origine remonte aux premiers ftges du christianisme. Les diverses phases de ces pénitences se terminaient par l'absolution , qni réintégrait le coupable dans tous ses droits à l'assistance aux ofGces. Cette réconciliation avait particulièrement lieu le Jeudi-Saint. L'absoute qui se récite ce jour-là en conserve le souvenir. Il s'en faisait encore une autre au prône de la messe solennelle du jour de Pâques (1). L'aumône des pardons dut remplacer les autres obligations de pénitence. Nous reviendrons plus loin sur ce sujet.
(I) Voir OHginei de la liturgie catholique, par M. Tabbé Pascal, art. Absolotior et P^itiacb, édition de Tabbé Migiie, i8&4.