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HISTOIRE DU BOURG D'ÉCOVCEÉ

Enfin, CD quêtait pour Feutretien d'un cierge bénit qui brûlait devant l'autel principal de Féglise, les dimanches et jours de fêtes.

Nous ne pouvons omettre un usage ainsi formulé dans les registres de la Fabrique : Le pain donné aux fours et vendu, issue de la messe ^ a valu.... (en l6&/i, 60 sous 7 deniers). Cette recette, également perçue dans les églises d'Argentan (1), consistait en un prélèvement que les boulangers exerçaient sur la pâte destinée à leurs pratiques dont ils fabriquaient des pains recueillis chaque dimanche par le sacristain et destinés à être vendus aux enchères par les trésoriers, à Tissue de la grand'messe paroissiale au profit de Téglise. Nous ne pouvous assigner de cause à cette charité indirecte qui ressemble à une sorte de dtme.

Nous avons déjà parlé, dans notre Notice sur le prieuré de Briouze (2), des eulogies ou distributions de pain et de vin aux communiants du jour de Pâques. Le pain se donnait au moyen d'un boisseau comble de froment prélevé par la Fabrique sur la dîme du prieur.

Quaut au vin, la piété d'un donateur y avait anciennement pourvu. Pendant les époques de foi, il se trouva toujours des gens mus en dévotion pour venir en aide à toutes les nécessités de leur église. C'est ainsi qu'un Jehan de La Rue, bourgeois d'Écoucbé, donna, par acte du 7 juillet l/i36, A sous tournois de rente pour être employés en l'augmentation de l'église du lieu, assis sur un héritage situé en la paroisse de Treize- Saints (3), afin d'être mis en sépulture, ainsi que Colette, sa femme, en l'église d'Écoucbé, à c6té de son père. Il donna, en outre, 6 sous tournois de rente perpétuelle, à prendre sur ses héritages, afin d'acquérir et de payer le vin de Pâques a ceux qui pour le temps à venir serofù amonestés en ladite église. Dans la suite, le Trésor pourvut à cette dépense.

L'administration du culte était soumise à la surveillance de l'évêque ou, par délégation, à celle des archidiacres qui venaient, dans l'étendue de leur ressort une fois par an, visiter chaque église, inspecter le mobilier, les fonts baptismaux, etc., et contrôler les comptes des trésoriers. Ces

(1) \oirHiMtuire detaparoitêede Su^Germain d'Argentan, par M.rabbé Laarpnt,|i.6A.

(2) V> notre Notice sur le prieuré de Briouze dans les Mémoires de ta Société de$ Antiquaires dé A'or* mondie, L XXII, p. H 3.

(3} L^ancienne paroisse de c^ nom est réunie à ct-Ile de Batillj (canion d'Écottcli^. Nous 8T0119 souvent cntenda les étymologisies s^cscrimer, pour donner une signification à ce ooco biiarre de Treite-Saiatt. (tous croyo is que ce nom est altéré ; une charte de 1265 désigne cette parobse sous celui de Tieresains.

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vigiles donnaient lieu anciennement à des droits assez importants prélevés sur les paroisses. Nous avons retrouvé une série de {Mrocès-verbaux de rinspection des archidiacres du Houlme dans Téglise d'Écoucbé, remontant à Tannée lâ&& et finissant en 1488, non toutefois sans de nombreuses lacunes (1 ). Quelques-uns des plus anciens mentionnent le chiffre de la taxation imposée aux paroissiens^ et toujours celui de la population {numeruê parochianomm) est mis en regard.

Si ce dernier renseignement était un dénombrement complet des ha • bitants, il fournirait un document très-précieux. Malheureusement, si on veut l'utiliser à ce point de vue , il donne des résultats inadmissibles ; ce chiffre est évidemment de beaucoup inférieur à la population présumable.

M. Léopold Delisle, d'après le même ordre de renseignements puisés dans les procès- verbaux de Varchevëque de Rouen, Eudes Rigaud, propose d*accepter ces données comme représentant le nombre des feux ou des chefs de famille (2). Nous ne pouvons admettre ce système pour nos procès- verbeux ; s'il est possible d'expliquer par des guerres , des épidémies, des famines, une grande fluctuation dans le chiffre d'une population, cette mobilité n'est plus admissible au même degré, lorsqu'il est question de chefs de famille. On en va juger par les citatiotts qui suivent : En l'année Wïks numerus parochianorums III^ et plus. En 1366, il tombe à 11^ vel circa; en 188» et 1385, à VI"; en 1389, il remonte à VII" vel drca; en 1390, à VII" et X. En 1392-61 139A, il n'était plus qu'à centutn vel circa* Passé cette année , nous ne trouvons plus de trace de ce recensement, non plus que du chiffre de la taxation qui, quel que soit le numerus parachiancrum ^ était à peu près invariablement fixé à XXII Uvres.

Si l'on interroge Ducange sur la valeur du mot parochia et sur la signification de c^\\nàeparochianus^ il cite la d^nition de Gilbertus Lunicensis episcopus, De usu ecclesiastico : « Parochiam appetlo papulum pritnitias , oUationes et décimas persolventem. • Ce qui ne nous aide en rien à ré soudre la question qui nous occupe.

(1) Nous aTons rcle\é ces ptf)o&8*ferbaiii, aux ArehîTes de Maine-et-Loire, Fonds de St.-Florent. Ce» documenu particuliers ont été rérifiés i»r M. CélesUn Port, archiviste.

(2) Voir les Études »ur la condition de la elaêu agricole et C état de C agriculture , etc., en tiorm' mandie, au moyen-^ge, par M, Léopold Delisle, cb. vu, p. 172,

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Noos avons dit que les archidiacres prélèvent nn certain droit sor les élises qu'ils visitaient Ce droit se nommait Circêia, Circada. Ducange le définit : Census qui soivitur ab ecclesiis, episcopOs aut arehidiaeono, pro visiUUione ; ita dictus a circnmeundo, quod epi$ccpi aut archidiaem diocœses suas circumeundo visitent ; nam circuire parochias mas dicutitur episcopi. Apud Gregorium, Moralium lib, III, cap. 38.

On ne voit pas quelle raison aurait déterminé Tévèque on Tarchidiacre à relever le nombre des paroissiens pour se faire payer une redevance qui était due, non par les individus, mais par le Trésor des églises : qui s&lvitur ab ecctesiis* Nous allons hasarder une explication que nous sonunes prêt d*ailleurs à retirer, pour peu qu'on en présente une meilleure. N'y aurait-il point un rapport direct entre ce recensement et la collecte des pardons que nous avons mentionnée plus haut? A l'époque qui nous occupe, bien que les pénitences publiques Tussent hors d'usage, l'Église avait conservé lacontome d'infliger l'excommunication à ceux qui avaient commis certains péchés dont on ne pouvait se relever que par une entière soumission et le paiement d'une amende fixée suivant la gravité de la Tante. Nous avons soas les yeux une pièce originale trè&*curieuse : c'est un état des recettes de la juridictiofn spirituelle du Chapitre delà cathédrale de Meanx pour l'année 1388. Il contient un article intitulé: Recepla de emendis ea^ammunkaforum hujusanni, M^ CCC^ IIIP""^ Ylir. Chaque excommunié est désigné par son nom etsademeure. La^Tormule constantedeVabsolution est celle-ci: Solutus pro etnenda et absolutus. Cette amende varie, dans notre registre, entre les chiffres extrêmes de xx deniers et de ix sous iv deniers.

Ne pourrait-on point voir, dans ce recensement des paroissiens que nous ont laissé les archidiacres, le nombre de ceux qui auraient été déliés de l'excommimication 7 I.es amendes devaient tourner tant au profit de Tévèché qu'à celui de l'église. Nous croyons trouver une trace de ces usages dans ce que l'abbé Laurent dit (1) relativement à une offrande Taite, en cette église, par les fidèles accomplissant leur^voir pascal et qui semble avoir la même signification que celle des pardons. Cette offrande, connue sous le nom de cueillette des devoirs, ne restait pas au trésor de Téglisl^ intégralement: il était anciennement prélevé une somme de 100 sous que Ton

(1) Biitoire de la paroisic ^(."Çcmuiin d'Argentan, p. 173.

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envoyait à Tévèque, le jour de Quasimodo^ comme contributioD pour les dépenses diocésaines. Si on nous objecte le chiffre élevé de ce nombre de paroissiens dont nous cherchons la signification, nous rappellerons que la foi était très-vive m moyeiK^e et que les fidèles n'avaient aucunement ridée de protester contre ces rigueurs. Lorsqu'ensuite nous voyons ce nombre diminuer rapidement, nous ne l'attribuons pas à une amélioration parallèle dans les mœurs, mais à la réserve que F Église fut obligée d'apporter dans ce moyen de correction. Alors l'amende devint facultative et constitua la quête des pardons. Jusque-'là, l'action de la société civile avait été nulle sur les mœurs; c'était à l'Église qu'il appartenait de les maintenir.

Dans les deux derniers siècles, les archidiacres continuèrent leurs visites ; mais l'indemnité à laquefle ils avaient droit était insignifiante. Pendant le XVIP. siècle, l'archidiacre recevait du Trésor, pour les honoraires de sa visite dans l'église d'Écouché^ 2 livres, et son clerc 10 sous. Il avait, en outre, droit à un diner qu'il prenait chez M. le curé , auquel les paroissiens donnaient 6& sous comme indemnité. Dans le cours du XYIIP. siècle, les archidiacres cessèrent d'accomplir leurs tournées avec régularité: aussi la comptabilité fut-elle très-négligée.

Si nous avons épuisé la matière pour ce qui concerne l'église d'Écouché, nous craignons fort de n'avoir pas moins épuisé la patience du lecteur ; cependant, avant de passer ani autres établissements religieux, nous donnerons encore la liste bien incomplète du petit nombre de curés de la paroisse dt)nt nous avons retrouvé les noms (1).

(I) 1190 à 1S02. Une ehafte de ri6fêq«e de Séei, Liiiard, sur la {NréflenlaUoo de Vabbé de SL-norent, confère la care d*ÉeDuclié& Pierre, son sénéchal DiUcto et fideli uneMcaUo nostro Peiro, sans date, originale (Archives de Maine-et-Loire, fonds de SL-Florent) : C137. PHeholaut de St\ Lothario e$t per- 50IHU Ce Nicolas de Saint-lxiyer consent à résigner son office de curé' d^Êconché en &vear de G. dit Rey, moyennant une rente annuelle de huit liTres tournois, qui derait être consignée entre les mains de Tarcfaidiacre du Hoolme (Charte originale, Ibid,). — 12S7. G. dit Rey , curé d'Écouché. — I&i6, S3 avril. Vénérable homme et discret M*. Jacques Ducbemin, curé'd^Écoucfaé, est représenté au marché de con* slrucUoo de la charpente de lachopelle St-Denis, par M«« Pant Ducbemin, son procureur. — ihàî* M*. Jehan FïiuTei est désigné comme euré d'Ëcouché dans un acte de cette époque. —i&79. Ms Gerrais Le Mouz, curé d'Écouché, mourut en ceUe année* — 1&90. Louis Pillet, procureur de messire François d'Hareourt, baron d'Écouché, poursuivit Un procès contre Tabbé de SL-FIorent, qui avait pourvu de la cure d'Écouché noble homme. H*. Martin Du Bellay, licendé en Droit, chantre et chanoine de Péglise cathédrale de Poitiers. En revendication du droit de patronage de l'église d'Écouché, les mornes furent maintenus (Archives de Maine-et-Loire). En 1502, M«. Martin Du Bellay résigna sa cure entre les mains de' l'évéque de Séea (Ibid.). — 1602. M*. Jeati Aubcrt, doyen d*Argeotan, était poomi de la cure d*Écooché.'

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