IV HISTOIRE DE LA SOCIBTIÊ
latioDS venaient se presser pour y chercher on abri contre les attaques de la force brutale dont il était le seul contre-poids , et trouver un peu de pais , de justice et de liberté. C'était sous son patronage que l'industrie elle-méine , un peu oublieuse de ses services aujourd'hui , allait placer ses institutions naissantes destinées à la développer , comme c'était de lui , de ses travaux , qu'elle recevait les secours et Fimpulsion qui pouvaient , à cette époque , la féconder.
< Nous ne pouvons faire un pas dans l'étude de notre passé "sans le rencontrer. C'est à ses archives , malheureusement éparses y que nous sommes obligés de re* courir pour y retrouver les données les moins incertaines sur l'origine et les développements de nos anciennes institutions. C'est encore à lui que nous devons les documents qui nous permettent de démêler l'histoire de notre propre origine , et d'en suivre les développements à travers les luttes , les invasions « les conquêtes par lesquelles notre sol , si riche aujourd'hui et si paisible , a été tant de fois et pendant si long-temps bouleversé.
• Us ont donc entre tous leur place au milieu de nous , les dignes successeurs de tant de saints et grands pontifes , auxquels nous devons à peu près tout ce que nous avons , et dont nos faibles et modestes travaux n'ont , en définitive , pour résultat que de faire revivre les services et les bienfaits aux yeux de générations que le temps éloigne de plus en plus de ces souvenirs, quoique tant de précieux restes les rappellent , mais que le torrent d'une vie plus agitée et plus rapide que jamais exposerait à devenir injustes, si elles pouvaient les méconnaître ou les oublier.
c La Société des Antiquaires n'a pas à se reprocher de s'être jamais rendue compllce d'un pareil oubli, et le choix même qu'elle a fait l'année dernière, pour le placer à sa tête , du savant infatigable , dont une souffrance inattendue nous prive aujourd'hui, témoigne assez de son empressement à découvrir, à mettre en lumière tous les services rendus à la science et à la religion par les successeurs les plus modestes de ces hommes de science et de foi pour lesquels nous nous plaisons à proclamer notre vénération et no^ sympathies.
i M. l'abbé Cochet a su trouver dans l'étude des antiquités de notre pays une mine non encore épuisée, qu'il a rendue féconde. Partout où il l'a pu, il a fouillé notre sol pour y retrouver la trace des usages suivis , dans leurs sépultures , par les nombreuses populations qui sont venues successivement s'établir dans notre contrée , et une persistance d'investigations que rien n'a pu ralentir est parvenue à donner à la science des lumières inaperçues avant lui , et à lui faire un nom qui n'est plus renfermé dans les limites de notre province.
t C'est qu'à cette étude, Messieurs, il s'en rattache bien d'autres, et qu'elle n'intéresse pas moins le philosophe, le moraliste et l'homme religieux que FantiqUilire ; ou , pour parler plus exactement et ne pas séparer par le langage ce qui ne peut être désuni sans que la science elle-même n'en éprouve un regrettable amoindrissement , c'est que cette étude a le privilège plus que toute autre d'appeler les méditations de l'homme au point de vue de la foi, de la philosophie et de la morale.
HISTOIRE DE LA SOGIÉTiS. f
coQune à celui de Thisloire , et qu'elle ne trouve pas an moindre retentissement dans les instincts les pins intimes des masses.
« C'est que là se trouve presque toujours la révélation des mœurs , des habitudes, du caractère et aussi des institutions des peuples et de l'état de la société dans laquelle ils ont véca. C'est aussi qu'au milieu des secrets mystères de la tombe , il est un grand fait qu'on rencontre partout et toujours, et qui se manifeste non-seulement dans les cérémonies qui précèdent et accompagnent les funérailles , mais jusque dans la sépulture elle-même ; et ce fait c'est une protestation éclatante contre la mort> déposée au sein niéme du tombeau ; témoignage irréfutable du besoin de la croyance universelle des peuples à Timmortalité, et par cela même l'une des preuves les plus frappantes de la réalité de cette immortalité, si profondément écrite dans notre nature que la vue de tout ce qui disparaît ne peut ni l'affaiblir ni Teffacer.
« La Société des Antiquaires a cru s'honorer en allant chercher M. l'abbé Cochet dans sa modeste solitude , pour lui donner ce témoignage de l'estime qu'elle portait à ses études et à ses travaux. Dans la république des lettres , il n'est point de service qui n'ait sa place et ne doive trouver sa récompense ; et si l'année précédente , notre Compagnie avait été heureuse de payer au fonctionnaire éminent le tribut d'hommages et de reconnaissance auquel son caractère et la bienveillante protection dont il nous avait honorés lui donnaient tant de droits , elle s'est plu à montrer par le choix de son successeur que c'était moins au fonctionnaire qu'à l'homme de bien, qu'au savant, qu'au bienfaiteur de notre Compagnie, qu'elle avait voulu rendre cet hommage dont il était si digne, et offHr un témoignage sincère des sentiments qu'elle avait pour lui et qui n'ont pas disparu avec les fonctions que nous avions été si heureux de lui déférer.
c Mais je ne veux pas, Messieurs, profiter de l'honneur dangereux et bien inattendu que le hasard m'a fait en m'appelant à présider cette séance , pour retarder le juste désir que vous avez d'entendre les lectures qui doivent en faire le principal sujet Si la personne de M. l'abbé Cochet nous manque, vous ne le perdrez pas tout entier , et une voix plus accoutumée que la mienne à se produire dans nos solennités va vous faire connaître ce qu'il se proposait de vous adresser lui-même. Pour mon compte , dans ces quelques paroles jetées à la hâte , et pour lesquelles je sollicite toute votre indulgence , je n'ai vouhi qu'exprimer, au nom de la Société des Antiquaires, toute la reconnaissance qu'elle éprouve pour l'honneur qu'elle reçoit aujourd'hui, t
La parole est donnée à M. Charma qui lit , au nom de M. le Directeur absent , le discours que nous reproduisons :
« Messieurs,
« Il y a un an, à pareil jour, vos suffrages sont vernis me chercher dans mon humble solitude pour me placer à la tête de votre savante Compagnie. Permettez-moi de