MuU humblement merci guerra
En Sa maneie se mettra.— V. 6170.
• En sa main , en sa puissance. Borel et M. de Roquefort paraissent
76 NOTBS PHILOLOGIQUES
n'avoir pas entendu ce mot. » Maneie est ici une variante dii mot si commun de maesnie, qui signifie les hommes de la maison, du fief, de la vassalité.
78. Il y a un mot dont le sens a été complètement manqué dans tout le cours du poème, un mot très-fréquent dans le vieux français et qui dans notre poème se présente au moins une douzaine de fois : c'est le mot dangier , danger , domnigerium , domigerium ^ fort éloigné au moyen-&ge, en français et en anglais, de sa signification actuelle, et qui, selon sa racine latine , voulait dire domination > seigneurie. Je prends au hasard dans le second volume:
Ja se fet orguUlos è maine graot dangier.— V. 2975. c'est-à-dire mène grande seigneurie et non : t train , suite , équipage. »
Ja ne trovera mez ki l'en face dangier.— V. 3323. c'est-à-dire qui lui impose sa domination , et non : • qui l'inquiète. •
Hue Chapet mena mult grant dangier.— V. i!i313.
c'est-à-dire grande puissance , et non : « courut de grandes aventures. »
Gam se ele U feist dangier.— V. 578&.
c'est-à-dire opposition , commandement , et non pas exactement : c faisdt difficulté, n
Metuns nos fors de lor dangier. — V. 6026.
hors de leur puissance. Ces citations ont peut-être aussi l'avantage de montrer le rapport assez mystérieux qui a associé l'idée de péril à celle de la puissance , et cette étymolc^e est peut-être une profonde peinture du moyen-ftge.
Dans une édition complète de Wace, traitée avec le soin que les Anglais ont donné à celles de Ghaucer et de Spencer , il faudrait accepter presque sans réserves la Conception Nosire-Dame publiée , en 18/i2 , par MM. Mancel et Trebutien. Avec une très-grande connaissance de l'idiome