OBSERVATIONS
Les opinions indiquées ci-dessus ne peuvent donc être admises. Selon nous, lepulpitum est une partie distincte, mais fictive^ conventionnelle in proscenium; c'est une division du tliéâtre, formée du proscenium touchant l'orcbestre , la plus rapprochée des spectateurs , et où Tacteur venait débiter son rôle ; ce serait la partie appelée la rampe dans le théâtre moderne.
En adoptant cette interprétation , on comprend pourquoi les auteui*s parlent indiiTéremment du pulpitum ou proscenium , et on se rend compte du silence de Yitruve sur les règles d'architecture à suivre dans la construction du pulpitum. C'est en effet une partie fictive où Tarchitecte n'a rien à faire.
Proscenium. — Le proscenium était l'espace vide compris entre la scène, le versura et le pnlpitum ; chez les modernes , c'est la partie comprise entre la toile du fond (scena) , les coulisses de l'un et de l'autre côté (versurae) et la rampe (pulpitum) qui la sépare de Torchestre.
Chez les Romains , cette partie du théâtre présentait plus de largeur, mais moins de profondeur que chez les modernes. Les chœurs y venaient faire leurs évolutions ; les personnages secondaires y remplissaient leurs rôles en laissant toutefois le premier plan , pulpitum, aux premiers rôles ( actores primarum partium).
Le proscenium était élevé de 5 pieds au-dessus du niveau de l'orchestre ; il était terminé le plus souvent par une ligne droite qui séparait la partie qu'occupaient les acteurs du reste du théâtre. Néanmoins dans quelques théâtres , notamment dans ceux de Milet et de Laodicée , il affecte la forme d'un angle obtus ; cette disposition rendait le proscenium plus étroit sur les côtés , mais elle permettait à un plus grand nombre de spectateurs de voir ce qui se passait sur la scène.
Scène. — La scène formait le fond du théâtre et remplissait l'emploi de ce que nous appelons , dans le théâtre moderne , le rideau du fond ; elle égalait deux fois le diamètre de l'orchestre. Cassiodore la définit ainsi : « Scena frons theatri fuit seu locus actorum uude in proscenium prodi- « bant histriones. »
La scène offrait l'aspect soit d'un portique droit, soit d'une façade en hémicycle ; elle était ornée de colonnes superposées de différents ordres et composées de marbres précieux , mais établies dans une teUe . jH^oportion que le second rang était plus petit d'un quart que le premier ; le troisième,
SUR LES DIVISIONS BU THEATRE ANTIQUE. 12 i
plus petit d'un quart que le second (théâtres d'Herculanum , de Laodicée).
C'est surtout dans la décoration de la scène que le théâtre étalait tout son luxe. Scaurus la fit faire toute de marbre, Muréna la fit argenter, Pétreus la fit dorer.
La scène était percée de trois portes* Celle du milieu , qui se trouvait au centre de la scène, s'appelait regalis, royale ; elle était quelquefois cintrée avec une petite voûte et prenait alors le nom de valva regia. C'est par cette porte que les acteurs représentant des rois ou des princes faisaient leur entrée; elle était flanquée de deux autres ordinairement plus petites, appelées hospitales^ c'est-à-dire des étrangers; c'était par là que les étrangers , ceux qu'il fallait se représenter soit comme figurant sur une autre scène que la scène commune , soit comme venant d'un autre lieu que celui où logeaient les principaux personnages de la pièce , entraient sur la scène. Pollux assure que la porte de gauche était celle d'une prison.
Les portes regalis et hospilales étaient fermées aux trois quarts par des espèces de pyramides à trois faces et tournant sur pivot ; sur chaque face étaient clouées des tapisseries qui composaient les décors du fond.
Aux deux extrémités se trouvaient les retours de la scène, ver sur œ, qui embrassaient le proscenium à droite et à gauche. On trouvait là encore deux portes : l'une pour ceux qui arrivaient de la campagne, l'autre pour ceux qui venaient du port ou de la place publique.
PosTscENiuM , Parascenium , PoscENiuM. — La partie située derrière la scène prenait indistinctement ces trois noms. Elle n'était pas en vue des spectateurs et répondait à nos coulisses. C'était là que les acteurs s'habillaient et préparaient leurs entrées. On y trouvait les chorages ( choragia}*, petits appartements où le régisseur organisait la mise en scène et où on faisait répéter les chœurs; ils servaient de magasins pour les costumes et les instruments de musique.
La partie supérieure du théâtre proprement dit , prise dans son ensemble , portait le nom A'episcenium ; des niches y étaient pratiquées et recevaient les statues soit de quelques divinités , soit des empereurs ; la partie inférieure s'appelajt hyposcenium ; c'était là que le machiniste préparait les appareils destinés aux ascensions, aux apparitions des ombres ou des dieux infernaux.