‹ Mémoires, souvenirs et anecdotes (volume 2)Chapitre 7 sur 42 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Les introductions que nous publions n'empruntent rien , c'est pour nous une règle constante, aux Hémoires qu'elles précèdent : ce serait une économie trop facile que celle qui meublerait Tantichambre aux dépens du salon. Notre habitude a toujours été. de préparer aux faits , aux assertions qu'on va lire dans le Mémoriographej quel qu'il soit , par des faits contemporains, mais différents, qui ajoutent soit à la connaissance de l'époque , soit à la biographie de l'écrivain . En France , ce qu'on sait du prince de Ligne, savieaventureuse,réclat de sa bravoure, l'incorrection de son style, l'originalité de son esprit, ont à bon droit si vivement occupé l'attention , qu'il nous eût été bien difficile de rien dire de neuf en ce qui le touche. Un très-heureux hasard nous a bien servi âPétranger. Un jeune Russe, H. le comte Ouvaroff, était à Vienne en 1807, au moment où , quoique avancé en âge, le prince de Ligne y brillait encore parlajeunesso de ses manières et la vivacité de ses souvenirs. Le comte russe, en homme d'esprit etde goût, s'empressa

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lY AVERTISSEMENT DE l'ëDITBUB.

de mettre à profit les trésors de mémoire et les saillies argent comptant dont le prince enrichissait avec prodigalité ses entretiens. Il y parlait surtout avec effusion de cette cour de France qui l'aimait tant, etdont la reine et sa société faisaient pour lui le plus grand charme. Rien ne fut perdu de ces intéressants souvenirs pour le comte Ouvaroff. Ses connaissances fort étendues, ses services et son mérite le portèrent, plus tard> en Russie , aux plus hauts emploits : il fut ministre de Tinstruction publique et président de Facar demie impériale des sciences à Pétersbourg. Mais les conversations de sa jeunesse, à Vienne, restèrent toujours présentes à sa pensée. On les trouvera, dans le morceau qui suit, très-fidèlement reproduites, avec une politesse, une élégance du langage qui se rencontrent bien rarement en France aujourd'hui (1). En lisant cette introduction d'un ministre russe aux Mémoires d'un grand seigneur autrichien, certainement on reconnaîtra que nous n avons rien dit de trop à la louange du prince de Ligne et de son admirateur M. le comte Ouvaroff.

Fs. Barrière.

xl) Ce morceau fait partie d'un volume publié à Saint-Pétersbourg, en 1843, sous ce titre : Études de philoloaie eidecrUi' que^ par M. Ouvaroff.

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