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hors d'état de pourvoir à sa subsistance et à celle de sa fille.
Marie était devenue éprise d'iiri jeune ouvrier; mais en même temps elle avait inspiré une vive passion à Tofficier russe dans la dépendance duquel elle se trouvait, Cet homme , n'écoutant que ses désirs, engagea facilement le père de Marie à refuser la main de sa fille à son aniant qui ne possédait rien ; en même temps il dit à ce vieillard qu'une de ses parentes désirait avoir près d'elle une jeune personne, et que cette place avantageuse conviendrait à sa fille : l'infortuné père accepta cette offre avec reconnaissance.
Marie, séparée de son amant, partit pourfétersbourg , et fut placée, sous la surveillance d'une vieille intrigante , dans un petit logement où on lui accordait tout ce qu'elle désirait, hors là liberté , la protection qu'elle avait espérée , et les moyens de voir son amant ou de correspondre avec lui.
Marie ^ à l'âge de l'espérance, se résignait et attendait tout du temps ; mais il combla bientôt ses malheurs : son prétendu bienfaiteur arrive ceàse tout déguisement et ne laisse plus voir ei lui qu'un vil corrupteur. Elle résiste avec la doi ble force de lamour et de la vertu.
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Convaincu de l'inutilité de tous moyens de séduction , tant que la joiine &lle conservera quelque espoir d'être un jour à ce quelle aime , le ravisseur la trompe en lui faisant parvenir la &ussè nouvelle de la mort de son amant. Elle tombé dans la stupeur et le désespoir.
Son persécuteur en profite, l'oiitrâgé, e6nsomme avec violence son crime et t'abandonne lâchement. L'infortunée snccombe et perd la raison ; h pitié de quelques voisins cliafttables la plaça dans un hospice.
Deux ans s'étaient passés depuis cet événement, lorsqu'on me 6t voir cette déplorable victime du crime et de l'amour. Pâle , languissante, égarée, on reconnaissait encore en elle quelques traces de beaiiti?; aucun son ne sortait de sa bouche; elle ne trouvait jwint d'accens pour exprimer, sa douleur; toujours les yeux fixes, la main appuyée sur son coeur, elle restait dan* h. même consternation, dans la même surprise, dans le même silence, dans la même attitude qii*au moment où elle avait appris la mort de Tobjet de son affection ; son corps seul paraissait vivre, son âme cherchait ailleurs l'être qui aurait feit le charme de sa vie.
Jamais un si douloureux spectacle ne s'efiacera
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de ma mémoire. M. D'Aguesseaii, mon beaii-frère, qui se trouvait à Pétersbourg, et qui fut attendri comme moi à la vue de cette jerme fille, traça l'esquisse de sa figure. Je possède encore ce dessin, qui me rappelle souvent la touchante Marie et ses infortunes.
L'habitude d'ordonner, sans formes, des diâtimens , qui sont atissitôt infligés que commandés, pour des fautes condamnées sans examen et sans appel par un maître absolu, entraîne, de la part même des maîtres les moins durs, d'étranges méprises.
£n voici une dont le dénouement fut assez ridicule, grâce au personnage qui s'en trouvait l'objet, quoique le commencement en eût été fort triste et presque cruel.
Un matin je vois arriver chez moi, avec précipitation, un homme troublé, agité à la fois, par la crainte^ par la douleur, par la colère; ses cheveux étaient hérissés, ses yeux rouges et remplis de larmes, sa voix tremblante, ses habits en désordre: c'était un Français.
Dès que je lui eus demandé la cause de son trouble et de son chagrin : ■ Monsieur le comte, » me dit-il, j'implore la protection de votre excel- ^ lence contre un iicte affroux d'u)justice et de