IV AVERTISSEMENT DE LÉDITEUB
de mettre à profit les trésors de mémoire et les saillies argent comptant dont le prince enrichissait avec prodigalité ses entretiens. Il y parlait surtout avec effusion de cette cour de France qui l'aimait tant, et dont la reine et sa société faisaient pour lui le plus grand charme. Rien ne fut perdu de ces intéressants souvenirs pour le comte Ouvaroff. Ses connaissances fort étendues, ses services et son mérite le portèrent, plus tard, en Russie , aux plus hauts emploi ts : il fut ministre de rinstruction publique et président de l'académie impériale des sciences à Pétersbourg. Mais les conversations de sa jeunesse, à Vienne, restèrent toujours présentes à sa pensée. On les trouvera, dans le morceau qui suit, très-fidèlement reproduites , avec une politesse, une élégance du langage qui se rencontrent bien rarement en France aujourd'hui (1). En lisant cette introduction d'un ministre russe aux Mémoires d'un grand seigneur autrichien , certainement on reconnaîtra que nous n'avons rien dit de trop à la louange du prince de Ligne et de son admirateur M. le comte Ouvaroff.
Fs. Barrière.
^1) Ce morceau fait partie d'un volume publié à Saint-Péterslourg, en 1843, sous ce titre : Études de philoloaie et decritiqu€, par M. Ouvaroff.