U MÉMOIRES
change rapide de leurs pensées y de leurs lumières, des fruits de leurs travaux , et fécondent les terrains stériles.
Ces sciences commandent aux élémens, dirigent , écartent la foudre. Secondés par elles , les hommes des temps modernes bravent les tempêtes de rOcéan , qu'ils sillonnent à Taide d'une voile légère, du pouvoir invisible de l'aimant, et des forces magiques d'une vapeur concentrée; enfin partout l'auteur nous montre le sort de Thomme relevé, embelli, perfectionné par une religion plus douce, par des lois plus justes, par des institiltions plus sages et par des gouvernemeni plus éclairés.
0£rix>ns donc l'hommage d'une juste Kconnaissance à l'auteur de la félicité publique , qui , dissipant les préventions de l'école, l'epiace enfin, comme elles doivent Tctre , Paris et Londres fort nu-dessus de cette Rome et de cette Atbéoes, dignes à la vérité de notre admiration sous beaucoup de rapports, mais qui ne méritaient pas, à d'autres égards, le culte enthousiaste et sorvileque trop long-temps nous leur avions voué.
Un de mes plus prcssans désirs était de voir le héros de l'Amérique , le général Washington; il étuit alors campé à peu de distance de nous. M» k comte de llochambeau. eut la bonté de me présenter à lui. Trop souvent la réalité est bien au-des-
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SOUS de l'imagination , et l'admiration diminué en voyant de trop près celui qui en a été l'objet; mais, à la vue du général Washington, je trouvai un parfait accord entre l'impression que me faisait son aspect, et l'idée que je m'en étais formée.
Son extéri-eur annonçait presque sQn histoire : sim|>llcité, graqdeur, dignité, calme, bonté, fermeté , c'étaient les empreintes de sa physionomie, de son maintien , comme celles de son caractère ; sa taille était noble , élevée ; l'cxpressioç de ses traits, douce, bienveillante; son sourire agréable; •ses manières simples sans'familiarité.
U n'étajait poi^t le faste d'un général de nos monarchies ; tout annonçait en lui le héros d'ime république ; il inspirait plutôt qu'il ne commandait le respect; et, dans les yeux de tous ceux qui Fentouraient, on t^oyaît une vraie affturtion et cette confiance entière en up chef, sur lequel ils semblaient fonder exclusivement leur sécurité. Son quartier, un peu séparé de son camp, présentait l'image de i ordre qui pégnait dans sa vie , dans ses mœurs et dans sa conduite.
Je m'étais attendu à voir dans son camp populaire des soldats mal tenus ^ des officiers sans instruction, des républicains privés de cette urbanité si commune dans nos vieux pays civilisés. Je me ^^uvenais de ces premiers momens de leur révo-
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lutioD, où des laboureurs^ des artisans, qui n'^ valent jamais manié de fusils , avaient couru sans ordre, au nom de la patrie, combattras les phalanges britanniques, ne présentant à leurs regards étonnés que des masses d'hommes rustiques, qui ne portaient d'autres signes militaires qu'un bonnet sur lequel était écrit le mot liberté.
On peut donc juger combien je fiis surpris de trouver une armée disciplinée où tout offrait limage de Tordre , de la raison , de l'instruction et de l'expérience. Les généraux , leurs aides de camp et les autres officiers, montraient dans leur maintien, dans leurs discours, un ton noble ^ décent, et cette bienveillance naturelle qui me parait aussi préférable à la politesse , qu'ime phjFsiooomîe douce l'est à un masque qu'on s*èst cfEtMrcé de rendre gracieux. .
Cette dignité de chaque individu, cette fierté que leur inspiraient l'amour de la liberté et le sentiment de l'égalité , n'aviaent pas été de légers obstacles pour le chef qui devait s'élever au^essui d'eux, sans leur inspirer de jalousie, et soumettre leur indépendance à la discipline, sans exciter leur mécontentement.
Tout autre que Washington y aurait échoué; il suffit, pour apprécier son génie et sa sagesse, de dire qu'au milieu des orages d'une révolution, il a commandé sept ans larmée d'un peuple libre,
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sans donner de crainte à sa patrie et sans inspirer de méfiance au congrès.
Dans' toutes les circonstances on le vit réunir en sa faveur les suffrages des riches et des pauvres y des magistrats et des guerriers ; enfin il est peut-être le seul homme qui ait conduit et ter« miné une longue guerre civile sans s'être exposé à un reproche mérité. Comme chacun savait qu'il comptait pour rien son intérêt privé, et que l'intérêt général était son seul but , il a joui , de son vivant, de ces hommages unanimes que les contemporains refusent ordinairement aux plus grands hommes, et qu'ils ne doivent attendre que de la postérité. On aurait dit que l'envie , le voyant si hautement élevé dans l'opinion universelle, s'était découragée et désarmée, parce qu'elle n'avait aucun espoir que ses traits pussent l'atteindre.
Le général Washington , à l'époque où je le vis, était âgé de quarante-neuf ans ; il s'efforçait modestement d'éviter les hommages qu'on se plaisait à lui rendre. Jamais cependant personne ne sut mieux les accueillir et y répondre. Il écoutait avec une obligeante attention ceux qui lui parlaient, et sa physionomie' leur avait répondu avant ses paroles.
Il fit , très jeune , ses premières armes contre la France , sur les frontières du Canada , à la tête
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des milices virginiennes. Revenu dhez lui, r cet homme , qui devait jouer un si grand rôle dans sa patrie , resta long-temps iiiactif dans ses foyers, paraissant préférer uh repos philosophique aux agitations des affaires publiques.
Exempt d'ambition , il prit peu de part aux pre* miers événemens qui signalèrent Tinsurrection américaine ; mais ^ dès que la guerre fut irrévocablement déclarée, comme TÉtat et Tarmée avaient besoin d'un chef, tous les regards se poi^ tèrent sur Washington, dont la sagesse était gé« néralemeut estimée; d'ailleurs, dans une contrée où la paix régnait depuis si long-temps, il était peut-être alors le seul homme qui eut quelque idée et quelque souvenir de la guerre.
Animé de l'amour le plus pur et le plus déaîn* téressé pbur sa patrie, il refusa de recevoir le traitement qu'on lui assignait comme géliéral tû chef, et ce fut presque malgré lui que TEtat se chargea de payer les frais de sa table. Cette tâlile était tous les jours de trente couverte Ces repaé^ qui , suivant l'usage des Anglais et des AniéricaÎDs, diiraient plusieurs heures, se terminaienit par de nombreux toasts : les plus usités s'adressaient à Tie. dépendance des États-Unis, au roi et à la reiue de France, aux succès des armées alliées ; aprèsceux* ci, venaient les toasts par ttctdiers, ou, comme on le disait eu Amérique , toasts de sentUneiis.
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Presque toujours, lorsque la table était desservie , et qu'il n'y restait plus que des bouteilles et du fromage, la réunion se prolongeait jusqu'à la nuit. Cependant la tempérance était une des vertus de Washington ; en prolongeant ainsi son diner, il n'avait qu'un but réel , le plaisir de se livrer aux douceurs d'une conversation, qui le distrayait de ses soucis et le reposait de ses fatigues.
Lorsque je dînai chez cet illustre général , de tous ses belliqueux convives , celui qui excita le plus ma curiosité fut le général Gates. On sait qu'il avait eu la gloire de vaincre le premier et de faire passer sous le joug une armée anglaise. Cette armée, ainsi que SQn chef Burgoyne, défila devant Gates et déposa les armes à ses pieds.
Gates, par son patriotisme , par ses vertus, par son courage , avait mérité cette faveur de la fortune, mais il neput la fixer; peu de temps après, il se vit battu à Campden, non par sa faute, mais par la défection de quelques milices américaines qui prirent la fuite. Accusé devant le congrès , on soumit la décision de son sort à Washington , son rival de gloire. Il existait entr'cux quelques semences de jalousie.
Cependant Washington , qui , dans les premiers momcns, avait témoigné de l'intérêt à Gates,- se montra rigoureux comme juge au moment où l'indulgence aurait accru sa gloire; mais l'entière
perfection n'est pas compatible avec rhumanité' Gates fut destitué y et on donna son commandement au brave et célèbre général Green,
Les hommes d'un grand caractère ennoblissent leur malheur par Iç courage avec lequel ils le supportent : celui de Gates fut héroïque et digne de lui ; il déclara que , privé de Thonneor de commander, son ferme dessein ét^it de continuer à verser son sang , comme soldat , pour sa patrie , tant que la guerre de l'indépendance^durerait^et il vint avec une noble confiance dans la tente de Washington. Leur première entrevue, qui fut publique, était attendue avec ime impatiente curiosité. De part et d'autre on ^observa les convenances d'une généreuse courtoisie, et tous deux, dans deux rôles bien différens, gardèrent une noble et modeste dignité. De ce moment leurs querelles cessèrent, et Washington rendit à Gates la confiance ainsi que les honneurs qu'il méritait
Le général Washington m'accueillit avec bonté; il me parla de la reconnaissance que son pays conserverait toujours pour le roi de Fraiice et pour sa généreuse assistance. Il me fit les |Jus grands éloges de la sagesse, de l'habileté du général comte de llochambeau, dont il s'honorait, disait-il , d'avoir mérité et obtenu l'amitié; il loua vivement la bravoure et la discipline de notre armée \ enfiii il m'adressa particulièrement des pa-
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rôles très obligeantes relativaoaent à mon |)ère, à ses longs services, à ses nonabreuses blessures, clignes ornemens, disait -U, d'un ministre de la guerre.
Nous espérions toujours que les Anglais , hon-^ teux de leur inaction , cesseraient de se tenir enfermés dans leurs retranchemens de New -York, et qu'ils en sortiraient pour se mesurer avec nous. Mais, découragés /par leurs revers , ils demeurèrent immobiles et se contentèrent débloquer, autant qu'ils le pouvaient, les,pprt«, pour intei^ cepter les renforts et les nouv*ilfes que nous attendions d'Europe.
Notre impatience 'do combattre était secçndéa par le baron de Yioménil, dont l'humeur était bouillante et le courage téméraire : jl voulait à toute force que nos deux armées attaquassent vivement New- York. Mais la forte position de cette place, son escarpement, ses nombreux retranchemens à plusieurs étages et défendus par de fortes batteries , les secours et les rafraicl;iissemeus qu'on y recevait continuellement par la mer, enfin l'impossibilité de l'investir totalement, auraient suffi pour empêcher le général Washington et le comte de Rochambeau de hasarder une entreprise qui aurait coûté tant d'honunes sans nécessité, au moment où les Anglais « s'avouant, pour ainsi dire, vaincus, prouvaient évidemment;
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qii'ils avaient renoncé à l'espoir de raTir aux États-Unis leur indépendance.
D'ailleurs les ordres que j'avais apportés à AL le comte de Rochambeau lui avaient prescrit un autre plan , qui devait étreexécuté y à moins d'en être empêché par des circonstances imprévues; et, comme on le verra bientôt^ c'était aux Antilles que notre gouvernement voulait porter les couj^s décisifs , qui devafent forcer l'Angleterre à terminer cotte lutte sanglante et à conclure la paix.
Le camp français de Crampont était situé ï quinze milles, ou cinq lieues, du camp américain. Nous y restâmes trois semaines , après lesquelles le bruit commença à se répandre, dans l'armée , que nous devions bientôt quitter les États-Unis , et nous embarquer à Boston sur une escadre commandée par M. de Vaudreuil. Cette séparation contrariait extrêmement Washington et l'armée américaine. Cependant les résultats de celte mesure et la promptitude de la paix justifièrent pleinement, Tannée suivante, la sagesse du plan conçu par le ministère français.
Le aa octobre, nous nous mimes en ronte, et, après une semaine de marche , nous arrivâmes dans la plaine de Harford , Tune des plus grandes villes du Connccticut. Nous y séjournâmes quatre jours. Là , M. de Rochambeau nous apprit officiellement que, si un mouvement imprévu des
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Anglais ne s'opposait à ses desseins , il comptait l'etourner immédiatement en France avec une paftie de son état-major, et que nous serions dorénavant sous les ordres de M. le baron de Vioménil.
Nous ùpprtmes, en même temps , que l'escadre de M. de Vaudreuîl^'était pas encore prête à nous recevoir, et que cet amiral désirait que nous n'arrivassions à Boston qu'au moment où ses préparatifs seraient achevés: ainsi nous nous vîmes destinés à rester long-temps campés , et à faire ensuite de pénibles marches dans une saison dont la rigueur préiftatui'ée commençait à se faire assez fortement sentir : car déjà la neige tombait avec abondance comme en hiver.
Le l\ novembre, l'armée partit pour Providence. Comme nous nous étions éloignés de l'ennemi , et que notre présence au camp n'était pas indispensable, nous demandâmes, le prince de Broglie et moi, à M. de Rochambeau, la permission de faire une course à New-London , lieu devenu fa-
meux par les perfides et les sanguinaires vengeances d'Arnold, et de visiter aussi Rhode-island, où nos troupes avaient séjourné si long-temps avant de commencer leur glorieuse campagne.
MM. de Vauban, de Champcenetz, de Chabanes et Bozon de Talleyrand-Périgord nous accompagnèrent dans ce petit voyage.
Le pays que nous traversâmes offrit à nos re-
kÀià.
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gards des situations ridies et variées, ipiè popn» lation nombreuse, active^ industrieuse, pfffée de ses travaux par Faisan ce ;::par tout des champs bien cultivés , des rues régulière&4^ des maisons propres, des villes qui devaient êtpe bientôt descités, et des villages qui ressemblaient déjà à de petites villes.
New-London , par sa position sur la Tamise, k un quart de lieue de sou embouchure dans la mer y avait été , dit-on, fort commerçante et fort riche ; mais y lorsque nous la vîmes , le traître Arnold Tavait dévastée , brûlée , et i|pus marchions sur les débris de ses maisons et de ses magasins incendiés. Les deux rives de la- Tamise étaient défendues par deux forts , dont Fun paraissait encore en assez bon état et contenait une artille* rie suffisante.
Nous partîmes ensuite pour Nçw-Pôrt, et niftos fîmes cinquante milles par une détestable route. C'était le premier mauvais chemin que j^avai^ rencontré dans les États-Unis. Après avoir passé deux ferrys dont le second sépare le continent de Rhode-Island, nous arrivâmes dans cette île. J'étais destiné à trouver toujours sur l'eau les périls que je cherchais vainement sur terre: notre barque échoua rudement et fut au moment de chavirer ; de prompts secours nous tirèrent d'afiEaire.
Il nous fut Êicile, en voyant New-Port, de
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concevoir les tegrets de rarmée française Ibrsquelle quitta cette jolie ville, où elle avait fait un si long séjour. D'autres parties de l'Amérique ft'étaient encore belles qu'en espérance ; mais la prospérité de fthode-Tsland était déjà complète. L'industrie, la culture, l'activité du commercé n'y laissaient rien à désirer. * . • •
La ville de N«w-Port , bien bâtie, bien alignée, contenait une population nombreuse dont l'aisance annonçait le bonheur; on y formaif des réunions charmantes d'hommes modestes , éclairés , et de joiies femmes dont les talens embellissaient les charmes. Les noms et les grâces de miss Champlain , des deux miss Hunter et de plusieurs autres , sont restés gravés dans le souvenir de tous les officiers français.
Je leur rendis , comme mes compagnons, de justes hommages. Cependant mes visites les plus longues eurent pour objet un vieillard fort silencieux, qui découvrait peu ses pensées^ et jamais sa tête ; sa gravité, ses monosyllabes disaient assez à la première vue que' c'était un quaker. Pourtant il £aiut avouer que, malgré toute ma considération pour sa vertu , notre première entrevue aurait peut-être été la dernière^ si tout à coup, une porte s'étant ouverte, je n'avais vu apparaître dans son salon un être qui semblait tenir plus de la nymphe que de la femme.
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Jamais on ne réunit tant de grâces à tant <lc simplicité , tant d'élégance à tant de décence. C'était PoIIy Leiton , la fille de mon grave trembleur. Sa robe était blanche comme elle ; la montseline de son ample fichu , la batiste envieuse qui me laissait à peine apeixevoir ses blonds cheveux, enfin les simples atours d'une vierge pieuse, semblaient s'efforcer en vaiji de nous voiler la taille la plusfine^ et de nous cacher les attraits les plu^ saduisans.
Ses yeux paraissaient réfléchir^ comme deux miroirs, la douceur dune âme pure et tendre.
Elle nous accueillit avec une confiante oaïvefeé qui me charmait; et le tutoiment que sa secte iui prescrivait, donnait à notre nouvelle coonais<sance l'air d'une ancienne amitié. Je doute qua»cun chef dœuvre de l'art pût éclipser ce chefd'œuvre de la nature : c'était le imw que lui donnait :1e prince de BrogUe.
Dans nos entretiens, elle m'entonnait par la candeur originale de ses questions : « Tu n'as donc » eu Europe, me disait-elle , ni femme ni enfisu»^ » puisqi^ tu quittes ton pays pour veqir $1 loifi u faire le vilain métier de la guerre? »
« Mais c'est pour vos intérêts , luf répwidîsjje., » que je m'éloigne de tout ce qui m'<est cher, ^ » c'est pour défendre votre liberté que je jriens >» me battre contre les Anglais. »
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« Les Anglais, reprit-elle , ils ue t'ont point fait » de mal; et notre liberté que t'importe? U ne D faut jamais se mêler des affaires d'autrui, à 7> moins que ce ne soit pour les raccommoder et » pour empêcher de répandre le sang. »
(( Mais , répliquai-je , mon roi m'a ordonné de M porter ici ses armes contre vos ennemis et les i> siens. — Eh bien , dit- elle, ton roi te com- D mande une chose injuste, inhumaine, contraire » à ce que Dieu ordonne. U faut obéir à ton Dieu » et désobéir à ton roi; car il n'est roi c|ue pour » conserver et non pour détruire. Je suis bien » sûre que ta femme, si elle a bon cœur, est de » mon avis. »
Que pouvais-je répondre à cet ange? car, en vérité, je fus tenté de croire que c'en était un. Ce qui est certain, c'est que, si je n'avais pas été marié et heureux , tout en venant défendre la liberté des Américains, j'aurais perdu la mienne aux pieds de PoUy Leiton.
L'impression que m'avait £siite cette charmante personne , était d'une nature si différente de celle qu'on éprouve dans le brillant tourbillon du monde, qu'elle devait m'éloigner, au moins mo"* mentanément, de toute idée de concerts , de bals et de fêtes.
Cependant , comme les dames de New-Port nous avaient vivement touchés par leur accueil gra-