LA COMEDIE
Ai* : De la Montferrine.
Dans tous les états
Ne voit-on pas
La comédie ?
L^usage a fait loi :
Tu ris de moi,
Je ris de toi.
CHOEUR
Dans tous les états
^e voit-on pas
La comédie ?
L'usage a fait loi :
Tu ris de moi ,
Je lis de toi.
Qu'un époux. Jaloux , Tourmente une femme asservie,
Bientôt , par calcul ,
Elle joùra le traite nul.
Jeunes gens
Changeans ,
Jouez parfois l'éiourderie;
Surtout n'allez pas Jouer jamais les fils ingrats ,
CHOEUR
Dans tous les états,
Ne voit-on pas
La comédie?
L'usage a fait loi ;
Tu ris de moi ,
Je ris de toi*
Quand Frelon déçu N'a pas reçu Bourse remplie, Ce censeur tranchant, Dur par penchant, Y ^\\.\ç> méchant.
Epoux vieillissant , Qui joue avec femme jolie ,
Reste court souvent :
Son rôle est soufflé par l'amant.
CHOEUR
Dans tous les états, Ne voit-on pas La comédie ?
L'usage a fait loi ; Tu ris de moi , Je ris de toi.
En France , long-temps On vit, dans mainte tragédie,
Rôles à'intrigans^
Et de brigands^
Et de tyrans.
Les brigands ont fui ;
Mais aujourd'hui,
Dans ma patrie.
Je vois des Frontins ,
Et des Scapins,
Et des Crispins,'
CHOEUR
Dans tous les états ,
Ne voit-on pas
La comédie P L'usage a fait loi -,
Tu ris de moi ,
Je ris de. toi.
La prude a souvent L'air décent ,
Plein de modestie.
Voyez-la de près , Elle a joué la Fausse Agnès,
Que fait le rentier
Pour maint créancier Qui Tennuie?
Il a le secret De fort bien jouer le Distrait,
CHOEUR
Dans tous les étals ,
Ne voit-on pas
La comédie?
L'usage a fait loi ;
Tu ris de moi ,
Je ris de toi.
Le fat Veut l'éclat Sur le théâtre de la vie ;
Le sage, écarté, Se contente d'un aparté ;
Et, modestement.
Il borne sa philosophie A vivre gaiment , Jusqu'au moment Du dénoûment...
CHOEUR
Dans tous les étais,
Ne voit-on pas
La comédie ?
L'usage a fait loi ;
Tu ris de moi ,
Je ris de toi.