‹ Mémoires, souvenirs, œuvres et portraits (volume 2)Chapitre 58 sur 154 · CONSPIRATION MALLET · texte numérisé non relu

CONSPIRATION MALLET

1812. — Ce n'était pas un complot vulgaire; il y avait de l'originalité dans la conception , et , avec de l'ensemble, il n'aurait pas échoué. Le 23 octobre, M. Wilhemsens, chef de division à la préfecture, convaincu que Napoléon était mort, va trouver M. Frochot à sa campagne, le rencontre sur la route, et lui dit en latin : Fait imperator, M. Frochot se laisse persuader, et convoque le corps municipal.' J'étais obligé de me rendre ce jour -là au ministère de la police pour réclamer une pièce à laquelle on demandait des changemens. Le chef du bureau dra-

maliqne me dit : « Tenez , voulez-vous voir un con- » spiraleur? » En (iisanl cela, il me fait descendre quelques. marches, et me monlrc du doigt une cave au bois, dans laquelle ou avait renfermé provisoirement le général Lahorie, o Son règne n'a pas été » long, me dit mon cicérone; ii est arrivé au minis- » tère à huit heures du matin ; il a envoyé sur-Ie- » champ le duc de Rovigo à la Force \ puis , son pre- » mier soiu a été de demander un tailleur, et de se » faire prendre mesure d'un habit brodé. Deux heures » après, son rêve était fini ; le minisire incarcéré était » revenu ici, et son successeur improvisé était dans » une cave. On n'a jamais vu de complot plus rapide- » ment conçu, plus hardiment exéculé , et plus » promptement terminé. On n'en parlait pas encore à » six heures du matin , et h midi ou n'en parlera » plus. »

Mallet, chef de la conspiration, montra un grand courage. Il dit en mourant à lofTicier qui commandait le feu : « Je suis criminel, parce que le coup » a uianqiié ; s'il eTu réussi, j'aurais ])our complices la » France, l' Europe, et vous-même. »

FxEPO-NSr DU PAPL.

1813. — Un des griefs de Napoléon contre \i pape Pie VU, c'est qu'il avait refusé de sacrer roi de Naples son frère Joseph. Le ministre de France

présenta cette demande sous tontes les formes; tantôt par des insinualions , tantôt d'une manière directe, tantôt avec des instances polies, tantôt avec des me* naces terribles ; rien ne put ébranler la détermination du pape. Sa deinière réponse fut celle-ci :

« Il me serait impossible de reconnaître le prince » Joseph comme roi de Naples ;. Ferdinand de Bour- » bon , souverain légitime de ce pays , est plein de vie ; » nous n'avons pas connaissance qu'il ait fait cession » de ses Etats , et même nous sommes pleinement as- » sure des prétentions qu'il y conserve; nous ne pour- » rions donc sans crime lui substituer un autre sou- » ver a in. />

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