DESAUGIERS CHEZ UN MINISTRE
1814. — Désaug^iers m'a bien souvent raconté qu'il avait été invité à dîner chez un ministre de l'Empereur le 28 mars, trois jours avant Fenlrée des alliés à Paris ; tout annonçait déjà le commencement de la fin. Au dessert , on désira l'entendre ; il entonna sa fameuse chanson : Il faut rire^ rire et toujours rire. Au troisième couplet, M. de Guerchy, maréchal-deslogîs , vint parler d'un air consterné a l'oreille du ministre. Celui-ci, voulant affecter un air tranquille, pria le chansonnier de continuer II f'aut rire. Quelques minutes après, M. Pasquier arrive , et fait à son tour les communications les plus inquiétantes. On presse vivement Désauglers de ne pas interrompre ses couplets , et c'est ainsi que de nouvelle en nouvelle , il termine cette chanson , dont le refrain , // faut /7/ <?, formait un si grand contraste avec la situation de tous les convives.