PALERME, MARSEILLE, PARIS IT LONDRES
18H. — Versia fin d'avril 1814, iM. le duc cKOrléans se prôincnait à Païenne sur le |)ort, lorsqu'il aperçut une frégate qui entrait eu rade avec le pavillon blanc; il s'einprcssa de mouler à bord et causa avec le capitaine qui lui remit des journaux de fraîche date; il y lut les grands événemens qui venaient de se passer en France et courut doiuiei au vieux roi Ferdinand ces nouvelles qui lui causèrent la joie la plus vive. En peu de jours, tout fut prêt pour le dq)art du duc d'Orlcans; il arriva à 3Iar. saille, loua un babil d'officier - géucral , prit une cocarde blanche et passa en revue le lendemain la garde nationale. Aussitôt après, il annonça qu'il parlait pour Paiis , mais ce li'clail pas son iulention ; quoiqu'il ciit reçu en Anglelerre le pardon de Louis XVIII, il voulut lui écrire avant de se rendre
^^- io3 — auprès de lui ; ce fut de Melun qu'ii lui adressa une lettre remplie de senlimens respectueux et dévoues. La réponse fut très-favorable, et le duc d'Orléans arriva à Paris le jour même où le Moniteur contenait l'ordonnance de restitution de tous ses biens non vendus. Il donna aussitôt des ordres pour qu'on lui arrangeât un petit appartement au Palais-Royal ; en attendant qu'il fût prêt, il partit pour Londics, ce qui surprit tout le monde : ce voyage avait pour but apparent une visite de politesse au roi h1' Angleterre, mais pour but réel d'obtenir la déchéance de Murât comme roi de Naples. Il revint quinze jours après sans avoir réussi. « J'aurais vivement désiré, lui dit » George IV, déposséder Murât, mais cela n'est pas » possible ; il n'y a pas même de prétexte : vous sen- » tez que j'aimerais bien mieux voir régner à Naples » Ferdinand que le beau-frère de Napoléon, cepen- » dant je ne puis réellement ôter à Murât sa cou- » ronne; il a fait tout ce que nous avons voulu et a » résisté aux ordres de son empereur, qui laurait fait » fusiller s'il l'avait pris ; ainsi ce serait violer à la fois » et les traités et les convenances, .que de reconnaî- » tre par une déchéance la conduite parfaite qu'il a » tenue envers la coalition. Nous devons lui savoir » gré de ses procédés ; il continuera donc à régner à » Naples, et votre beau-père en Sicile. »
M. le duc d'Orléans fut très-mécontent du résultat de sa négociation; il s'occupa activement du recou-
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vrement de ses biens, et, quand arriva le 20 mars , il se mit dans l'opposition.