IL N Y A PAS DE DIEU
1837. — Bernardin de Saint-Pierre lisait, dans une séance parliculière de Tlnstitul, un rapport qu'il avait rédigé sur le concours de 1798; le sujet du prix était cette queslion importante : Quels sont les moyens de fonder la morale d'un peuple? L'auteur de Paul et Firginie avait cru pouvoir hasarder le nom de la Divinité, et désirait obtenir l'approbation de ses confrères ; mais il vit se former contre lui un orage effroyable. Il fut conspué, forcé de sortir de la salle , et Cabanis, l'ami de Mirabeau , s'écria avec rage : Je jure qail n'y a pas de Dieu, Trente -neuf ans après, le 3 avril 1837, un spectateur ayant osé troubler la représentation au théâtre de la Porle-Saint- Martin, par ces mots impies : lin y a pas de Dieu , le parterre s'est levé en masse , et on a forcé l'athée de sorlir de sa loge. H y a donc progrès dans les idées religieuses, puisque le bon sens public a repoussé comme un blasphème ce que Tlostilut de 1798 proclamait comme une vérité.