MORT LE 29 DÉCEMBRE
L'enterrement de cet homme de bien fut trèssimple, comme il l'avait exigé; il ne ressemblait pas à ces pompes funèbres pleines de magnificence et d'éclat, auxquelles il ne manque que de la douleur; quelques amis éplorés et des pauvres en larmes qui se croyaient orphelins, ce fut tout son cortège. Il repose à Vaugirard , auprès de La Harpe : aucune inscription n'indique le lieu de sa sépulture ; peut-être a-t-il voulu que sa tombe restât ignorée comme ses bienfaits l'ont
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été pendant sa vie, mais cet oubli sera réparé (i). Le nom de Montyon est désormais consacré ; déjà il a été célébré par les hommes les plus distingués (2) de notre littérature , et , malgré les répugnances de sa modestie , ce nom sera prononcé avec respect d'âge en âge et de génération en génération, tant que l'Académie française couronnera la vertu. Cet homme extraordinaire, qui eut pour faire le bien trois choses qui ne vont guère ensemble, le cœur, la fortune et le temps, a mérité que l'on dise de lui ce que Montaigne disait de son ami la Boëtie: « C'était vraiment
(( une âme pleine , et qui montrait un beau vi-
« sage en tout sens ; une âme à la vieille mar-
u que. »
C'était aussi un de ces hommes dont parle Sé-
nèque j qui vit â docent; qui cum dixennt quid
facièndum est , probant faciendo. « Il était de
v ceux dont la vie est un enseignement , et qui ,
(1) Od assure que les bureaux de charité de la ville de Paris ont fait placer à l'endroit où reposent les cendres de M. de Montyon une pierre turaulaire ornée d'une inscription.
(1) MM. Raynouard , Lacretelle , Andrieux , Fourrier, lui ont payé , dans les séances des deux académies , un tribut de respect et d'estime.
« après avoir indiqué par leurs paroles ce qu'il « convient défaire , le prouvent par leurs ac- « lions (i).
(i) Il n'est pas inutile de faire observer que tout ce qu'on a e'crit sur M. de Montyoo , depuis sa mort , a été puisé dans la notice qu'on vient de lire ; c'est la première et la plus complète qui ait été publiée.