GÉNÉALOGIE DE LA FAMILLE D'ANTRAS
dressée d'après les titres origina.u.2c com.m.-u.rLiqu-és par M. le comte d'Antras.
La maison d'Antras a pris son nom d'un petit village du comté d'Armagnac, situé à quatre kilomètres de Jegun. Vers le milieu du xiir siècle, elle paraît s'être divisée en deux branches, dont la première s'est éteinte dans les premières années du xv' siècle. Nous n'avons pu recueillir sur celte branche que des renseignements sans suite. M. Paul La Plagne- Barris nous a communiqué l'extrait d'un hommage rendu en 1339 au comte d'Armagnac, par Audebert de Mascaron, pour la seigneurie d'Antras aubaiUiage de Jegun; plus un autre hommage rendu le même jour par Jean de Bedot pour les territoires de Bedot ei de Potj limités par la terre de Intmnis, appartenant au sire Audebert de Mascaron. De quel droit les Mascaron, originaires du Languedoc (1), et à cette époque grands partisans du comte d'Armagnac, se disaient-ils seigneurs d'Antras? Elait-ce par suite d'une alliance ou d'une vente à pacte de rachat? Nous ne saurions le dire. D'après les Rôles d'Armagnac qui sont aux archives de Montauban, Amanieu d'Antras, écuyer, fait montre à Vic-Fezensac, le 1" février 1368 (V. St. id. est 1369), de deux hommes d'armes qu'il avait amenés au service du comte d'Armagnac. Il fut employé au service de la comté
(1) Sicard de Mascaron est au nombre des seigneurs du bailliage de Ste-Gabelle, qui prirent part au Saisimentum comitatus Tolosœ de 1271.
d'Armagnac et est porté au compte de l'emploi des tailles pour Vaide de lOst, pour 524 francs et 6 gros à raison de 12 francs de gages par mois pour chaque homme d'armes. La Collection Doat, t. 200, p. 185, cite, sous la date du 18 février 1577, un « contrat duquel appert que les Anglais ayant pris et pillé la ville de Valence en la comté de Fezensac, les consuls pour en empêcher la destruction avaient convenu de leur bailler certaines sommes de laquelle restant à payer 1,200 francs d'or, Gérald de Yerduzan et autres furent donnés pour otages aux Anglais qui les détenaient au château de Lourdes, et que à la prière du comte d'Armagnac, Amanieu, seigneur d'Antra s, Gérald, seigneur de Verduzano, Arnaud-Guillem de Montelugduno, seigneur de Mielhano, Menaud de Lasseran, seigneur de Manssencome, avaient convenu que pour délivrer plus tôt ledit Gérald et les autres otages, ils les cautionneraient pour ladite somme de 1,200 francs d'or, au payement de laquelle lesdits consuls s'obligent envers eux, suivant la procuration y insérée des habitants de la ville de Valence, par laquehe ils leur donnaient pouvoir de s'obhger envers Théobald dominus de Petrucia (Peyrusse) et Dominique de Monte-lugduno, bastard, en ladite somme de 1,200 francs. La procuration en date du 8 février 1577. » Cet Amanieu, cité dans l'acte qui précède, est probablement celui qui est témoin en 1580 de la quittance dotale de Borguine de Béon, donnée par CentuUe de Lagorsan dominus de Plavesio (Plavés), son mari, à Pierre de Béon, seigneur d'Aguin, père de ladite Borguine.
« Haec acta fuere iu loco de Aguino die décima septima mensis septembris, anno ab incarnatione domini millesimo trecentesimo octuagesimo,... hujus rei suât testes nobiles Manaldus de Beone dominus de Balhasbats, Petrus de Beone dominus de Masseis (le Massés), nobilis amaneus de antranis, dominl^s de axtranis iu Fezensaco et ego vitalis de Rossio Tholose et comitatis Astaraci notarius. » (Archives d'Aguin.)
Le même Amanieu d'Antras rend hommafi^e au comte
d'Armagnac pour Antras, la moitié de Nèguebouc, le fief de Sedau et le territoire de Saint-Gilese au bailliage deLavardens, 10 octobre 1384. {ArciL de Monlauban, Hommages cV Armagnac) Ne serait-ce pas le descendant d'Audebert de Mascaron? Nous relevons d'autre part, dans les archives de M. le comte Odet de Lahitte, un acte d'échange du 2 septembre 1404 entre Jean de Monlezun, co-seigneur de Montastruc, et et noble damoiselle Jeanne cVAntraSy femme de noble Bernard de Lorroquan, seigneur d'Anlras^ Au xvi' siècle, Antras appartenait à la maison de Batz. [Voyez la note sur le bar 071 de Mimort, p. 99.]
La seconde branche, celle de notre chroniqueur, vint se fixer dans le comté de Pardiac, à la suite d'une donation de terres nobles faite en 1278 à Bernard d' Antras miles {homme d'arme) par Géraud, comte d'Armagnac, Fezensac et Pardiac. L'acte de cette donation, conservé en original dans les archives de M. le comte d'Antras, est le premier titre de cette généalogie.
L BERNARD I" D'ANTRAS {miles), reçut du comte d'Armagnac, pour ses bons et agréables services, la donation des terres de Flourès, Creschies, les Litges et de deux moulins assis sur le Lys et sur le Boues, au comté de Pardiac. L'acte fut retenu par Guillaume de Ponsan, notaire de Vic-Fezensac, sous la date du jour des calendes de mars 1278.
Noverint universi et singuli quod egiegius et potens vir dominus Geraldus cornes Armaniaci Fesenciaci, Pardiaci et aliaram comitatum qui gratis pro se suisque in futurum successoribus quibus cumque dédit et donavit in perpetuuni nobili viro domino Bernardo Dantranis milite ibidem présent! stipulant! et accipienti, videlicet quoddam hospicium et territorium nobile vocatum de Floresio et de Creschiaco in Pardiaco, cum suis terris cultis, incultis, pratis,
vineis, nemoribus et pertinentiis, quod continet sexagenta arpentos et coofrontatur cum factibus de Marciaco, de Bello marquesio et aliis suis justis confrontationibus, ac cum suis feudis, vendis, agreriis et laudiniis, acapitibus, retro acapitibus et aliis juribus; cum molendino constructo suprà aquam de rivo de Liso et cum juridictione bassâ usque ad sexaginta quinque solides morlanorum.
Item plus quoddam molendinum situm super aquam de Louboues Yocatum de Monardo cum suis pratis terris et aliis pertinentiis.
Item plus aliud hospicium vocatum de Litgiis situm in Pardiaco cum simili juridictione et cum suis pratis, terris et aliis pertinentiis quod continet duos arpentos et cum suis feudis, laudiniis, acapitibus et retro acapitibus et aliis juribus eidem hospicio pertinentibus. Hanc autem donationem memoratus dominus comes fecit et fecisse dixit dicto domino de Antranis Floresio pro pluribus ac bene\olis servitiis tàm in bello quàm in aliis partibus factis, de quibus se habuit, et dicto domino Dantranis Floresio quittavit et sub tamen reservatione hommagii quod tenebitur et successores sui in futurum, facere et prestare de suprà dictis bonis et feudis superius contentis. De quibus omnibus universis et singulis superius contentis, tàm dictus dominus comes quam dictus dominus de Floresio, requisierunt fieri et retineri hoc presens publicum instrumentum sive chartam donationis, quod et feci.
Acta enim fuerunt apud castrum ville Vici-Fesencaci die calendarum mensis marcii anno domini millesimo ducentesimo septuagesimo octavo régnante Philippe Francorum rege, dominante et domino Geraldo'comite Fesencaci, Armagnaci, Pardiaci et aliis comitatibus, dominante et domino Amaneiquo archiepiscopo auxitano. — Testes hujus rei sunt : Raymondus Montesquivii dominus dicti loci. Bartholomeus Cailhaveti, domicellus dicti loci, Petrus Baulati Bajulus Vici-Fesencaci qui requisitus de his premissis feci et scripsi hanc chartam ego guilhelmus de Ponsano communis notarius publicus ville Vici-Fesencaci, Lupiaci etPetrutie majoris et ad requisitionem dicti domini comitis et dicti domini de Floresio feci, retinui et instrui hoc presens publicum instrumentum sive chartam et in fidem omnium et singulorum signum meum autenticum apposui.
De Ponsan.
L'acte de donation ne fait point mention de la terre de Samazan, ce qui porte à croire que Bernard d'Antras n'était pas encore seigneur de cette terre. Le devint-il plus tard, et
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est-ce lui qui se porte garant de la vente de Rive-Haute faite en 1390, au monastère de la Caze-Dieu, par Jean de Rlpa- Alta? «Pro quibus omnibus tenendis... et observendis, Bernardus de Samazano, Domicellus, Condominus de Samazano, Vitalis de Arricorb, Domicellus, Dominusde Arricorb (Ricourl) in Pardiaco... etc. » {Ilist, de Gascogne, t. vi, 227.) En 1522, Raymond-Bernard de Samazan, seigneur de Samazan, et Bernard de Samazan, co-seigneur de Samazan, figurent au nombre des seigneurs du comté de Pardiac, qui transigent avec Arnaud-Guillem de Monlezun Dei gratid comes Pardiaci. {Ibid,, p. 49).