‹ Mémoires; suivis de sa correspondance, avec Le Comte R...;Chapitre 10 sur 46 · XIV ELOGE · texte numérisé non relu

XIV ELOGE

ductionsde sa jeunesse ; sa logique a des larmes, sa raison a des foudres; et, par iiu dévouement aussi prodigieux que ses efforts, il obtient en faveur des victimes plus que ces temps désastreux ne permettaient d'espérer. Péril , talent , courage , persévérance et succès , rien n'a manqué' à l'honneur do ce grand bienfait, pas mêmeringraliludc.

Tandis que son noble dévouement adoucissait tant d'infortunes, M. Moreliel , dépouillé de l'aisance que de longs travaux lui avaient honorablement acquise , restait en proie aux besoins de l'âge avancé, et à ceux d'une famille intéressante que soutenait sa tendresse. Dans un état social renversé par un choc subit , la richesse et l'indigence , les rangs et les professions avaient changé de place , et l'on se souviendra long-temps des métamorphoses qui sortirent de ce chaos ; celle de M. Morellet ne fut pas la moins singulière^

Nous n'étions pas alors dans cette île où les naufragés réparaient leurs perles en récitant des vers; les plus doux accens de Ducis et de Parny n'auraient louché que des échos. Il fallait des plaisirs assortis à ces temps monstrueux; il fallait des rêves sauvages et des images fanlasliqucs à des cerveaux encore troublés , pour ainsi dire , du tournoiement révolutionnaire. C'est dans la patrie de Piichardson et de Fielding , que des esprits délirans nous apprêtaient ces absurdes merveilles. La nécessité contraignit M. Morellet à se ranger parmi les traducteurs de ces étranges romans. Le démon bizarre qui préside aux révolutions dut bien s'applaudir d'avoir réduit lelitléraleur du sens le plus parfait, le critique du goût le plus sévère à prêter notre langue aux spectres et aux somnambules d'ontre-mer.

Parmi les épreuves auxquelles la dureté des événemens

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