‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 10 sur 117 · RETOURS VERS LE PASSÉ · texte numérisé non relu

RETOURS VERS LE PASSÉ

dôme, dans ce Marais où il descendit à Tûgc de dix-sept ans, quand il quitta Péronne pour revenir à Paris, auprès de son père, en 97. Il parlait souvent de la rue des Boulets, où il avait demeuré avec le grand-père Champi, qui s'y était relire lors de la révolution, et d'où il vit prendre la Bastille. Il parlait souvent d'aller s'y retirer lui-même pour fuir, disait-il, les visites ennuyeuses, et aussi y faire quelques économies. Mais la vérité, c'est que son imagination, bercée par des souvenirs chers, le reportait vers ces lieux dorés par les charmes de la jeunesse, la vie abondante, vive et colorée du jeune âge, que la vieillesse rappelle en vain. Aussi riait-il souvent lui-même de ses rôves, et tout en manifestant ces désirs, ne leur donnait-il aucune suite.

De tant d*échos qui viennent jusqu'à nous, Les plus lointains nous semblent les plus doux,

écrit-il aux bons Mauriciens, C'est justement la douceur de ces souvenirs qui berçait sa vieillesse toujours active, toujours ardente, toujours tendre, enjouée et sensible.

Portrait. — L'éloquence de Béranger. — MooseigDeur Sibour chez Béranger. — Le devoir et le droit. — Vivre pour les autres. — La vie iotérieare. — Tentatives dans tous les genres. — Béranger disciple de Chateaubriand. — Le chansonnier et la chanson.

Qui est-ce qui n'a pas vu un portrait de Béranger?

Jeté sur cette boule, Laid, chétif et souffrant,

dit-il. Béranger était donc laid? Oui, si on entend par beauté un visage rose, régulier, de grands yeux, une petite bouche, un nez droit, encadré dans un ovale irréprochable.

« Non-seulement j'étais laid, mais j'avais l'air béte, me disait-il un jour ; aujourd'hui on assure le contraire,

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