CONSEILS ▲ UN CHANSONNIER
» gagnera sans doute par le choix et la correction. Je r> regrette d'y avoir remarqué plusieurs traits que je ne » puis approuver, et que vous pourriez {aire disparaître » sans nuire au succès. La chanson » aujourd'hui , » quelle que soit Topinion qu'elle défende, ne doit pas » être brutale ; — pardonnez-moi celte expression , que » je ne vous adresserais pas, si vous n'aviez tout Tes- » prit qu'il faut pour vous passer de prendre ce ton» et » si votre position n'était pas faite pour inspirer de » l'intérêt. Le sentiment de modestie qui règne dans x> votre lettre me fait espérer, monsieur, que vous ne » serez pas blessé par ma franchise. Vous le savez x> d'ailleurs, nous autres vieillards, nous aimons à ré- » genter la jeunesse, qui a assez de privilèges pour nous » concéder celui-là; ce qui ne vous empêchera peut- » être pas de dire comme au pédant de la fable : Tire- » moi d'abord du danger. Je le voudrais et je ne ser- » monne que parce je ne puis venir à votre secours, y> comme il m'eût convenu de le faire, et de la façon » que vous demandiez, sans les motifs que je vous ai » exposés au commencement de ma lettre.
x> Recevez-en l'assurance, monsieur, et celle de mes » sentiments de confraternité.
» BÉRAN6BR.
)> P« s. Si vous établissez à Paris un dépôt de votre x> recueil, je vous prie de me le faire savoir.
» Passy, 17 anil 1848. >
Béranger ne régentait pas toujours; parmi les poètes li lui envoyaient leurs essais il savait reconnaître ceux
qui