LOUIS BLANC
des jeunes gens enthousiastes qui prennent souvent leur exaltation pour une lyre, il adresse ses vers à Déranger et va le voir.
« Laissez là les vers, lui dit Béranger; ce n'est pas votre affaire. Vous me paraissez plutôt destiné à écrire Thistoire. D'ailleurs Glio est une muse aussi Prenons de ces dames celle qui s'accommode le mieux à notre humeur. Croyez-moi, laissez là les vers. »
M. Louis Blanc réfléchit un moment aux avis du chansonnier, qui alors demeurait à Passy. S'en revenant à Paris, M. Louis Blanc traversait les Champs- Elysées ; là il se jura qu'il ne ferait plus jamais de vers et tint parole.
IL Louis Blanc nous donnait plus tard VHisMre de Dix ans.
Voici encore un encouragement et de sages conseils adressés à un bon jeune homme, M. Jules Vernier, qui n'avait guère plus de quinze ans alors. M. Jules Vernier disait au chansonnier qu'il avait tué la chanson.
€ Non, monsieur, lui répond le chansonnier, grâce au » ciel, je n'ai pas tué la chanson, et bien des jeunes ta- » lents le prouvent assez aujourd'hui. Vous serez sans V doute un de ceux qui , par la suite, continueront ce » démenti donné à la sentence que vous rapportez dans » votre lettre, beaucoup trop flatteuse, mais qui con- » tient l'expression des sentiments que je suis heureux » d'inspirer à la jeunesse.
» Je vous remercie, monsieur, de l'envoi que vous » me faites de vos essais. La chanson du Proscrit me » semble préférable à celle des Riches. A celle-ci, je re-