LES QUATRE CARACTÈRES
selles, les Capucins^ le Bon Dieu, la Clef du Paradis ^ la Gérontocratie, la Marquise de PreivniaUle. Pour les peintures de mœurs, c'est la GrqruVmère , Roger Bontemps^ la Bonne Fille^ Madame Grégoire, les Gueu^, CAmi Robin, le fieux Célibataire, Frétillon, le Troisième Mari, Mon curé, rHomms rangé, le Voisi/n, Margot, Vlvrogne et sa femme t VAceugle de Bagnolet, le Bon Ménage; ce qui nous conduit, pour tous ces ravissants tableaux, au recueil de 1821.
Dans Tordre historique :
Les Gaulois et les Francs, le Bon Français, la VivandUre^ l'Exilé, Brennus, le Retour dans la patrie, le Champ d'asile, la Sainte Alliance des peuplés, les Enfants de la France, le Vievjx Drapeau, Louis XI, les Deux Cousins, l'Orgue, le Cinq Mai, l'Épée de Damoclès, le Chant du Cosaque, les Hirondelles, le Vieux Sergent, le Prisonnier, les Esclaves gaulois, la Fayette en Amérique, Psara, le Sacre de Charles le Simple, le Convoi de David, Couplets sur la journée de Waterloo, les Deux Grenadiers, le Prisonnier de gvjerre, les Souvenirs du peuple, le Tombeau de Manuel.
Dans le genre anacréontique, je n'ai pas besoin de citer : il me suffit de faire appel à la mémoire du lecteur.
Et maintenant parlerai -je de ces cadres de fantaisie où le poëte, se mettant en scène, les emplit de sa per-sonnalité, de sa raison, de sa philosophie, qui en a fait le plus sage penseur de ce siècle , ce qui constitue un quatrième caractère? Nous citerons alors :
Le Coin de V amitié, les Parques, Bouquet à une dame de soixante-dix ans, la Vieillesse, la Petite Fée, Ma vocation, le Vilain, Ma république, Mon âme. Mon habii. Mon petit coin, l'Indépendant, la Bonne Vieille, Ma nacelte, le Dieu des bonnes gens , Si fêtais petit oiseau, le Bon Vieillùtd, la
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Nature, Rosette, les Rossignols, le Temps , Ma lampe, les Vendanges, V Ombre d^Anacréon, la Sylphide, les Sàenees, rAnge exilé. Mon enierrem/mt. Passez, jeunes filles. Maudit printemps, le Chapeau de la mariée, etc.
Béranger avait un grand faible pour ces dernières ; c'étaient là ses enfants gâtés.
11 su£St donc de citer cette œuvre de 1842 à 4830 pour prouver aux moins clairvoyants que le Béranger de 4833 est bien réellement le Béranger de 4845, suivant Tordre et les idées de son temps.
Ce recueil dernier est dédié à Lucien Bonaparte, à qui le poète s'était adressé dans une heure de découragement pour invoquer un appui que repoussait sa fierté, mais que sa détresse sollicitait Lucien comprit le poète qui lui avait adressé ses vers, il lui écrivit une lettre pleine d'encouragement, et quand il gagna le chemin de l'exil avec toute la famille impériale, il envoya de Rome, où il s'était retiré, une procuration à son protégé pour qu'il touchât ses appointements de membre de l'Institut. « Pendant les Cent- Jours, dit Béranger, M. Lucien Bonaparte me fit entendre qu'en m'adonnant à la chanson , je détournais mon talent de la vocation plus élevée qu'il semblait avoir eu alors. Je le sentais, mais j'ai toujours penché à croire qu'à certaines époques les lettres et les arts ne doivent pas être de simples objets de luxe, et je commençai à deviner le parti qu'on pourrait tirer, pour la cause de la liberté , d'un genre de poésie éminemment national. »
« Le souvenir de mon bienfaiteur, dit-il plus loin, me suivra jusque dans la tombe ; j'en atteste les larmes que je répands encore après trente ans, lorsque je me reporte au jour béni cent fois oii, assuré d'une telle pro-
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lection, je crus tenir de la Providence elle-même une promesse de bonheur et de gloire. »
« Enfin, dit-il, mes chansons, c'est moi. Aussi le triste progrès des années s'y fait sentir au fur et à mesure que les volumes s'accumulent, ce qui me fait craindre que celui-ci ne paraisse bien sérieux. Si beaucoup de personnes m'en font un reproche, quelquesunes m'en sauront gré, je Tespère; elles reconnaîtront que l'esprit de l'époque actuelle a dû contribuer, non moins que mon âge, à rendre le choix de n[ies sujets plus grave et plus philosophique. »
Béranger composait toutes ses chansons dans sa tête.
« Une fois faites, je les écrivais, disait-il, pour les ou-
lier. J'ai rêvé dix ans un sujet sur les impôts qui acca-
'"'^-l'iiomme des campagnes. Je me creusais la cervelle, venaiL Une nuit, je me réveille avec l'air et le vas *^ *5^i,— -- l[Ut trouvés : %*
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Jacques, lève-toi; - -r,«.M - ' Voici vei
^oiq »»> - Voici venir l'huissier du roi.
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)urs après ma chanson était faite. »
ve encore une fois sa préoccupation de cousujets.
La famille de Wranger. — M. Perrotin. —Pourquoi Béranger l'a iostitaé son légataire universel. — La grande édition des œuTres complètes. — Les dernières chansons. — Napoléon et Gharleniagoe. — Le testament. — La chambre mortuaire de Béranger.
Pourquoi M. Béranger a-t-il fait M. Perrotin son légataire universel? Pourquoi le pauvre donne-t-il au riche? Voilà les questions que font toutes les bouches. Béranger n'avait-il donc pas de parents à qui il pût donner, quoi? — ce qui lui reste.
Béranger n*avait de parents directs qu'une sœur; mais comme cette sœur, à Tabri des besoins du monde, a renoncé aux biens de la terre, Béranger ne pouvait rien laisser qui dût être agréable à cette âme éprise d'une vraie piété. Il n'avait ni neveux ni nièces. Il