LA FAMILLE DE BÉRANGER
n'avait au plus, en descendant bien bas dans la ligne paternelle et maternelle, en cherchant même trèsloin f que deux petits, tout petits ^usins, dont Ton est militaire et l'autre compositeun à rimprimerie impériale. Il a fait, de son vivant, beaucoup de choses pour ces petits-cousins, la seule parenté légitime. qui figurât au convoi.
« Mais M. Béranger, me disent toqjours les questionneurs, n*avait donc pas des amis? »
Je réponds : <x Si , Béranger avait des amis.
— Mais alors, comment expliquez-vous'ce legsj? — Moi? Je n'explique rien du tout. — Vous n(è savez donc rien, vous qui viviez dans son intimité? — Peut-être. — Alors, parlez... — Ah çà, chère curiosité publique, est-ce que tu t'imagines que je vais tout te dire? Ne l'ai-je pas avertie déjà q^e dix volumes n'y suffiraient pas? Tout ce que je puis faire pour toi, c'est de dire ce qu'était M. Perrolin il y a trente-trois ans. Après, tu concluras, si tu veux.
M. Perrotin, nature avant tout militaire, honnête, . pure, active et rigide comme une consigne, est parti soldat en 181 1 , il avait alors dix-sept ans, et pour quelle armée, pauvre jeune hommel pour celle qui ne devait pas revenir... M. Perrotin revint cependant Ce n'est que couvert des plus honorables blessures qu'il quitta l'armée. En 1823, il est commis en librairie. Du fruit de ses épargnes, inspiré aussi par son patriotisme, il s'imagine de faire dessiner les sujets des chansons de Béranger pour les vendre en dehors du texte. Nous n'avions pas alors de graveurs en Fran(;e; M. Perrotin fait un voyage en Angleterre pour faire graver ses sujets. Il revient, colporte ses images napoléoniennes chez les pa-