‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 113 sur 117 · HORACE VERNET · texte numérisé non relu

HORACE VERNET

rilalie, en sculpture la Grèce. Oh ! la Grèce surtout, il ne parlait jamais d'Athènes sans une vive émotion. ^En comparaison des Grecs, disait-il, nous ne sommes que des décrotteurs. »

Parmi les peintres de Técole française, il en est un dont il aurait acheté, disait-il, bien des tableaux, s*il avait eu de la fortune. Ce peintre préféré, c'est M. Decamps. On sait que Béranger avait fait dans sa jeunesse un salon de peinture, dans lequel, dit-on, on remarque un jugement net et une véritable connaissance des différentes manières des maîtres. Il n'était pas toujours respectueux envers les chefs-d'œuvre d'Eugène Delacroix, qu'il nommait des barbouillis.

La dernière manière d'Ary Scheffer semble l'avoir satisfait,... « bien, disait-il, que cette peinture manque de relief, mais le sentiment en est exquis. » Il était indifférent aux peintures de Paul Delaroche. « Il ne m'empoigne pas, » disait-il.

Horace Vernet l'occupait beaucoup, comme étant le seul peintre vraiment populaire et le seul qui méritât de l'être. Il était plein d'admiration pour cette peinture mouvementée, à qui il aurait fallu bien peu de chose pour être de la grande peinture, mais qui n'en est pas moins de la peinture d'histoire. Il vantait beaucoup le portrait du père Philippe, de ce peintre, pour la fermeté du dessin, bien qu'on ne sentît pas assez l'homme sous la robe.

On a voulu faire de M. Ingres un Raphaël, c'est une erreur de notre temps ; son dessin est lourd et commun. Je vois du reste beaucoup de tableaux dans lesquels on vante un mérite que je ne comprends pas. «Après tout, disait-il, nous autres gens de lettres, nous avons la rage de parler des arts et nous n'y entendons rien le plus so uvent. »

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