MONSEIGNEUR SIBOD'R CHEZ BÉRANGER
Pourquoi pas un épicier? Singulier portrait d'un homme à qui manquait Toeil exquis de la sensibilité qu'il ne pouvait pas découvrir chez les autres.
« Je repose, dit-il encore, je repose avec plaisir mes yeux sur cette figure plébéienne, après avoir regardé tant de faces royales. » Voilà de l'orgueil et de Tinsolence, mon gentilhomme. Continuons : « Je compare ces types si différents : sur les fronts monarchiques, on voit quelque chose d'une nature élevée mais flétrie, impuissante, effacée; sur les fronts démocratiques, paraît une nature physique commune, mais on reconnaît une nature intellectuelle, haute. Le front monarchique a perdu lâ couronne, le front populaire l'attend. »
Tout cela serait magnifique sans la préoccupation ijuérile de l'antithèse.
Dans Tordre moral, Béranger croyait que le devoir passait avant le droit ; comme, en politique, il était patriote avant d'être républicain.
Voici en quels termes il résuma un jour sa morale dans une conversation avec l'archevêque de Paris.
Monseigneur Sibour avait été appelé à l'archiépiscopat par le général Cavaignac, chef du pouvoir exécutif en 4848, en remplacement de monseigneur Affre. C'était un excellent homme, doux et débonnaire, de qui Béranger faisait le plus grand cas. Monseigneur Sibour visitait souvent le chansonnier.
« Monseigneur, lui disait un jour Béranger, vous ne devez pas venir me voir si souvent, on blâmera quelque part vos visites charitables; d'ailleurs, vous