‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 22 sur 117 · LES CONDAMNATIONS · texte numérisé non relu

LES CONDAMNATIONS

chansons les Oiseaux ^ le Vilain^ le Marquis de Carabas, Ma république^

J'ai pris goût à la république Depuis que j'ai vu tant de rois,

comnoence une nouvelle campagne contre la Restauration qui marche en arrière ; il attaque de front TÉglise et la royauté liguées contre nos libertés et nos gloires : il est avec la France , la France chante avec lui. En 4821 , il va publier son second volume. Averti par le ministère d'alors qu*il perdrait l'emploi qu*il devait à la bonté de M. Arnault s'il publiait, Béranger donne sa démission et publie. Un personnage riche, qui aimait le poète, le supplie de ne pas publier et lui offre douze cents livres de rente s'il consent. C'est un ami qui tremble pour un ami. Béranger passe outre ; Tami se fâcha et ne voulut jamais le revoir. Tous ses amis d'alors blâmaient hautement celte publication; beaucoup se retirèrent de lui. La publication eut lieu. « L'approbation des masses me resta fidèle, dit-il, et les amis revinrent. » Le poète ne céda ni aux séductions de la fortune^ ni aux caresses de l'amitié, ni aux intimidations du pouvoir. Nous le trouvons à Sainte-Pélagie en 4822; puis un autre jugement le condamne le 40 décembre 4828 à neuf mois de prison et dix mille francs d'amende : avec les frais, onze mille deux cent cinquante francs. Monseigneur l'archevêque de Clermont-Tonnerre le recommande au prône dans un fort beau sermon^ ma foi. « C'est à la Force, dit Béranger, que j'eus le plaisir de lire ce morceau d'éloquence trèscatholique, mais peu chrétienne. » Il dirige encore du fond de sa prison la grande conjuration libérale qui al-

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