‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 25 sur 117 · LE SUFFRAGE UNIVERSEL · texte numérisé non relu

LE SUFFRAGE UNIVERSEL

mes , sur les débris des puissances tombées : les aspirants dieux ont toujours lapidé les autels des dieux déchus, quand ils n'ont pas pu se mettre à leur place, et quelquefois môme ils ont replâtré TÉglise ancienne, pour y dcssenir leur jeune divinité, en se faisant à leur tour apostoliques. On agit sur Timagination de deux ou trois cents sectaires , et on bafoue la nation indifférente à nos rêves ou bien à nos autels. Ce n'est pas ainsi qu*il faut apprécier les faits pour bien expliquer l'histoire. Il faut surtout^ et ici je parle à ce peuple qui a tant aimé Béranger, il faut apprendre à respecter l'autorité, qui n'est pas toujours dans lés baïonnettes, mais qui a sa source dans le droit de souveraineté que nous exerçons : dans le suffrage unicersel. La force régnera toujours dans le monde; seulement, elle changera de nom. Autrefois elle s'appelait le glaive ; aujourd'hui, c'est le suffrage. Je dirai à d'autres, aux lettrés, respectez ses décisions, et ne dites pas avec les esprits faux de la politique, que le peuple est bête , parce qu'il aura voté bleu au lieu de voter rouge ou blanc. Autrenlent, on insulte votre autorité, votre force. Je conseille à nos législateurs à venir ou présents de tenir compte du jugement des masses, « seul levier, dit mon maître, qui rende désormais les grandes choses possibles. » Ces sentiments, qui étaient les siens, sont devenus les miens. « Je devais mes convictions, moins aux calculs de ma raison, qu'à l'instinct du peuple, dit-il encore à chaque événement, je l'ai étudié avec un soin religieux, et j'ai toujours attendu que ses sentiments fussent en rapport avec mes réflexions, pour en faire ma règle de conduite* »

Béranger n'a vu dans la victoire dictatoriale autre

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