‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 29 sur 117 · DÉMISSION ACCEPTÉE · texte numérisé non relu

DÉMISSION ACCEPTÉE

» nale de ne pas m'arracher à Tobscurité de la vie » privée.

> Ce n'est pas le vœu d'un philosophe, encore moins » d'un sage ; c'est le vœu d'un rimeur qui croirait se sor- » vivre s'il perdait, au milieu du bruil des affaires, Tin- » dépendance de l'âme, seul bien qu'il ait jamais ambi- » tienne.

» Pour la première fois, je demande quelque chose à y> mon pays ; que ses dignes représentants ne repoussent » donc pas la prière que je leur adresse en leur réitérant » ma démission, et qu'ils veuillent bien pardonner aux » faiblesses d'un vieillard qui ne peut se dissimuler de » quel honneur il se prive en se séparant d'eux.

» En vous chargeant de présenter mes très-humbles )* excuses à l'Assemblée, recevez, citoyen président, » l'hommage de mon respectueux dévouement.

» Salut et fraternité 1

> Passy, 14 mai 1848. >

» L'Assemblée, consultée, déclare accepter la démission du citoyen Béranger. »

Les mauvais esprits d'alors tirèrent avantage de cette démission, pour faire croire à leur parti que le poëte se retirait d'une assemblée qui ne représentait pas les besoins du pays. Ce rôle était indigne de sa raison et de son cœur. Béranger, par caractère, a toujours fui les grands cercles. Il ne sait parler qu'en très-petit comité de huit ou dix amis. La foule le trouble, les regards

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