‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 60 sur 117 · LÀ CUISINE ÉCONOMIQUE · texte numérisé non relu

LÀ CUISINE ÉCONOMIQUE

venir habiter Paris.. . afin de profiter de cette occasion unique de vivre à bon marché. Il faut tout dire, l'industrieux vicomte espérait bien un peu que l'exemple du poëte populaire serait la meilleure réclame et le plus éloquent prospectus pour son entreprise.

Voici la réponse de Déranger. — Il n'est pas inutile de dire, pour bien faire goûter le sel de cette lettre, que le poëte avait une répugnance projioncée pour les écoles phalanstériennes et communistes.

« Hélas! monsieur, c'est beaucoup trop tard pensera élever une communauté qui me conviendrait si bien! J'ai lu votre livre rempli de si bons enseignements, fruits d'une douce philosophie et d'une science d*application qui pourrait être si utile à vos semblables, si vos semblables avaient le bonheur de vous ressembler. Mais ce livre, tout excellent qu'il est, ne m'en a pas moins vivement affligé. Je vois là des plans et même des devis qui m'inspirent la plus grande confiance; mais vous n'avez ni les actionnaires, ni le terrain, ni les matériaux, ni, ni, etc., etc. Et quand aurez-vous tout cela, si vous l'avez jamais ? J'ai bientôt soixante ans et suis pressé. Figurez-vous, monsieur, que mon château en Espagne est Sainte-Périne... faute de mieux, il est vrai. Je hais les embarras d'un ménage, bien que j'aie avec moi une vieille amie, qui a bien voulu se charger d'administrer le mien. Mais il m'en retombe toujours quelques éclaboussuresqui, depuis longtemps me font jeter les yeux de tous côtés pour voir s'il ne s'élèvera pas quelque établissement commode et confortable, surtout peu cher, qui puisse offrir un asile à nos vieux jours. Vous concevez, d*a-

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