LA CUISINE ÉCONOMIQUE
» près cela, monsieur, que j'aurais souhaité que voire n volume fût le prospectus annonçant l'ouverture de la » communauté que je rêve, la cloche du dîner que je » voudrais faire, sans avoir à compter avec la domes- » tique qui a laissé brûler la côtelette et oublié d'écu- » mer le pot.
» Hélas, encore une fois! je vois, monsieur, que mal- » gré le désir que vous avez la bonté d'exprimer en ma » faveur, malgré l'envie que j'^ai de me rendre à une si » flatteuse invitation, moi et ma vieille amie, nous au- » rons le temps d'achever de vivre à notre maigre cui- » sine, qui, grâce au ciel, est le moindre de nos cha- » grins. Pournous en consolereldiminuernos dépenses, » nous achèterons votre fourneau économique, car de » bien des façons, vous avez su, monsieur, vous rendre » utile à vos concitoyens. C'est une noble et belle car- » rière que celle qui est ainsi consacrée à une philan- )) thropie sans charlatanisme et qui réunit Tenseigne- )) ment à l'application.
» Si je ne puis partager toutes vos idées, monsieur, » je vous prie de croire que j'applaudis à tous vos sen- » timents. Aussi est-ce bien sincèrement que je regrette » de voir que votre projet ne soit encore qu'un projet. » Rien n'irait mieux à mes goûts, à ma petite fortune » et au désir que j'aurais de donner un exemple utile » avant de mourir; mais je vois qu'en cela, comme en » beaucoup de choses, il faut rejeter mes espérances au » delà du tombeau.
» D'autres que moi profiteront de la sagesse de vos » vues. Je n'en souhaite pas moins de les voir se ré- )) pandre, et surtout qu'un jour les classes pauvres ap*