LAMARTINE ET LÀ CHANSON
» prennent à en tirer profit; ce qui se pourrait si, au » lieu de tant de dons aux églises, les riches léguaient » aux prolétaires les bâtiments nécessaires à Tétablis- » sèment de semblables communautés.
» Recevez, etc.
> Tours, 14 juillet 1839. >
M. de Lamartine qui a des idées sur toute chose, et des idées arrêtées sur rien, avait gardé vis-à-vis du chansonnier, et cela durant quinze années, un de ces préjugés qui concordaient peu avec sa nature chevaleresque : l'auteur des Girondins boudait le chansonnier, il ne le lisait pas. Pourquoi?
Je réponds encore : le caractère de la chanson faisait tort aux sentiments sérieux et M. de Lamartine, comme beaucoup d'hommes de sa trempe, ne pouvait concevoir, malgré les Cantiques et les Psaumes, V Alléluia et le Magnificat, que de nobles pensées pussent se produire sur des airs, surtout sur des airs de pont-neuf.
Mais comme au demeurant, M. de Lamartine est une nature élevée et qui croit volontiers qu'il fait jour en plein midi, il ne lui fallait qu'une rencontre pour se rendre à l'évidence.
Du reste une partie des préjugés de l'illustre élégiaque était justifiée : la chanson n'avait été longtemps qu'une dévergondée, une farceuse, traînant parles rues et les cabarets, peu vêtue, l'ivresse dans le regard, l'obscénité à la bouche, ce dont rougissait beaucoup sa sœur la romance plaintive et décolorée.
La chanson était donc une drôlesse que tout le monde