BÉRANGER SAUVÉ
du Génie du christianisme, de l'auteur des Paroles d*un croyant et du chansonnier. Madame la vicomtesse prit encore la parole avec sa vivacité accoutumée :
« M. de Chateaubriand , dit-elle , et son compatriote, M. de Lamennais, il se pourrait bien qu'ils allassent en enfer; quant à M. Béranger, c'est différent, il sera sauvé. »
M. de Chateaubriand, que personne ne visitait plus à la fin de sa carrière, recevait fréquemment les visites du chansonnier, qui lui a gardé une constante reconnaissance pour rheureuse influence qu'il eut sur son talent. « Déjà la partie littéraire et poétique de M. de Chateaubriand m'avait arraché aux lisières de le Batteux et de la Harpe, service que je n'ai jamais oublié, » dit-il.
Ta voix résonne, et soudain ma jeunesse Brille à tes chants d'une noble rougeur.
Béranger se défendit toujours des accusations d'impiété.
« Quelques-unes de mes chansons, dit-il, ont été traitées d'impies, les pauvrettes! parMxM. les procureurs du roi, avocats généraux et leurs substituts, qui sont gens très-religieux à l'audience ; je ne puis à cet égard que répéter ce qu'on a dit cent fois : Quand la religion se fait instrument politique, elle s'expose à voir méconnaître son caractère sacré ; les plus tolérants deviennent intolérants pour elle. Les croyants, qui voient autre chose que ce qu'elle enseigne, vont quelquefois, par représailles, l'attaquer jusque dans son sanctuaire. Moi, qui suis de ces croyants, je n'ai jamais été jusque-