JACQUES LAFFITTE
que je ne devais qu'à la bonté de M. Arnault, et qui était ma seule ressource, des hommes, pour qui j'ai conservé une reconnaissance profonde , me firent des offres avantageuses que j'eusse pu accepter sans rougir; mais ils avaient une position politique trop brillante, pour qu'elle ne m'eût pas gêné quelquefois. Mon humeur indépendante résista aux séductions de l'ami-, tié. Aussi étais-je surpris et affligé, lorsqu'on me disait le pensionné de tel ou tel, de Pierre ou de Paul, de Jacques ou de Philippe. Si cela eût été, je n'en aurais point fait mystère. C'est parce que je sais quel pouvoir la reconnaissance exerce sur moi, que j'ai craint de contracter de semblables obligations, même envers les hommes que j'estime le plus. »
Voilà qui est clair.
M. Jacques Laffitte lui offrit une place dans son administration (M. Jacques Laffitte avait été un de ceux qui s'étaient le plus opposés à la publication du Recueil de 1821), Béranger crut devoir ne pas accepter un emploi chez cet ami riche et puissant 11 lui répond dans les Conseils de Lise :
Un doux emploi pourrait vous plaire, Me dit Lise, mais soDgez bien, Songez bien au poids du salaire, Même chez un vrai citoyen.
Dans remploi qu'un ami vous offre, Vous n'oseriez plus, vieil enfant, Célébrer, au bruit de son coffre, Les droits que sa vertu défend.