‹ Mémoires sur Béranger: souvenirs, confidences, opinions, anecdotes, lettresChapitre 8 sur 117 · PRESQUE BOURGUIGNON · texte numérisé non relu

PRESQUE BOURGUIGNON

peu occupée de moi , que j*ai été sevré de bonne heure de son laiL )> Voici à quelle occasion :

Uo moine, eo voisin, vient chez nous,

11 entre sans que le chien jappe.

Le mari sort et l'homme roux,

De ma table £rippe la nappe.

Hélas ! rôdeur du réooUet

Fait pour six mois tourner mon lait.

Dans une lettre qu'il m'adressait en 1848, il rappelle ce souvenir :

« Vous devriez bien m'apprendre, mon cher Lapointe, » si vous vous êtes porté à Auxerre ou à Sens, comme » candidat à la Constituante, avant nos élections de » Paris, pour que je vous mette ici sur une liste, si » vous n'êtes pas suffisamment appuyé par vos compa- » triotes. Cela m'intéresse doublement, car je suis un » peu du pays, moi qui ai été en nourrice dans les envi- » rons d'Auxerre jusqu'à trois ans et demi ;;c suispresque » Bourguignon, »

Béranger a été privé de l'affection de sa mère. Son père, occupé d'affaires qui lui prenaient beaucoup de temps, et qui semble, d'après les paroles du fils, n'avoir pas été doué d'une tendresse extraordinaire pour l'enfant, s'en embarrassait très-peu; le papa Champi, k bon vieux tailleur ^ avait donc son petit-fils à sa charge.

La Providence le dédommagea amplement de l'indifférence paternelle et maternelle. Béranger devait être toute sa vie un enfant gâté de la fortune et des hommes,

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