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L'ANCIEN ET LE NOUVEAU GOUVERNEUR

Tout en différant essentiellement de point de vue et de conduite, Carnot appréciait le mérite militaire de son prédécesseur.

Je cède pour un moment la parole à M. Hansonnet, qui a bien voulu rédiger, à mon intention, quelques notes sur les événements du siège.

« Les habitants d'Anvers furent parfaitement rassurés par l'arrivée du général Carnot dans leurs murs. Rien ne saurait exprimer l'heureux effet de sa présence. Partout on se disait : Nous sommes sauvés ! Cette confiance était naturellement inspirée par la haute réputation militaire de Carnot, et aussi par ce qu'on savait de son caractère. Mais il serait injuste de méconnaître ce que le duc de Plaisance avait fait pour la ville. Cet officier général, doué des plus nobles qualités, aurait brillé dans une position moins difficile et hors de parallèle avec un homme

ces, est précisément celui qu'il avait mis en pratique pendant les guerres de la Révolution :

« Il est une distinction très-importante à faire entre les sorties proprement dites, qui se font méthodiquement par les barrières du glacis, et les sorties irrégulières, qui se font partout, à chaque instant, presque sans préparation, suivant les circonstances; bien que les unes et les autres soient très-efficaces, ce sont ces dernières qui doivent faire la base du système général de la défense. Faute de cette distinction essentielle, on pourrait prendre la défense à contre-sens et se trouver entraîné dans de graves erreurs.

t En effet, quel est l'objet de ces petites sorties ou coups de main multipliés que je propose? c'est d'opposer toujours le fort au faible, en surprenant l'ennemi, tantôt sur» un point, tantôt sur un autre, avec une force toujours supérieure à celle qu'il maintient sur le point attaqué. Dans les sorties proprement dites, au contraire, qui partent de points déterminés et observés par l'ennemi, c'est constamment le faible qui va attaquer le fort, parce que l'assiégeant entretient une force majeure et dirige son feu vers un petit nombre de débouchés connus.

• Il ne faut pas confondre ces sorties meurtrières et presque inexécutables avec les combats partiels et imprévus que nous recommandons et que nous prétendons être la base de toute bonne défense. » (De la Défense des places fortes, édition in-4, 2* partie, ch. iv.)

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aussi supérieur que Carnot. Celui-ci le sentait et n'en parlait qu'avec bienveillance et courtoisie. »

L'occupation du territoire par l'ennemi ne permit pas au duc de Plaisance de quitter la villect d'aller reprendre auprès de l'empereur ses fonctions d'aide de camp, auxquelles il était rappelé. Il demeura donc dans Anvers, comme membre du Conseil de défense constitué par Carnot le soir même de son arrivée. Ce Conseil se composait, outre le nouveau et l'ancien gouverneur, de l'amiral Missicssy, commandant la flotte, du préfet maritime Kersaint, frère du conventionnel de ce nom, de M. Savoy e-Rollin, préfet du déparlement, des généraux de division Roguet, commandant la garde impériale, Àmbert, commandant l'infanterie de ligne, Fauconnet, commandant de la place, et de plusieurs officiers supérieurs de terre et de mer. Carnot tenait beaucoup à cette forme parlementaire, persuadé qu'un gouverneur habile, en profitant de la diversité des avis, doit toujours savoir les ramener à l'unité, et qu'il y a toujours avantage à transformer l'obéissance aveugle en conviction rai sonnée.

Le o février, vers deux heures de l'après-midi, le nouveau gouverneur d Anvers, après avoir reru les autorités civiles et militaires, monta à cheval et fit le tour des fortifications1. Son regard d'ingénieur devina, par la position des Anglais, que ceux-ci se disposaient à

• « La première chose qu'ait à faire un commandant ou un officier du pénie <|ui arrive dans une place, est de l'étudier à fond pour en connaître 1rs rapports, l'ensemble et les détails. » ( De la Défense des plaees.

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