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BOMBARDEMENT D'ANVERS

bombarder l'escadre renfermée dans le bassin à flot, et il résolut de ne pas leur laisser le temps d'achever leurs préparatifs. Il ordonna de tirer sur une maison qui lui paraissait suspecte. Celte maison masquait en effet des batteries en train de s'élever. Dès que l'ennemi se vit découvert, il fit pleuvoir sur le bassin une grêle de projectiles incendiaires : bombes, obus, boulets rouges et fusées, mais avec peu de résultat. Le feu fut éteint partout aussitôt qu'allumé, et les vaisseaux n'éprouvèrent que des avaries insignifiantes.

La nuit fut employée par les assiégeants à établir de nouvelles batteries ; ils s'étaient logés derrière la digue Ferdinand, dont l'élévation les couvrait contre les feux directs de la place.

Mais le gouverneur et l'amiral n'avaient pas non plus perdu leur temps; ils avaient complété les mesures de préeau lions usitées en pareille circonstance : des blindages avaient mis les ponts des vaisseaux à l'abri de l'incendie, et la terre dont on' avait rempli leurs cales amortissait l'effet des bombes. Quelques projectiles anglais allèrent frapper le César, le Charlemagne, le Conquérant, et d'autres bâtiments dont las noms ne prêtaient pas à 1 allusion comme ceux-ci ; une bombe éclata même dans la soute aux poudres du Commerce de L\on ; tout cela sans grand effet : les voiles, le gréement, les toiles de bastingage, tous les objets susceptibles de propager l'incendie avaient été mis à l'abri, et des dispositions avaient été prises pour entretenir de l'eau et faciliter le jeu des pompes.

D'ailleurs les canons de la place se trouvèrent, dès le matin du 4, en état de répondre vigoureusement à ceux de l'ennemi, qui vit démonter un assez grand nombre de ses pièces. Comme on ne pouvait pas l'at-

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teindre de plein fouet, on se servit avec succès dos feux verticaux et du tir à ricocher, ces moyens si recommandés par Carnot dans son traité de là Défense des places. « Carnot, animant tout de sa présence, écrit M. Ransonnet, faisait diriger le feu avec une telle vivacité et une telle justesse, que l'on voyait à chaque instant les assiégeants occupés à réparer leurs dommages. » La redoute Ferdinand, qui agissait de flanc et d'enfilade sur l'ennemi, l'incommoda surtout et l'obligea, pendant l'action,d'élcver en grande hâte, et avec beaucoup de perles, des traverses et des épaulemenls en terre pour se couvrir.

La première journée avait coûté douze soldats aux assiégés ; ils n'en perdirent que quatre le lendemain. Les pertes de l'ennemi furent évaluées à quatre cents hommes, sans compter les blessés. La garnison d'Anvers, du reste, n'eut que vingt-sept soldats tués par le feu de l'ennemi pendant toute la durée du siège et du blocus qui lui succéda.

Le bombardement dura trois jours, pendant lesquels quarante bouches à feu envoyèrent quinze cents bombes et huit cents boulets rouges. Mais ce jeu parut sans doute aux assiégeants trop dispendieux pour être prolongé : le G février, au malin, lorsqu'on pouvait croire à des efforts redoublés de la part de l'ennemi, ses batteries gardèrent le silence. Dans la nuit suivante, il évacua ses positions, abandonna les ouvrages considérables qu'il avait élevés pour fortifier le village de Merxcm, et se retira, les Anglais dans la direction de Hoscndael, les Prussiens dans celle de Lierre, laissant vingt mille sacs à terre, ton?» leurs outils, quelques mortiers et quelques affûts enfoui» dans le sable. Le siège actif fut de ce moment transformé en un blocus.

Carnot n'eut plus qu'à féliciter ses frères d armes de

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