RÉPONSE DE CARXOT A BULOW
séduction que contre la force ouverte ; et la loyauté de ma nombreuse garnison est égale à son courage.
« Nos vœux sont pour une paix honorable, que nous vivons ne pouvoir obtenir que par des victoires ; et celles que nous venons de célébrer nous donnent l'espoir qu'elles ne se feront pas attendre.
« Croyez, monsieur le général, que les défenseurs d'Anvers ne gâteront pas l'Ouvrage si heureusement commencé par leur souverain, et veuillez agréer, etc.
a Carnot. »
Les victoires dont il s'agit dans cette lettre étaient celles de Sézanne et de Champaubert, un peu grossies peut-être par les bulletins arrivés de Lille. Elles furent célébrées dans Anvers par un Te Deum et un banquet; le soir, le gouverneur se rendit au théâtre, où il fut accueilli par des acclamations enthousiastes, et la ville fut illuminée.
Le matin, un parlementaire avait été envoyé aux généraux assiégeants; c'était le chef d'escadron Briqueville, commandant les lanciers de la garde, qui, obéissant à un entrain de jeune homme, dit aux ennemis de ne pas s'inquiéter s'ils entendaient une canonnade, CCS salves d'arlillerie n'étant à autre lin que de fêler le triomphe de l'empereur sur les armées alliées.
Si les assiégeants avaient cru devoir cesser un bombardement inutile et ruineux, ils n'avaient pas abandonné leur entreprise sur Anvers. Ils resserraient au contraire la place de plus en plus ; et le K> février, le jour même
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où l'on venait do recevoir les nouvelles favorables de la grande arntée, les Anglais s'avancèrent rapidement jusqu'auprès de Berchem. Le général Fauconnet, commandant de la place, en donna avis au gouverneur, qui se mît aussitôt à la tête d'un détachement de la jeune garde et se porta au delà du village. Mais l'ennemi se retira à l'aj proche de nos soldats, après avoir échangé quelques coups de fusil avec eux.
Des reconnaissances furent poussées avec succès de divers côtés. Le 27 février, le général Roguet, à la tète des lanciers et de plusieurs bataillons de la garde, eut une brillante rencontre avec l'ennemi. Dans une sortie sur Merxcm et Morlzelle, il s'empara de la caisse des officiers saxons et ramena dix-huit prisonniers. C'était la revanche d'un petit échec éprouve le 9 au fort Liefkenshoek, à quelques lieues d'Anvers: une sortie trop peu nombreuse ayant été essayée par la garnison de ce fort, les Anglais avaient enveloppé un groupe de soldats et l'officier qui les commandait.
Une autre expédition, composée de dix-huit cents hommes de la jeune garde avec deux pièces de campagne, partit le 7 mars, sous les ordres du général Aymard. Elle franchit l'Escaut, s'établit au village de Beveren, poussa jusqu'à Hulst et chassa l'ennemi du riche territoire que limitent l'Escaut, la petite rivière de Durme et les Polders. Elle rapporta dans Anvers des approvisionnements de tout genre, l'argent des contributions dont elle avait opéré la rentrée, et des nouvelles de la France. Cette expédition dura six jours.
La veille de son départ, dans la nuit môme du 6 au 7, cinq embarcations anglaises, remontant l'Escaut vers la fin du flux, rangeant de près le fort de Liefkenshœk, afin d'être cachées par la terre, avaient abordé une de