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Une leltrc du général Maison put faire pressentir 1rs dangers de la situation. Il écrivait à Carnot, le 26 mars :
« Monsieur le gouverneur,
« L'intention de Sa Majesté est que je retire toulesles troupes de ligne ou de la garde impériale qui se trouvent à Anvers ; que je prenne également deux mille hommes de la garnison de Berg-op-Zoom , et que je renforce d'autant mon corps d'armée. Sa Majesté pense qu'il restera trois mille marins à Anvers, qui suffiront pour la défense de la place. Pour remplir les intentions de l'Empereur, je vous prie de mettre en marche demain matin, pour se rendre à Saint-Nicolas, et après-demain matin de bonne heure à Termonde, la division du général Noguet, ses sapeurs, ses quatorxe pièces, ses caissons à cartouches, les gibernes (les soldais complètes; de faire partir également pour Termonde tous les lanciers et chasseurs de la garde, moins vingt-cinq chevaux de chaque arme que vous garderez, et qui seront commandés par deux officiers. Faites également partir un demi-bataillon du 28e que vous avez, un du 58e et un du Ie léger, ainsi qu'une compagnie d'artillerie à pied «lu 8e régiment. 11 faut que toutes ces troupes soient rendues ici ou à Termonde le 28 dans la journée, ou du moins vers le soir, les opérations dont je suis chargé ne souffrant aucun retard. Je sais ce qu'un pareil ordre a de fâcheux pour vous, mais je prends beaucoup sur moi en vous laissant la majeure partie des troupes de ligne. »
Carnot donna sur-le-champ les onlres nécessaires pour le départ de la garde impériale et de la ligne, sous le commandement du général Roguet. Ces troupes, réunies à celles du général Aymard, déjà sur la rive gauche de l'Escaut, devaient attaquer l'ennemi en masse, forcer le passage jusqu'à Lokeren, et rejoindre ainsi le premier corps d'armée.
Toutefois, la dépêche qui annonçait ce mouvement portait en môme temps au général Maison les observations les plus sérieuses sur la position faite aux défenseurs d'Anvers.
« En obtempérant aux ordres de l'Empereur, lui disait Carnot, je suis obligé de vous déclarer, monsieur le général en chef, que ces ordres équivalent à celui de rendre la place... L'enceinte est immense, et il faudrait au moins quinze mille hommes de bonnes troupes pour la défendre. Il ne reste donc plus ici qu'à se déshonorer ou à mourir. Je vous prie de croire que nous sommes tous décidés à ce dernier parti.
« Je crois, monsieur le général en chef, que, si vous pouvez prendre sur vous de me laisser au moins lu troupe de ligne et l'artillerie, vous rendrez à Sa Majesté un très-grand service. Mais le tout sera prêt à juirtir demain, si je ne reçois de vous un contre-ordre, que j'attendrai avec la plus grande impatience et la plus grande anxiété. »
L'amiral Missiessy joignait à cette lettre un dénombrement du personnel de l'escadre, chargé désormais de la défense de la place, en même temps que de la garde des navires et du service à bord des petits bâtiments employés à assurer les communications avec les forts de l'Escaut : deux mille cinq cents hommes, tout compris, états-majors, infirmes, surnuméraires.