RÉPONSE DE CARN'OT A DUPONT
« J'ai l'honneur de vous adresser, général, tous les actes émanés, à ce sujet, du Sénat conservateur, du Corps législatif et du gouvernement provisoire de France. Je ne doute pas qu'après en avoir pris connaissance, vous ne répondiez à l'appel fait à tous les vrais Français, c'est-à-dire à ceux que touchent les noms d'honneur et de patrie ; que vous n'adhériez, en conséquence, à tous les actes émanés de l'autorité nationale, et que vous ne les fassiez reconnaître immédiatement par les troupes françaises sous vos ordres.
« Je vous invite, général, à me faire connaître, le plus promptement possible, votre acte personnel d'adhésion, ainsi que celui des troupes sous vos ordres, aux changements opérés dans la constitution de l'Étal, et à me mettre à portée, aussitôt que j'aurai présenté cet acte au gouvernement provisoire de France, de vous adresser des instructions appropriées à votre situation actuelle.
« Du moment que votre acte d'adhésion sera connu, toutes hostilités cesseront entre les troupes sous vos ordres et celles des puissances alliées.
« Le ministre de la guerre,
« Le général comte Dupont. »
La réponse de Carnot donne une sorte de procèsverbal des délibérations du Conseil de défense provoquées par cette dépêche :
« Monsieur le comte,
« Au reçu de votre lettre du 7 de ce mois et des pièces imprimées qui s'y trouvaient jointes, je me suis empressé de rassembler les membres qui composent le
Conseil de défense, lequel a tenu deux séances à ce sujet, l'une hier soir et l'autre ce matin.
« Dans la première, tous les membres s'étaient prononcés spontanément pour l'adhésion pure et simple aux actes dont vous me donnez connaissance.
« La formule d'adhésion avait été en conséquence préparée sur-le-champ, et une proclamation de moi, concordante à ce principe, avait été imprimée pendant la nuit ; mais, dans la seconde séance, nous avons reconnu que notre ardent désir de la paix nous avail fait agir avec trop de précipitation ; il est survenu de graves et nombreuses objections, d'après lesquelles j'ai dû penser que nous n'étions pas suffisamment éclairés ; et j'ai résolu d'envoyer à Paris un officier général et un officier supérieur pour prendre connaissance de la véritable situation des choses, et nous mettre, sur leur rapport, en état de faire une déclaration réfléchie.
« Votre Excellence approuvera sans doute, qu'entourés d'ennemis qui* cherchent sans cesse à nous tromper, nous demeurions dans une extrême défiance de tout ce qui nous vient <lu dehors. Les sommations ou invitations multipliées qui m'ont été failes de rendre la place, et particulièrement celle de M. de Buluw et celle du prince royal de Suède, dont je vous envoie copie avec mes réponses, prouvent une marche insidieuse, et annoncent que, dans l'intérieur, on est loin de l'unanimité ou même de cette grande majorité d'opinions qui doit déterminer l'obéissance de la force armée.
« De plus, en discutant les faits et les actes que Votre Excellence m'a (ait l'honneur de m'adresser, nous trouvons beaucoup de choses à désirer :
« i° Nous ne pouvons regarder comme parfaitement