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DÉLIVRANCE DE LA FAYETTE

les ambassadeurs Sémonvil le et Maret, enlevés sur territoire neutre, el le conventionnel Drouet, fait prisonnier au siège deMaubeuge, Drouet, que les Autrichiens avaient odieusement maltraité en souvenir de Varennes, et qui avait déployé une incroyable énergie pendant sa détention. Par un retour bizarre, l'homme qui avait arrêté Louis XVI el sa famille allait servir de rançon au reste de cette même famille. Carnot avait appuyé, au Comité de salut public, cet échange qui donnait une leçon à l'orgueil monarchique, « en mettant dans la même balance la toge populaire et le bandeau royal. » Lorsqu'il s'agit de le réaliser, il en fit confier le soin au ministre de l'intérieur, Bénezech, qui se montra plein d'égards pour la jeune princesse. Les Autrichiens usèrent d'autres procédés envers leurs prisonniers : après trois ans de souffrances, au lieu de leur annoncer la liberté, on les laissa croire qu'il s'agissait d'une nouvelle translation. Lorsque, arrivés au village suisse de Hiechen, lecture fut faite devant eux de l'acte qui les délivrait, leur contenance fut si pleine de dignité, que les officiers étrangers, émus, voulurent leur faire un cortège d'honneur jusqu'à Bàle. Le conventionnel Camus a rédigé avec une simplicité stoïque l'intéressant journal de sa captivité.

L'Autriche gardait encore dans ses cachots d'antres Français également dignes de la sollicitude nationale : c'étaient Lafayettc et ses compagnons d'infortune. Leurs fers furent brisés plus tard par le traité de Campo-Formio. Benjamin Constant, dans ses Mémoircssur les Cent- Jours, semble attribuer tout l'honneur de leur délivrance à Bonaparte. Selon lui, le général aurait prescrit cette clause à l'ennemi vaincu, sans l'autorisation du Directoire, qui n'osa pas le désavouer. Lafayelle lui-

même dit au contraire que le Directoire avait chargé ses deux pléni|>otenliaires, Clarkc et Bonaparte, de négocier la liberté des prisonniers d'Olmiïlz; mais que ce dernier ajouta de sa main une condition dont les directeurs n'avaient aucunement parlé, à savoir : qu'ils ne pourraient se rendre actuellement en France. Les prisonniers se seraient donc vu condamnés à l'exil par la volonté de ceux qui avaient mission de les délivrer1.

Quant à l'initiative du Directoire, nous avons sous les yeux deux lettres particulières de Carnol qui la confirment.

Dans la première, adressée à Clarke (16 floréal an V, mai 1797) :

« Obtenez provisoirement, si vous le pouvez, la liberté de Lafayette, Bureaux-Pusy cl Latour-Maubourg. L'honneur national est intéressé à ce qu'ils sortent des cachots, oYi ils ne sont retenus que parce qu'ils ont commencé la Révolution. »

La seconde témoigne du sentiment de fraternité qui animait Carnol pour les officiers du génie. Elle est adressée à Moreau (25 prairial, io juin) :

« Le Directoire exécutif, mon cher général, a chargé Bonaparte de réclamer auprès de l'empereur, avec lequel nous sommes en négociations de paix, la mise en libel lé des prisonniers d'Olmûtz, au nombre desquels se trouve Bureaux-Pusy.

« Sa femme, aussi intéressante par sa tendresse pour son mari que par ses malheurs, désire aller le recevoir au sortir de sa prison, et me prie de vous la recommander, afin qu'elle puisse obtenir par vous, du prince Charles, les passe-ports qui lui seraient nécessaires.

• Mémoire* de LafayelU, t. Y, ,». 14H.

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